Salut vous tous qui me lisez si nombreux (les beaux jours, vous êtes un poil au-dessus de 10, c'est dire).
On donne de plus en plus de présence à Internet dans notre vie. Blogs, fessebouc, réseaux sociaux, achats numériques... Et malgré ça, y'a des gens qui viennent se plaindre que leur vie est déballée sur le net. Je me suis décidé à moi aussi faire un petit guide. C'est parti. Note préliminaire importante : ce guide ne prétend ni être exhaustif ni vous protéger de partout ou avec une quelconque certitude. Je vous file des conseils pour que votre sécurité soit "mieux que rien", c'est tout.
D'abord, ton navigateur.
- oublie Internet Explorer. Désinstalle-moi cette drouille. Installe autre chose, un Firefox, un Opera, un Chrome/Iron, etc.
- ensuite, tu ouvre les préférences de ton logiciel, et tu mets fin à tout ce qui te paraît faille de sécurité : oui, je veux utiliser du crypté, non je veux pas conserver mes données navigateurs, non je veux pas de cookie tiers, non je veux pas que les cookie restent advitam sur mon ordi, etc.
- ensuite, c'est la foire aux plugins : d'abord, tu installes Adblock (et pas Adblock plus). T'es si fan de pub que tu veux t'en manger chaque fois que tu ouvres un fenêtre ? Moi non plus. Ite missa est. Après, tu me fais le plaisir d'installer HTTPS Everywhere pour que, chaque fois qu'il le peut, ton navigateur utilise la version sécurisée/cryptée des sites auxquels il accède. Zou. On continue : Privacy Badger, Ghostery, DoNotTrackMe... Ces plugins font que ton navigateur arrête de nourrir les sites que tu visites avec tes infos perso. Ils demandent un peu de tuning chaque fois que tu accèdes à un nouveau site web mais on s'y fait vite. Les derniers : NoScript (fini les petits programmes qui tournent en douce sur l'ordi), Mailvelope (pour crypter/signer tes emails).
Ensuite, ton utilisation des réseaux sociaux.
Le mieux, c'est de ne pas en utiliser. Ok, bon, je te connais... T'as pas résisté, hein ? Bon, pour fessebouq, il te faut l'extension Social Fixer, qui corrige pas mal de merdouilles sur ce site, y compris sur la présentation globale.
Mais, avant ça, tu vas un peu te sortir les doigts : d'abord, tu organises tes contacts en groupes/listes/cercles de sécurité croissante. Ex : ta famille, tes amis proches à la vie à la mort, tes amis, tes connaissances, le reste du monde. Et tu arrêtes de poster en mode "public", bordel. C'est pas parce qu'un contact s'appelle "ami" sur fessebulles que c'est un ami. Hint : c'est qu'un contact. Maintenant que tu postes que pour une audience limitée, tu vas aussi aller dans les réglages de sécurité de ton réseau social et virer tout ce qui est en mode "public" pour tout mettre en "personne sauf..." ou équivalent en désignant des groupes/listes précis à chaque fois. Tac.
Les mails ? T'as installé mailvelope, c'est bien. Si tu peux, essaie de monter un serveur mail sur ton ordi, c'est encore le mieux mais c'est chaud. Donc, si tu veux, reste sur un gros fournisseur gratuit (et prie). Google semble encore pas trop crade pour le moment sur le contenu des mails...
Passons aux mots de passe et logins. Déjà, tu vas aller sur tout les sites que tu utilises et activer le login en deux étapes. En gros, chaque fois que quelqu'un se connecte avec ton compte sur ton ordi, un mot de passe envoyé par SMS est demandé en plus. Il faut donc aussi avoir le téléphone correspondant pour se connecter (dommage si tu te fais voler ton téléphone en même temps que ton ordi, mais ça complique le crackage du compte sans se rendre coupable de voies de fait et recel et c'est déjà pas mal).
Ensuite, tu peux envisager de te faire un mot de passe "normal" pour les sites de sécurité faible : forums, sites à la con où tu files aucune données perso, pas même ta date de naissance. Inutile de se faire trop chier. Après ça, les sites clefs : mail, banque, etc. Là, tu me sors le grand jeu. Des mots de passe _différents_. Long, chiants, imbitables. Eeeeeh oui.
Si ça te casse les gonades, utilise un truc genre 1password. C'est pratique et ça marche bien (en plus, c'est directement intégré aux applications sur certains OS, tels iOS8). Ca va te générer des mots de passe ultra clean pour chaque site et tu n'auras plus qu'un (long, chiant, imbitable) mot de passe à mémoriser, celui de ce qui n'est autre qu'un trousseau de clefs.
Enfin, le compte mail de récupération des mots de passe : tous les services internet te demandent de fournir une adresse mail pour récupérer le mot de passe en cas de perte. Les sites de basse et moyenne importance, tu les fais pointer sur ton compte mail. Les sites de haute importance (dont le susdit compte mail), tu les fais pointer sur une autre adresse mail, dédiée à ça et uniquement ça, avec un mot de passe de la mort et le login en deux étapes. Et tu ne parles à personne de cette adresse, tu ne la notes nulle part. Tu la mémorises (un mail, un seul, ça va aller ?).
