Affichage des articles dont le libellé est élégance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est élégance. Afficher tous les articles

mardi 12 août 2014

Easy, Hélène... (2/3)

Voici donc le second billet de cette série sur l'EZLN. La dernière fois, le livre évoqué couvrait l'année 1994. Cette fois-ci, il s'agit des communiqués zapatistes de l'année 1995, sous-titré "Vers l'internationale zapatiste". On suit, à nouveau, du point de vue zapatiste, le déroulement de cette longue année, comprenant deux événements forts dans un contexte mexicains extrêmement particulier.



L'année 1995 commence sur une mauvaise note, conformément à ce qui s'annonçait à la fin de l’ouvrage précédent. Le gouvernement lance une campagne militaire visant à mettre fin à la rébellion zapatiste. Des gens seront arrêtés sur simple soupçon, et ce dans tout le pays. Les villages seront mis à sac : maisons ravagées, possessions & récoltes détruites, animaux de ferme tués, etc. Les villageois sympathisants et l'armée zapatiste, par contre, ont refusé le combat et se sont repliés dans les montagnes. Leurs déclarations stipulent qu'ils croient encore à l'issue politique pour le conflit et prouver les mensonges du mauvais gouvernement qui déclare vouloir négocier tout en attaquant...inutilement. La campagne militaire est un échec et, d'ailleurs, pour prouver qu'ils n'avaient pas fui, les zapatistes parviennent à rompre le siège et reconquérir nombre de communes, qui sont alors renommées pour l'occasion, les zapatistes ayant proposé aux habitants de s'organiser comme ils le souhaitaient, ce qui a contribué à redessiner le cadastre local (communiqués "création de nouvelles communes").

Pendant ce temps, au Mexique, en 1995 : la situation économique est désastreuse. Le président précédent a fui le pays parce que, peu à peu, on découvre que lui et sa famille se sont enrichis de toutes les façons imaginables tout en mentant sur l'état économique du pays. Les mesures dues à la récession et l'inflation se multiplient et se suivent. La monnaie est dévalue, tout sombre dans la misère. Les élections locales et nationales sont toutes entachées de fraudes énormes. De nombreux mouvements de la société civiles se mettent en place - dès avant 1994, hein, tel que le mouvement citoyen pour enquêter sur le massacre d'étudiants du 2/10/1968 qui se crée en 1993 - pour réclamer de la transparence et de la démocratie, ainsi que la fin du clientélisme et de la corruption, égaux en objectif avec l'EZLN et la CND. Durant le conflit gouvernement-zapatistes de ce début d'année, l'armée rasera ce qui avait été construit pour le rassemblement organisé par l'EZLN et la CND : détruire le symbole. D'ailleurs, la population mexicaine est bien au courant que son système politique déconne : il a été impossible de cacher que l'état était complètement incompétent lors du tremblement de terre de Mexico, où c'est la société civile qui s'est organisée seule et a repris les choses en main pour s'en sortir.

Au bout d'un moment, le conflit se calme, la trêve reprend. L'EZLN et le gouvernement cherchent des conditions de dialogue. Cela sera très long à mettre en place. Au-delà de demandes de reddition et/ou de désarmement, il est important pour le gouvernement de réduire les problèmes soulevés par les zapatistes à l'échelle locale et non nationale (ce qui est logique d'un point de vue tactique politique) or ceux-ci insistent pour dire que les besoins de démocratie et de justice sont loin d'être locaux. Au final, après de très longues tergiversations, le dialogue s'engage, ce sont les négociations de San Andres. Les premières séries de réunions ne donnent rien, de très gros blocages restent présents. C'est à partir de la 6ème ronde que les choses commencent peu à peu à se mettre en place. Qu'est-ce qui a changé ? Deux choses.
D'une part, l'EZLN a fait organiser une grande consultation nationale et internationale pour voir si l'opinion publique était d'accord avec son combat. Cette consultation recevra 1.2 millions de réponse, avec une écrasante majorité positive (la question sur la validité du combat pour l'égalité des femmes recevra un timide oui avec une très faible majorité, indiquant que y'a encore, à ce moment, un énorme chemin à faire, mais bon).
D'autre part, le monolithe de l'état-parti commence à se craqueler : entre la validation publique du combat de l'EZLN et nombre d'autres mouvements sociaux du même type, l'économie qui se pète la gueule et les scandales électoraux, d'assassinats et d'abus de bien sociaux qui se multiplient, le monolithe commence à avoir deux camps en interne : la vieille garde qui ne veut absolument rien changer et un camp nouveau qui voudrait que, quand même, on nettoie (un peu) la situation.

Le livre se termine au 1er janvier 1996 par un des communiqués zapatistes essentiels : la première déclaration de "La Realidad" contre le néolibéralisme et pour l'humanité, qui est à mettre aux coté des 6 Déclarations de la Jungle Lacandone pour former le corpus du manifeste zapatiste. Je reviendrai sur ces 7 documents dans le prochain billet.