Dernier point, ton portable. Bon, là c'est la chouette pompe à info, comme n'importe qui avec un sniffer buvant son café dans un starbuck pourra te confirmer. On va limiter la casse : si tu peux, tu installes des trucs qui chiffrent tes données et tu mets les paramètres de sécurité de ton téléphone à fond. Oui, tu veux les alertes SMS mais tu ne veux pas que le texte du SMS ou même le nom de l'auteur s'affiche sur l'écran, c'est comme ça, c'est tout.
Pitié, tu me désinstalles Whatsapp et tu dis à tes amis d'utiliser, comme toi, Wickr.
Après, tes ordinateurs à la maison, t'es pas forcé de passer sur Tails (une distribution de linux dédiée à la sécurité) ou même d'utiliser Truecrypt, TOR &C°... On parlait juste d'arrêter de distribuer toutes ses infos sur le net comme une semeuse dans un champ...
Allez, je te laisse googler tous ces trucs. Y'en a quelques uns liés dans un encadré quelque part sur cette page, ça te fera un point de départ.
Fiches de lectures de divers livres, d'une utilité discutable mais néanmoins présente, à l'usage du lecteur de gauche.
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jeudi 30 octobre 2014
jeudi 11 juillet 2013
"Je n'ai rien à cacher" et autre billevesées
Via les divers personnages fort intéressants dont je suis les publications, je suis tombé sur ce PDF, en anglais, intitulé "'I got nothing to hide' and other privacy misunderstandings" qui est extrêmement intéressant. L'auteur est un professeur de droit spécialisé dans la notion de "privacy" que je traduirai ici par "vie privée" même si "intimité" serait un meilleur équivalent, je pense. C'est aussi très court et, même si je vais tenter d'en faire ici une brève exégèse, je pense sincèrement que les 28 pages devraient être lues (si tant est que vous lisiez l'anglois).
Dès lors que l'on essaie défendre le droit à la vie privée, on tombe rapidement sur les mêmes litanies argumentaires :
- je n'ai rien à cacher (et seul ceux qui ont quelque chose à cacher ont à craindre)
- comment osez-vous mettre en regard votre petite vie privée en regard de la sécurité de (l'Etat, de la population du pays, des enfants, voire du monde)
- etc.
Et dans les arguments en faveur de cette défense, c'est souvent le Big Brother de G. Orwell qui sert d'épouvantail. De cette manière, l'argumentation entre les deux parties est bien verrouillée, les vaches sont bien gardées et la vie privée recule petit à petit.
Le problème, c'est de définir ce qu'est la vie privée ainsi que de réussir à extraire en quoi les atteintes à la vie privée sont dangereuses.
D'abord, la vie privée est un élément difficile à définir. Pour autant que les commentateurs politiques essaient toujours de se ramener au dictionnaire ou à l'étymologie quand il essaient d'argumenter, ce n'est pas là qu'il faut chercher. Comme tout sujet complexe, nous avons besoin d'une définition conceptuelle, définissant en détail le concept de vie privée, telle que le font les philosophes quand ils se penchent sur l'Amour, la Sécurité, la République, etc. Un sujet complexe réclame une définition complexe et non un articulet de dictionnaire, une étymologie ou trois "bullet points" sur un "slide".
Un mensonge courant (faux dilemme en fait) des argumentateurs est de limiter le sujet en disant - et quand je l'écris ainsi, on sent bien que c'est bête - "ce qui n'est pas public c'est ce que quelqu'un souhaite cacher". Ce qui sous entend un coté dissimulateur malsain à ne pas vouloir, au hasard, déclarer à la face du monde son salaire ou ses impôts, ce qu'on a mangé, quand on a fait l'amour pour la dernière fois et comment, ses petites maladies, etc. On répond souvent à ce genre d'arguments "alors pourquoi avez-vous des rideaux ?", "quel est votre salaire ?" etc. La répartie, pour toute maline qu'elle soit, ne résous pas la situation pour la simple raison qu'elle n'est que ça, une répartie, et qu'elle n'attaque pas le sentiment de malaise à l'origine du "je n'ai rien à cacher".
C'est pour cela qu'il faut donc établir les problèmes engendré par les atteintes à la vie privée. L'auteur le fait dans un article antérieur, mais il le résume ici. En gros, les atteintes ne sont pas uniques, elles sont nombreuses et la taxonomie n'est pas exhaustives mais, par opposition, permet de définir la notion de vie privée un peu plus clairement et de manière plurale:
Non.
Le bon exemple est en fait "Le Procès", de Kafka. En résumé, ce n'est pas tant le fait que les données soient collectées, qui pose problème, mais l'usage qui en est fait derrière et l'absence totale de contrôle des gens dont les données sont collectées sur l'usage qui en est fait. Le personnage de Kafka est mis en accusation dans un tribunal, sans savoir pourquoi. Pire, on refuse de le lui dire. Il passe le roman à se battre contre une administration sourde et aveugle sur laquelle il n'a aucune prise.