Les accords de San Andres ont vu un premier progrès véritable le 16 février 1996, quand l'EZLN et le gouvernement ont signé la première phase des accords, comprenant les points suivants : respect et reconnaissance des cultures indigènes, préservation des ressources naturelles, participation accrue des indigènes aux organes de décision.gouvernement, plus d'autonomie etc. Au final, le gouvernement n'a pas respecté ses accords et a continué à accomplir des actions néfastes pour les accords (infiltration de paramilitaires, financement des "gardes blanches" sortes de milices locales, etc.)
Le 29 août 1996, par contre, l'EZLN a refusé de continuer les discussions tant que le gouvernement respecterait pas un certain nombre de points : le respect des accords signés, la libération des gens accusés de "zapatisme", etc. Au final, et après une ultime tentative par une organisation de transformer les accords en loi, l'initiative a été rejetée par le gouvernement, mettant fin au processus de paix.
En 2001, un président qui n'était pas du PRI est élu, mettant fin à la domination du système parti-état. Il s'agit de Vicente Fox, du PAN (droite). Malgré ce qui pourrait être cru, rien n'a changé pour les revendications de l'EZLN, et les agressions ont continué.
En 2003, l'EZLN a mis en place les caracoles (escargots), qui sont 8 communes mexicaines autonomes fonctionnant selon les principes politiques de l'EZLN : démocratie participative ("commander en obéissant"), etc. Elles sont encore là aujourd'hui mais sinon, les progrès au sein de la société mexicaine dans son ensemble sont encore lents. Récemment, après deux mandat du PAN, c'est le PRI qui est revenu aux commandes...

Il n'y a pas d'autre volumes (en anglais, apparemment, il existe une compil couvrant la période 1994-2004). L'EZLN a continué ses communiqués jusqu'à aujourd'hui, bien que Marcos aie laissé sa place comme porte-parole le 25 mai 2014, déclarant dans une lettre que celle-ci était sa dernière apparition publique, que la personnalité de Marcos avait été un hologramme et que l'EZLN n'avait plus besoin de son image. La lettre était signée du nom "Sous Commandant Insurgé Galeano", qui est décédé quelques jours plus tôt...

lundi 30 juin 2014

Easy, Hélène... (1/3)

Salut tout le monde. Ça faisait un bail, hein ? Ouais, je sais. Moi aussi. Une telle absence a beaucoup de raisons. La première c'est que j'ai principalement lu des livres non-fichables. Mon horizon commence à se dégager. Et, pour célébrer ce rapide retour, voici un retour sur plusieurs livres, traitant du même sujet, et que j'ai lus en parallèle parce que le sujet m'intéresse énormément.

Beaucoup ont entendu parler du Sous Commandant Insurgé Marcos. Il était le porte-parole de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN pour Ejercito Zapatista de Liberacion Nacional). Et, à ce titre, il rédigeait nombre de leurs communiqués et ce avec un talent rare. Ils ont été regroupés, en 1996, en deux volumes sous le titre ¡Ya Basta! édité chez Dagorno, pour un total de plus de 1100 pages ne représentant que les quelques premières années des communiqués officiels, classés dans l'ordre de publication (à une exception près, qui est un communiqué conçu pour servir de préface à ce type de recueil). Ces communiqués ont la grande qualité d'être abondamment annotés par des spécialistes de l'histoire récente du Mexique, ce qui permet de replacer les communiqués dans leur contexte et d'inclure une bonne partie de l'histoire de l'insurrection.

¡Ya Basta! tome 1 aux éditions Dagorno, ISBN 2910019330



Avec le sous titre "Les insurgés zapatistes racontent un an de révolte au Chiapas", ce livre rassemble les communiqués de l'EZLN de janvier 1994 à octobre 1994.
Le premier janvier 2014, c'était le 20è anniversaire du soulèvement zapatiste. Le matin du premier janvier 1994, alors que tout le Mexique se réveille avec la gueule de bois d'un nouvel an bien arrosé, une armée d'insurgés, cagoulés, prends plusieurs villes lors d'un coup de force dans l'état le plus pauvre du pays, le Chiapas. Pour remettre les choses dans leur contexte, il faut se rappeler qu'à l'époque:
- un parti politique règne sans partage depuis la dernière révolution sur le pays, les élections étant une étrange forme de plébiscite sans réel enjeu.
- le Chiapas est un petit état montagneux, dont la population est en grande majorité indigène. C'est l'état le plus pauvre du pays avec de très fort taux d'analphabétisme, de pauvreté, de malnutrition, d'exclusion. C'est aussi l'état dont était originaire Emiliano Zapata, l'une des deux figures de proue de la révolution de 1910. Enfin, c'est aussi l'un des états les plus riches en matières premières (dont le pétrole et le café).
- l'ALENA vient d'entrer en vigueur et cet accord est très loin d'être en faveur de la population mexicaine.
- Carlos Salinas de Gortari, le président de l'époque, vient de faire passer un accord révisant l'article 27 de la constitution mexicaine, essentiel dans un pays où le droit à la terre est le sujet d'un très grand nombre de conflits et d'ailleurs de la révolte de E. Zapata. Cet article 27 était un pré-requis de l'ALENA et autorisait la privatisation de terres qui avaient étaient mis en gestion communale pour les paysans (ejidos).
- les enlèvements, emprisonnements, meurtres et tortures d'opposants politiques et d'intellectuels sont monnaie courante.