Prenons un exemple plus concret (adapté du roman Little Brother, dont j'ai déjà parlé), le passe Navigo. C'est pratique : un abonnement, une carte, et fini les tickets, ça se recharge à la maison, et tout et tout. Bien. Maintenant, supposons que l'on analyse par algorithme la totalité des trajets effectués par les parisiens. On fait, par exemple, une analyse bayesienne, qui a pour but de nous sortir à quoi ressemble le "trajet moyen" d'un parisien. Un policier un peu inquiet pourrait alors se pencher sur les gens qui présentent des trajets, au contraire, opposés à ce trajet moyen. Pourquoi se comportent ils étrangement ? Ensuite, s'il s'avère qu'un trajet (non forcément extrême, hein, ceci est un second exemple) est représentatif d'un groupuscule criminel. Ben par paralogisme de composition on en vient vite à l'idée de ramasser tous les gens présentant ce type de trajet pour un petit interrogatoire...
Dans les exemples parfaitement réels, on connaît tous le STIC, ce fichier de la délinquance censé ne répertorier que les actes dûment établis et dont on sait pertinemment que la majorité des informations sont fausses... Qui en plus peut conduire des gens à perdre leur emploi (rupture de confidentialité/exposition), est utilisé par les détectives privés (fuite/chantage) et par des policiers véreux (chantage) ou des journalistes peu scrupuleux (exposition).
Plus simplement, on a tous, un jour, passé des heures et des heures avec une quelconque administration dans le but de faire corriger une misérable erreur. J'ai de ces histoires à raconter... Un ami a dû prouver qu'il était lui-même... Pas facile. Vous en avez sûrement d'aussi drôles.
Il y a aussi l'agrégation des données avec un usage secondaire. C'est un peu l'exemple du passe Navigo. Mais regardons plutôt les données mail. On sait désormais (merci M. Manach) que la France analyse en masse les métadonnées de nos communications. Pas le contenu (ils sont pas le droit) mais juste à qui vous avez envoyé, de qui vous avez reçu et à quelle date, sous quelle forme. Vous connaissez la théorie des 7 degrés de séparation. En gros, vous connaissez quelqu'un, qui connaît quelqu'un etc. qui connaît quelqu'un de célèbre. Avez-vous jamais pensé que ça marchait aussi pour vous accoler à n'importe quel criminel ?
Vous rappelez-vous la scène, dans Se7en, où les policiers analysent les fichiers de bibliothèques pour retrouver le type qui a emprunté les livres d'une liste précise ? Un "index" de livres est assez facile à produire et les gens qui lisent K. Marx sont tous des communistes actifs dangereux à surveiller... Ou le fait que les gens qui utilisent le cryptage, Tor ou TrueCrypt sont des criminels. Il est amusant, d'ailleurs, de voir comment la société traite les gens qui ont eu le courage de dénoncer des comportements secrets, cachés de ces mêmes gouvernements qui appliquent la surveillance de masse. Alors qu'on devrait tous les remercier et leur remettre une médaille pour nous pousser à l'amélioration.
Un dernier point, c'est le changement. On oublie toujours le changement. Aujourd'hui, j'ai écrit sans honte aucune sur ce blog que je suis naturiste. Militant. Doublé d'un sale écologiste, plus ou moins gaucho tendance anarchie molle. Demain, on peut très bien avoir un gouvernement bien brun qui décide de se débarrasser de ceux-ci (c'est déjà arrivé). Ou des gays. Ou des roux. Ou des gauchistes. Ou des amateurs de pizza. Ou des gens qui disent "nonméalokoi" (mais pour ces derniers c'est parce que j'aurai pris le pouvoir). Et ce jour là, on aura mis à disposition tout un tas de beaux outils... Comme la France a vendu à un certain dictateur Lybien...
L'auteur conclut qu'il sera difficile de prévenir la collecte de l'information mais, qu'en fait, le vrai problème résidant dans leur usage, il manque des instances de limitation de ces usages. Tout comme les écoutes téléphoniques doivent avoir été autorisées par des magistrats (sans trop de succès au vu des affaires régulières des fadettes qui surgissent dans Le Canard Enchaîné). La CNIL n'a presque aucun pouvoir. Il existe des instances populaires qui se placent en contre pouvoir, mais ça reste trop peu : les journaux, d'abord. Après, des gens comme EFF ou la Quadrature du Net ou encore Wikileaks, Pirate Bay, etc.
Lisez ces 28 pages.
Dès lors que l'on essaie défendre le droit à la vie privée, on tombe rapidement sur les mêmes litanies argumentaires :
- je n'ai rien à cacher (et seul ceux qui ont quelque chose à cacher ont à craindre)
- comment osez-vous mettre en regard votre petite vie privée en regard de la sécurité de (l'Etat, de la population du pays, des enfants, voire du monde)
- etc.
Et dans les arguments en faveur de cette défense, c'est souvent le Big Brother de G. Orwell qui sert d'épouvantail. De cette manière, l'argumentation entre les deux parties est bien verrouillée, les vaches sont bien gardées et la vie privée recule petit à petit.
Le problème, c'est de définir ce qu'est la vie privée ainsi que de réussir à extraire en quoi les atteintes à la vie privée sont dangereuses.
D'abord, la vie privée est un élément difficile à définir. Pour autant que les commentateurs politiques essaient toujours de se ramener au dictionnaire ou à l'étymologie quand il essaient d'argumenter, ce n'est pas là qu'il faut chercher. Comme tout sujet complexe, nous avons besoin d'une définition conceptuelle, définissant en détail le concept de vie privée, telle que le font les philosophes quand ils se penchent sur l'Amour, la Sécurité, la République, etc. Un sujet complexe réclame une définition complexe et non un articulet de dictionnaire, une étymologie ou trois "bullet points" sur un "slide".
Un mensonge courant (faux dilemme en fait) des argumentateurs est de limiter le sujet en disant - et quand je l'écris ainsi, on sent bien que c'est bête - "ce qui n'est pas public c'est ce que quelqu'un souhaite cacher". Ce qui sous entend un coté dissimulateur malsain à ne pas vouloir, au hasard, déclarer à la face du monde son salaire ou ses impôts, ce qu'on a mangé, quand on a fait l'amour pour la dernière fois et comment, ses petites maladies, etc. On répond souvent à ce genre d'arguments "alors pourquoi avez-vous des rideaux ?", "quel est votre salaire ?" etc. La répartie, pour toute maline qu'elle soit, ne résous pas la situation pour la simple raison qu'elle n'est que ça, une répartie, et qu'elle n'attaque pas le sentiment de malaise à l'origine du "je n'ai rien à cacher".
C'est pour cela qu'il faut donc établir les problèmes engendré par les atteintes à la vie privée. L'auteur le fait dans un article antérieur, mais il le résume ici. En gros, les atteintes ne sont pas uniques, elles sont nombreuses et la taxonomie n'est pas exhaustives mais, par opposition, permet de définir la notion de vie privée un peu plus clairement et de manière plurale:
Collecte de l'information
- Surveillance
- Interrogation
Analyse de l'information
- Agrégation
- Identification
- Insécurité
- Usage secondaire
- Exclusion
- J'ajoute : "erreurs"
Dissémination de l'information
- Rupture de confidentialité
- Fuite
- Exposition
- Accessibilité facilitée
- Chantage
- Appropriation
- Distorsion
Invasion
- Intrusion
- Interférence décisionnelle
Non.
Le bon exemple est en fait "Le Procès", de Kafka. En résumé, ce n'est pas tant le fait que les données soient collectées, qui pose problème, mais l'usage qui en est fait derrière et l'absence totale de contrôle des gens dont les données sont collectées sur l'usage qui en est fait. Le personnage de Kafka est mis en accusation dans un tribunal, sans savoir pourquoi. Pire, on refuse de le lui dire. Il passe le roman à se battre contre une administration sourde et aveugle sur laquelle il n'a aucune prise.
Prenons un exemple plus concret (adapté du roman Little Brother, dont j'ai déjà parlé), le passe Navigo. C'est pratique : un abonnement, une carte, et fini les tickets, ça se recharge à la maison, et tout et tout. Bien. Maintenant, supposons que l'on analyse par algorithme la totalité des trajets effectués par les parisiens. On fait, par exemple, une analyse bayesienne, qui a pour but de nous sortir à quoi ressemble le "trajet moyen" d'un parisien. Un policier un peu inquiet pourrait alors se pencher sur les gens qui présentent des trajets, au contraire, opposés à ce trajet moyen. Pourquoi se comportent ils étrangement ? Ensuite, s'il s'avère qu'un trajet (non forcément extrême, hein, ceci est un second exemple) est représentatif d'un groupuscule criminel. Ben par paralogisme de composition on en vient vite à l'idée de ramasser tous les gens présentant ce type de trajet pour un petit interrogatoire...
Dans les exemples parfaitement réels, on connaît tous le STIC, ce fichier de la délinquance censé ne répertorier que les actes dûment établis et dont on sait pertinemment que la majorité des informations sont fausses... Qui en plus peut conduire des gens à perdre leur emploi (rupture de confidentialité/exposition), est utilisé par les détectives privés (fuite/chantage) et par des policiers véreux (chantage) ou des journalistes peu scrupuleux (exposition).
Plus simplement, on a tous, un jour, passé des heures et des heures avec une quelconque administration dans le but de faire corriger une misérable erreur. J'ai de ces histoires à raconter... Un ami a dû prouver qu'il était lui-même... Pas facile. Vous en avez sûrement d'aussi drôles.