Dès les premiers communiqués, l'EZLN annonce ses intentions. Ils se battent pour obtenir : une démocratie réelle, la justice, l'accès à la terre, l'égalité, l'accès aux soins et à la dignité. Ces demandes ne bougeront pas d'un pouce au cours de l'année.
L'intérêt de lire ce recueil de communiqués est double.

D'une part, on y voit l'évolution de la situation. Comment survivre dans un conflit armé face à un gouvernement qui n'hésitera pas ? En faisant une utilisation intelligente de l'opinion publique internationale. L'EZLN n'est pas tombée dans les pièges habituels de la plupart des insurrections, c'est à dire réclamer des choses d'abord pour soi ("Tout pour tous. Rien pour nous." est un leitmotiv qui revient sans cesse), de ne s'exprimer que par la violence (l'EZLN convoquera des états généraux qui accueilleront près de 5000 personnes), de refuser les chemins légaux (l'EZLN aidera même les élections présidentielles de 1994 sur le territoire qu'elle contrôle), d'éviter le culte du chef (à part un porte-parole identifié, les zapatistes sont anonymes et son commandement ne s'exprime que par des communiqués) et un réel fonctionnement démocratique ("Commander en obéissant" est le second leitmotiv).
Au fur et à mesure de l'avancée de l'année, on voit l'évolution de la mentalité, les espoirs lors des discussions avec le gouvernement, le souhait d'une issue parlementaire. On voit aussi que l'EZLN a su dépasser le marxisme, en appelant, non au "prolétaire" messianique cher à une certaine extrême gauche, mais à la société civile dans son ensemble, aux gens de bonne volonté, aux intellectuels honnêtes, etc. En fait, quiconque souhaite faire avancer le pays dans une direction favorable à la démocratie et au peuple est le bienvenu pour filer un coup de main. Ils ont aussi su dépasser le guévarisme, en souhaitant unifier toutes les formes de lutte et en déclarant qu'ils auraient préféré ne pas avoir à entrer en conflit armé et aimeraient que les voies légales soient de nouveau ouvertes et privilégiées.

D'autre part, on voit aussi le génie littéraire du SCI Marcos. Il faut le dire, ce type sait grave écrire. Les communiqués sont clairs, droits, précis et directs. Les écrits plus personnels sont drôles, touchants, émouvants ou forts. Certains sont des contes, d'autres des poèmes. On y découvre la vie des enfants zapatistes, des contes et légendes servant de paraboles, des rappels d'Histoire et des statistiques sur le Chiapas. On y découvre l'humanité derrière la cagoule. Et il faut dire que quand on se bat "pour l'humanité et contre le néolibéralisme" il est important que l'humanité ne soit pas oublié. Trop souvent, les affiliés marxistes promettent un lendemain de joie et bonheur au prolétaire après le Grand Soir mais oublient d'être humains avant. La Révolution n'est pas un dîner de gala. Peut être, mais pourquoi devrait-on oublier de s'amuser ? Les Zapatistes dansent, chantent, font la fête et écrivent des poèmes. Ils n'oublient pas d'être humains même quand leurs territoires sont entourés de blindés et que les avions de combat vrombissent au-dessus de leur têtes. L'humour est une arme essentielle dans l'arsenal.

Ce tome se termine par des communiqués très sombres : les négotiations n'ont pas porté. Un nouveau président est élu avec des mécanismes de fraude massifs. L'armée se rassemble autour des territoires et un nouvel assaut n'est qu'une question d'heures. "Après un an, rien n'a changé, ici..."

Note : ceci est le premier de trois billets sur le sujet.

jeudi 7 mars 2013

Il suffit de demander. Gentiment.

Amanda Palmer, ancienne moitié du groupe The Dresden Dolls, parle lors d'une conférence de TED de changer les mentalités sur le paiement de la musique et autres créations artistiques hautement distributives. En résumé : au lieu de les forcer à payer.... Demandez leur de payer. Un changement de paradigme important dans le cadre de biens transfinis. Et elle aune bonne expérience de son sujet, étant donné qu'elle est à l'origine du Kickstarter le plus réussi à ce jour.