Il y a aussi l'agrégation des données avec un usage secondaire. C'est un peu l'exemple du passe Navigo. Mais regardons plutôt les données mail. On sait désormais (merci M. Manach) que la France analyse en masse les métadonnées de nos communications. Pas le contenu (ils sont pas le droit) mais juste à qui vous avez envoyé, de qui vous avez reçu et à quelle date, sous quelle forme. Vous connaissez la théorie des 7 degrés de séparation. En gros, vous connaissez quelqu'un, qui connaît quelqu'un etc. qui connaît quelqu'un de célèbre. Avez-vous jamais pensé que ça marchait aussi pour vous accoler à n'importe quel criminel ?
Vous rappelez-vous la scène, dans Se7en, où les policiers analysent les fichiers de bibliothèques pour retrouver le type qui a emprunté les livres d'une liste précise ? Un "index" de livres est assez facile à produire et les gens qui lisent K. Marx sont tous des communistes actifs dangereux à surveiller... Ou le fait que les gens qui utilisent le cryptage, Tor ou TrueCrypt sont des criminels. Il est amusant, d'ailleurs, de voir comment la société traite les gens qui ont eu le courage de dénoncer des comportements secrets, cachés de ces mêmes gouvernements qui appliquent la surveillance de masse. Alors qu'on devrait tous les remercier et leur remettre une médaille pour nous pousser à l'amélioration.
Un dernier point, c'est le changement. On oublie toujours le changement. Aujourd'hui, j'ai écrit sans honte aucune sur ce blog que je suis naturiste. Militant. Doublé d'un sale écologiste, plus ou moins gaucho tendance anarchie molle. Demain, on peut très bien avoir un gouvernement bien brun qui décide de se débarrasser de ceux-ci (c'est déjà arrivé). Ou des gays. Ou des roux. Ou des gauchistes. Ou des amateurs de pizza. Ou des gens qui disent "nonméalokoi" (mais pour ces derniers c'est parce que j'aurai pris le pouvoir). Et ce jour là, on aura mis à disposition tout un tas de beaux outils... Comme la France a vendu à un certain dictateur Lybien...
L'auteur conclut qu'il sera difficile de prévenir la collecte de l'information mais, qu'en fait, le vrai problème résidant dans leur usage, il manque des instances de limitation de ces usages. Tout comme les écoutes téléphoniques doivent avoir été autorisées par des magistrats (sans trop de succès au vu des affaires régulières des fadettes qui surgissent dans Le Canard Enchaîné). La CNIL n'a presque aucun pouvoir. Il existe des instances populaires qui se placent en contre pouvoir, mais ça reste trop peu : les journaux, d'abord. Après, des gens comme EFF ou la Quadrature du Net ou encore Wikileaks, Pirate Bay, etc.
Lisez ces 28 pages.
lundi 19 juillet 2010
Sous la surveillance bienveillante de grand frère
Décidément, en ce moment, l'avenir de la vie privée semble bien compromis. Pour vous parler des dangers à venir sur ce sujet, la Ligue des Droits de l'Homme, avec quelques sous de la Communauté Européenne, vient de publier une BD en plusieurs langue.
Dans cette BD, un jeune photographe qui n'a rien à se reprocher et utilise beaucoup Internet se fait entôler parce que son empreinte web n'est pas la bonne. Flippant ? Tout à fait. Paranoïaque ? Certainement pas. Un simple coup d'oeil sur l'aventure ACTA devrait vous faire réaliser que non, le contenu de cette BD n'est pas une vue de l'esprit qui fait peur. C'est juste ce qui devrait être mis en place dans les 5 prochaines années si on laisse faire.
Honnêtement, la BD est pas superbe (mais j'ai lu pire) et l'histoire pas défenestrante (mais j'ai lu pire). Elle n'a surtout de valeur que démonstrative mais justement, pour ce seul point, cela vaut le coup de la faire tourner dans votre entourage. A vrai dire, c'est actuellement le seul ouvrage en français facile à lire qui présente le sujet ! Faites-la lire à vos parents, vos amis, tout le monde. Qu'ils pigent le danger. C'est gratos, en plus, alors pas d'excuses.
Sous Surveillance, de Cécile Soulignac (scénario) et Eric Puech (dessin)
Lisible en français ici (en flash) ou là (en pdf).
Dans cette BD, un jeune photographe qui n'a rien à se reprocher et utilise beaucoup Internet se fait entôler parce que son empreinte web n'est pas la bonne. Flippant ? Tout à fait. Paranoïaque ? Certainement pas. Un simple coup d'oeil sur l'aventure ACTA devrait vous faire réaliser que non, le contenu de cette BD n'est pas une vue de l'esprit qui fait peur. C'est juste ce qui devrait être mis en place dans les 5 prochaines années si on laisse faire.