Amanda Palmer, the Art of Asking

C'est en anglais, mais y'a un transcript disponible sur le site du TED.

lundi 2 juillet 2012

(...) et tout bronzé


Intéressant essai que celui-ci. La passion du bronzage est une inversion totale du canon esthétique (sur le sujet de la peau mais aussi des vêtements) qui s'est produite sur la première moitié du 20ème siècle, sur quelques décennies entrelardées de deux énormes conflits. Ce passage de la femme claquemurée et dont on célèbre le tein diaphane et le maintien à la femme en bonne santé au corps cuivré et dénudé (du corset à la minijupe, du maillot de bain couvrant totalement au monokini-string voire au naturisme) est une basculement excelpionnel par sa globalité, sa rapidité et son extension à nombre de domaines sociaux.

Plusieurs explications avaient été avancées à ce sujet, comme le lancement par Coco Chanel de la peau bronzée, les congés pays de 1936 ou encore le besoin de se distinguer de la masse i.e. laborieuse à la peau bronzée par le travail des champs dans l'"ancien régime" puis laborieuse à la peau d'une pâleur maladive par le travail en usine dans le "nouveau". Au travers de son essai, Pascal Ory commence par borner temporellement ce phénomène social avant de s'attacher à l'expliquer. Les événements et éléments ayant fait basculer le paradigme ne sont pas simples : les éléments énoncés plus avant sont effectivement présents mais ils sont loins d'expliquer le déclenchement, l'ampleur et la vitesse du phénomène. Le livre, après la question de datation, développe plusieurs axes par exemple"soigner" quand le corps médical commence par déconseiller le soleil jugé dangereux puis par promouvoir les bains de soleils et la nudité jugés excellents pour l'hygiène de vie...

L'économie et la publicité, eux aussi, ne sont pas dénués d'impact mais ne peuvent eux aussi être établis comme facteurs uniquement prescripteurs puisqu'un commerçant ne crée pas forcément le désir. Il étend et amplifie un désir latent ou méconnu.
Les guerres, elles aussi, ont eu un impact sur tout cela.

Bref, un essai court mais agréablement écrit, bien développé, qui étudie en détails ce faisceau d'événements et de facteurs corrélés qui font qu'aujourd'hui, dans les prochains mois, vous allez vous étendre sur une plage de sable fin, dénudé(e) voire nu(e), pour vous exposer agréablement au soleil et profiter d'un temps de repos bien mérité.

Bonnes vacances et profitez bien !

L'invention du bronzage de Pascal Ory
aux Editions Complexe ISBN n°978-2804801458

Edit : Thomas a raison, je n'ai appelé personne pour la suite. Donc je propose à Thomas, Alias et Munin de participer.

mardi 15 février 2011

Tweed : la fibre révolutionnaire

A Noël, j'ai reçu en cadeau un livre. Enfin, j'en ai reçu plein, mais j'ai aussi reçu celui là, d'amis qui m'ont dit : "en le voyant, on a tout de suite pensé à toi". Inquiet, je regarde ce qu'est l'ouvrage et rien qu'à lire le titre je pars d'un éclat de rire. Il s'agit du Manifeste Chap : Savoir-vivre révolutionnaire pour gentleman moderne, écrit par Gustav Temple et Vic Darkwood dans le cadre de la Confédération des Anarcho-Dandys. Mes amis me connaissent bien et ont du goût, je suis fier et flatté de les avoir auprès de moi.
Rien qu'au logo, la couleur est annoncée...
Ce livre est un petit bijou d'humour britannique, où les auteurs prônent rien de moins que la "révolution par le tweed" et plus exactement le droit pour un révolutionnaire d'être bien habillé. Il se décompose sous la forme de petits articles abordant tous les sujets (motivations, actions, habillement) avec des illustrations un peu rétro et un humour à froid d'une grande subtilité. On y apprend ainsi comment il convient de s'habiller pour lire chez soi, mais aussi les actions à entreprendre face à tous ces antres du mauvais goût que peuvent être les chaînes de magasin d'habillage, les fast-food, etc. Comment communiquer en utilisant ses jambes comme sémaphore et comment faire du sport (diantre) sans en donner l'air (ouf).
Bref, c'est un petit livre fort drôle qui, par certaines critiques satyriques donne parfois à réfléchir - sur les raisons de son engagement, ses goûts vestimentaires, et la place de l'élégance ainsi que la politesse dans la société actuelle - mais dont l'objet principal reste de s'amuser. Et d'être élégant. Rafraîchissant.
Je vous laisse, j'ai rendez-vous chez mon tailleur.

Le Manifeste Chap : Savoir-vivre révolutionnaire pour gentleman moderne, de Gustav Temple & Vic Darkwood, chez Equateurs
ISBN n° 2849901563
Site Web de Chap Magazine