Honnêtement, la BD est pas superbe (mais j'ai lu pire) et l'histoire pas défenestrante (mais j'ai lu pire). Elle n'a surtout de valeur que démonstrative mais justement, pour ce seul point, cela vaut le coup de la faire tourner dans votre entourage. A vrai dire, c'est actuellement le seul ouvrage en français facile à lire qui présente le sujet ! Faites-la lire à vos parents, vos amis, tout le monde. Qu'ils pigent le danger. C'est gratos, en plus, alors pas d'excuses.
Sous Surveillance, de Cécile Soulignac (scénario) et Eric Puech (dessin)
Lisible en français ici (en flash) ou là (en pdf).
jeudi 6 mai 2010
Solution locales pour désordre global cinématographique
Profitant d'une belle soirée bien froide de mai, je me suis réfugié dans la salle obscure et chaude des Sept Parnassiens pour y mater le documentaire de Coline Serreau.

Au cours de plusieurs voyages dans le monde agricole (France, Inde, Brésil, Afrique, Ukraine), Coline Serreau va interviewer de nombreux acteurs de l'agriculture bio/alternative, dont des membres du MST et le président de Kokopelli. On y découvre que les promoteurs de cette agriculture ne se contentent pas de geindre contre le vil suppôt capitaliste (comme les médias qui mentent le répètent inlassablement) mais, bien au contraire, proposent une véritable alternative qui fonctionne et donne de vrais résultats (en terme de production mais aussi d'emploi et d'environnement). Le sujet est passionnant et les intervenants excellents ; je pense particulièrement au couple d'ingénieurs en agronomie/microbiologie du sol.
Ce tour du monde présente donc des méthodes qui marchent provenant de gens qui obtiennent des résultats, seuls face à l'énorme machine industrielle qui passe leur temps à leur mettre des bâtons dans les roues. Saviez-vous qu'en France il est interdit même de _donner_ des semences qui ne soient pas dans un catalogue précis de semences autorisées dont le contenu est extrêmement inquiétant ? Je ne le savais pas non plus.
Bon, maintenant que j'ai dit tout le bien que je pensais du fond de ce film, passons à la forme. Là, par contre, c'est une catastrophe, malheureusement, qui nuit gravement au message, à sa diffusion et son acceptation. La caméra est très mal tenue. Je veux pas faire un catalogue exhaustif cruel et me contenterai des plus dérangeantes : image floue, effets de zoom malheureux, cadrage approximatif, montage hoquetant, caméra à l'épaule malheureuse, antagonisation du spectateur au début du film... La forme nuit vraiment au fond et c'est vraiment, vraiment, vraiment dommage.
Ça me fait de la peine de devoir en dire du mal... Car c'est un film à voir, pourtant, mais pour son contenu, en espérant qu'en sorte un livre...

Au cours de plusieurs voyages dans le monde agricole (France, Inde, Brésil, Afrique, Ukraine), Coline Serreau va interviewer de nombreux acteurs de l'agriculture bio/alternative, dont des membres du MST et le président de Kokopelli. On y découvre que les promoteurs de cette agriculture ne se contentent pas de geindre contre le vil suppôt capitaliste (comme les médias qui mentent le répètent inlassablement) mais, bien au contraire, proposent une véritable alternative qui fonctionne et donne de vrais résultats (en terme de production mais aussi d'emploi et d'environnement). Le sujet est passionnant et les intervenants excellents ; je pense particulièrement au couple d'ingénieurs en agronomie/microbiologie du sol.
Ce tour du monde présente donc des méthodes qui marchent provenant de gens qui obtiennent des résultats, seuls face à l'énorme machine industrielle qui passe leur temps à leur mettre des bâtons dans les roues. Saviez-vous qu'en France il est interdit même de _donner_ des semences qui ne soient pas dans un catalogue précis de semences autorisées dont le contenu est extrêmement inquiétant ? Je ne le savais pas non plus.
Bon, maintenant que j'ai dit tout le bien que je pensais du fond de ce film, passons à la forme. Là, par contre, c'est une catastrophe, malheureusement, qui nuit gravement au message, à sa diffusion et son acceptation. La caméra est très mal tenue. Je veux pas faire un catalogue exhaustif cruel et me contenterai des plus dérangeantes : image floue, effets de zoom malheureux, cadrage approximatif, montage hoquetant, caméra à l'épaule malheureuse, antagonisation du spectateur au début du film... La forme nuit vraiment au fond et c'est vraiment, vraiment, vraiment dommage.
Ça me fait de la peine de devoir en dire du mal... Car c'est un film à voir, pourtant, mais pour son contenu, en espérant qu'en sorte un livre...
mardi 28 juillet 2009
Petit Frère Te Surveille !

En ces temps d'Hadopi 2, quoi de mieux pour se détendre sur les plages qu'un petit bouquin de SF assez bien vu où le gouvernement US met en place des mesures délirantes d'Orwellisme pour "protéger" ses citoyens ?
L'action de Little Brother se déroule à San Francisco environ 20 minutes dans notre futur (référence à Max Headroom, que vous ne pouvez avoir connu si vous avez moins de 20 ans et c'est dommage). Le héros et ses potes sont des gamins que je pourrais qualifier de "wired", c'est à dire de la web-generation. Ils sont bons en cours, ne sont pas spécialement des nerds voués aux gémonies, mais ils aiment la technologie de l'information et manipulent le net de manière assez poussée, préférant jouer à un jeu online que de suivre des cours un peu chiants.
Et un jour tout bascule : un attentat a lieu, le Department of Homeland Security prend la main pour protéger les braves citoyens des vilains terroristes dangereux en mettant en place des dispositifs de flicage extensifs qui ... existent probablement déjà pour la plupart (les quelques personnes qui suivent ce blog se rappelleront de mon billet sur les prix Orwell). Révolté par cette atteinte à la vie privée pour des résultats inutiles voire dangereux, ainsi que pour d'autres bonnes raisons, le héros va se servir du net et de tous les outils légalement disponibles pour lutter contre le bigbrotherisme gouvernemental. Comme répété de temps à autres dans ce blog : quis custodiat ipsos custodes ?
Même s'il est conçu pour des adolescents, ce petit roman se lit très rapidement, et est fort agréable, amusant et instructif. La plupart des technologies présentées existent ou sont à deux doigts d'être institutionnalisées. De plus, l'auteur explique de manière très claire comment elles fonctionnent ou comment les théories de la sécurité que nos politiques nous vendent sont du flutiau pour attardés, mais qui leur permettent de mettre en place, avec notre autorisation soumise, des technologies dont même Staline n'aurait pas rêvé.
Enlevé, entraînant et instructif... Manque-t-il quelque chose ? Pourquoi pas gratuit tant qu'on y est ? Eh bien oui. Il est gratuit. En effet, au même titre que l'excellent Accelerando, Cory Doctorow a mis son ouvrage en ligne, en licence Creative Commons Share Alike, qui autorise donc les gens à le télécharger, voire à la modifier, le réécrire, le changer et le distribuer (tant que cela reste gratuit et quelques autres limites). Dans ta face, Hadopi.
Little Brother
par Cory Doctorow
en anglais chez TOR
ISBN : 978-0765319852
Autres avis :
Paysage imaginaire: Little brother de Cory Doctorow
Little Brother de Cory Doctorow
Quoi de neuf sur ma pile ?: Don't trust anyone over 25...
Reflets de mes lectures: Little Brother
Little Brother de Cory Doctorow
Hugin&Munin : Little Brother
mercredi 13 mai 2009
Linux Manua: Plan de Résistance anti-Hadopi ABCDEFUCK
Y'a des p'tits gars, l'idée de se faire fliquer en permanence et juger coupable à la naissance, ça leur met la haine. Alors ils devisent des moyens d'éviter ça.
En attendant une fiche de livre, vous pouvez toujours jeter un oeil sur leur Plan de Résistance anti-Hadopi ABCDEFUCK...
En attendant une fiche de livre, vous pouvez toujours jeter un oeil sur leur Plan de Résistance anti-Hadopi ABCDEFUCK...
jeudi 7 mai 2009
Hugin & Munin: Blogosphere Fantasy - renforçons nos liens !
"Bloguiliaque" était une tentative désespérée d'obtenir un son agréable en partant de l'ignoble mot "blog" (dont la sonorité est vraiment repoussante).
Une de mes connaissances a eu l'agréable idée de proposer d'utiliser tant que faire se peut les liaisons diverses que l'on peut obtenir en usant correctement des liens URI (ou URL) que l'on peut coller un peu partout sur sa page. Bien que je ne traitât pas de fantasy, je me permets de faire un lien vers son idée qui est bien vue et à laquelle je ne puis qu'adhérer étant donné mon attachement à la diffusion de la culture, sous toutes ses formes.
Je parle de ça, là.
Et, en plus, je ne néglige pas de faire un jour des billets sur quelques ouvrages de science fiction ouvrant bien des horizons politiques et sociaux, ce qui signifie que la fantasy n'est pas aussi éloignée de mes préoccupations qu'on pourrait le croire. Le temps de finir le Gibson, là, et hop.
Messieurs les corbeaux, je vous salue bas.
Une de mes connaissances a eu l'agréable idée de proposer d'utiliser tant que faire se peut les liaisons diverses que l'on peut obtenir en usant correctement des liens URI (ou URL) que l'on peut coller un peu partout sur sa page. Bien que je ne traitât pas de fantasy, je me permets de faire un lien vers son idée qui est bien vue et à laquelle je ne puis qu'adhérer étant donné mon attachement à la diffusion de la culture, sous toutes ses formes.
Je parle de ça, là.
Et, en plus, je ne néglige pas de faire un jour des billets sur quelques ouvrages de science fiction ouvrant bien des horizons politiques et sociaux, ce qui signifie que la fantasy n'est pas aussi éloignée de mes préoccupations qu'on pourrait le croire. Le temps de finir le Gibson, là, et hop.
Messieurs les corbeaux, je vous salue bas.
mercredi 29 avril 2009
O Grande Malédiction d'Ouverture du Génie Modificateur...
Oui, c'est assez grandiloquent, mais une lecture récente, qui m'a prise un temps certain étant donné la densité du contenu, a fortement modifié mes perceptions environnementales sur un sujet que j'avais délaissé dans mon champ de détection des saloperies diverses qui nous menacent, à savoir les Organismes Génétiquement Modifiés. Il n'y a pas si longtemps, par méconnaissance du sujet, je pensais benoîtement que cette innovation technologique avait été testé dans tous les sens au sujet de son innocuité et que les instances qui nous protègent avaient fait leur boulot.
J'ai donc lu "Le Monde Selon Monsanto" en m'attendant à n'apprendre des choses que sur les vieilles saletés (Pyralène, Dioxine, etc.), sur un ton pamphlétaire.
Quelle erreur ! Et quelle claque !

Le livre est d'abord très froid. S'il y a bien parfois une phrase due à l'émotion de l'auteur, marquée par les faits qu'elle relate, il s'agit bien d'un compte rendu froid et factuel de tout ce qu'elle a pu découvrir en plusieurs années d'enquête. Et il faut bien dire que ce livre ne m'a pas laissé indifférent. J'étais tour à tour choqué, effondré, énervé, attristé, enragé par ce qui m'était froidement décrit. Le portrait dressé est effrayant. Le livre fermé, j'étais convaincu, et je me considère désormais comme anti-OGM. Il ne peut en être autrement : les faits sont là, clairs et définitifs ; on nous vend comme nourriture un poison enrobé de mensonges éhontés.
Le Monde Selon Monsanto
De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien
par Marie-Monique Robin
aux éditions La Découverte/Arte
grand format - ISBN n°9-782-84734-466-0
en poche - ISBN n°9-782-70715-703-4
Pour ce que contient le livre, il s'agit globalement de l'histoire de l'entreprise vu par la lentille de tous les scandales qui l'ont entourée, année après année, avec des témoignages, des documents, des chiffres et des résultats. Il n'y a pas d'échappatoire, tout est décortiqué, établi, avec des sources tracées.
Le documentaire vidéo résume le livre mais le portrait est forcément moins détaillé et moins effrayant. Le livre est une somme dense et fournie, définitive. A tel point que j'en ai assez mal dormi par moments. Toutefois, si le livre vous décourage par sa taille et sa densité, jetez-vous sur le film, qui vous fournira une bonne base, un bon échantillon de la réalité sous-jacente.
Utilité au lecteur (de quelque bord que ce soit) :
J'ai donc lu "Le Monde Selon Monsanto" en m'attendant à n'apprendre des choses que sur les vieilles saletés (Pyralène, Dioxine, etc.), sur un ton pamphlétaire.
Quelle erreur ! Et quelle claque !

Le livre est d'abord très froid. S'il y a bien parfois une phrase due à l'émotion de l'auteur, marquée par les faits qu'elle relate, il s'agit bien d'un compte rendu froid et factuel de tout ce qu'elle a pu découvrir en plusieurs années d'enquête. Et il faut bien dire que ce livre ne m'a pas laissé indifférent. J'étais tour à tour choqué, effondré, énervé, attristé, enragé par ce qui m'était froidement décrit. Le portrait dressé est effrayant. Le livre fermé, j'étais convaincu, et je me considère désormais comme anti-OGM. Il ne peut en être autrement : les faits sont là, clairs et définitifs ; on nous vend comme nourriture un poison enrobé de mensonges éhontés.
Le Monde Selon Monsanto
De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien
par Marie-Monique Robin
aux éditions La Découverte/Arte
grand format - ISBN n°9-782-84734-466-0
en poche - ISBN n°9-782-70715-703-4
Pour ce que contient le livre, il s'agit globalement de l'histoire de l'entreprise vu par la lentille de tous les scandales qui l'ont entourée, année après année, avec des témoignages, des documents, des chiffres et des résultats. Il n'y a pas d'échappatoire, tout est décortiqué, établi, avec des sources tracées.
Le documentaire vidéo résume le livre mais le portrait est forcément moins détaillé et moins effrayant. Le livre est une somme dense et fournie, définitive. A tel point que j'en ai assez mal dormi par moments. Toutefois, si le livre vous décourage par sa taille et sa densité, jetez-vous sur le film, qui vous fournira une bonne base, un bon échantillon de la réalité sous-jacente.
Utilité au lecteur (de quelque bord que ce soit) :
- Une vision des mensonges et dangers entourant les OGM ou ayant entouré toutes les horreurs qui les ont précédées (Pyralène, Dioxine, Désherbants, Agent Orange etc)
- La démonstration effective d'un fonctionnement corpocrate : méthode, établissement, risques
- Les dangers effrayants des OGM, qui ne se résument pas à la santé, mais aussi aux risques environnementaux et économiques qui les entourent (oui, il est parfaitement logique d'être de droite et anti-OGM)
- Une lecture essentielle (j'en suis encore choqué aujourd'hui)
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