(Apparemment, elle n'a pas "enchaîné des poses de yoga" : en fait, elle s'était pris une munition non-létale dans le pied, on voit la marque rouge et elle l'a déclaré dans une interview).
Fiches de lectures de divers livres, d'une utilité discutable mais néanmoins présente, à l'usage du lecteur de gauche.
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jeudi 30 juillet 2020
La nudité vainc les robocops de Portland
Vous avez vu la photo partout, et comme elle n'est pas libre de droits, je ne puis poster qu'un lien. En gros, pendant les manifs ultra violentes de Portland, cette fin de juillet, une femme nue a marché calmement vers les robocops, les as pointé du doigt puis est restée, là. Et les milichiens ont fini par calter.
mercredi 13 août 2014
Même Solange s'y met...
La vidéo est "safe for work" (tout public, quand on parle pas l'Internet-djeunz)
Edit : j'ajoute cette autre (tout public aussi) :
lundi 7 juillet 2014
Le Metatron a bien raison...
... dans le film Dogma (K. Smith) : Honestly, you bottom feeders and your arrogance, you think everybody's just trying to get in your knickers.
Notre civilisation, et là, je parle de l'ensemble de la planète, a une étrange relation de honte et de haine envers les zigounettes et les zézettes. Nous avons peur et honte de notre sexualité et, ainsi même, de ce que nous sommes. On nous as éduqué à cacher, planquer et taire ce qui, au fond, est peut être la plus belle chose que peut faire l'être humain.
Il est ainsi fascinant de voir qu'un film présentant des morts, des guerres et des éviscérations sera tout public ou, en tout cas, lèvera peu de sourcils. Au JT, on vous montrera sans fards la dernière décapitation dans un pays lointain, le petit gamin en train de mourir de faim dans un autre, les corps déchiquetés dans un carambolage, etc. Si deux types se foutent sur la gueule à grandes mandales dans la rue, il y aura bien peu de réactions.
Par contre, les scènes de sexe causeront toujours une limitation de l'âge d'accès à un film. On mettra des mires sur les vidéos et des pastilles sur les photos dans les médias quand il y a de la nudité. Si une paire de personnes étaient nues dans la rue, les flics débouleraient dans les 5' (et là je parle pas de faire l'amour, hein - d'ailleurs, l'exhibitionnisme n'existe que sur la base du dépassement d'un interdit).
Franchement, ça me dépasse. La mort et la violence c'est ok mais l'amour et la sexualité c'est mal ? Faut pas s'étonner, alors qu'on aie des tas de problèmes en tant que société et des palanquées de névroses en tant qu'individus. A ce titre, plus une société est ouverte sur ce genre de sujets, moins elle a de problèmes (comme évoqué dans un billet précédent, les pays qui ont le plus d'ouverture au niveau éducation sexuelle ont le moins de problèmes de grossesses non désirées, les plus basses stats de violences sexuelles etc.). Bref, on est terrifiés par nos pipis. Aussi, rien d'étonnant que la plupart des questions sur le naturisme tournent autour des kikis. Entre ceux qui s'inquiètent de leur potentielle érection, ceux qui sont persuadés que les plages nat' sont des réserves de pervers (ce en quoi ils n'ont pas toujours tort mais ce lieu, le Cap d'Agde, est devenu ainsi parce que des trouzaines delibertins ont envahi les lieux au grand dam des naturistes. NB, je n'ai rien contre les libertins mais si les médias et les concernés pouvaient avoir le bon goût de faire la différence entre libertinage et naturisme, ce serait mieux pour tout le monde), ceux qui affirment que ça doit tuer la sexualité et, enfin et surtout, le mais est-ce que vous pensez aux enfants?! éternel. Le préjugé, l'avis péremptoire sont de rigueur.
Pour répondre à tout cela, la Fédération Française de Naturisme a réalisé une plaquette. Je doute que quiconque en dehors des naturistes eux-même et des excellents lecteurs de ce blog, le lise, mais c'est dommage. Dommage parce que ça répond aux questions, interrogations et inquiétudes. Ça me rend triste, quelque part.
Vous pouvez la télécharger ICI
Le livre est divisé en plusieurs chapitres, un par sujet (la sexualité, l'adolescence, les enfants, etc.) et répond par expérience, statistiques et études à toutes les questions habituelles. C'est court et très bien fait. Lisez-le.
A noter que les naturiste eux-mêmes sont influencés par la même tendance à la censure. Eux répètent que le naturisme est totalement dénué de sexualité. A croire que c'est un ordre monastique. Non, ce sont des gens normaux, qui vivent normalement une vie normale, avec de la joie et de la peine, de l'amour et du sexe, du jeu et des coupes du monde foot à la télé. Normaux. Et mettre ou non des vêtements n'est, finalement, pas une clause sine-qua-non pour être un humain normal.
Notre civilisation, et là, je parle de l'ensemble de la planète, a une étrange relation de honte et de haine envers les zigounettes et les zézettes. Nous avons peur et honte de notre sexualité et, ainsi même, de ce que nous sommes. On nous as éduqué à cacher, planquer et taire ce qui, au fond, est peut être la plus belle chose que peut faire l'être humain.
Il est ainsi fascinant de voir qu'un film présentant des morts, des guerres et des éviscérations sera tout public ou, en tout cas, lèvera peu de sourcils. Au JT, on vous montrera sans fards la dernière décapitation dans un pays lointain, le petit gamin en train de mourir de faim dans un autre, les corps déchiquetés dans un carambolage, etc. Si deux types se foutent sur la gueule à grandes mandales dans la rue, il y aura bien peu de réactions.
Par contre, les scènes de sexe causeront toujours une limitation de l'âge d'accès à un film. On mettra des mires sur les vidéos et des pastilles sur les photos dans les médias quand il y a de la nudité. Si une paire de personnes étaient nues dans la rue, les flics débouleraient dans les 5' (et là je parle pas de faire l'amour, hein - d'ailleurs, l'exhibitionnisme n'existe que sur la base du dépassement d'un interdit).
Franchement, ça me dépasse. La mort et la violence c'est ok mais l'amour et la sexualité c'est mal ? Faut pas s'étonner, alors qu'on aie des tas de problèmes en tant que société et des palanquées de névroses en tant qu'individus. A ce titre, plus une société est ouverte sur ce genre de sujets, moins elle a de problèmes (comme évoqué dans un billet précédent, les pays qui ont le plus d'ouverture au niveau éducation sexuelle ont le moins de problèmes de grossesses non désirées, les plus basses stats de violences sexuelles etc.). Bref, on est terrifiés par nos pipis. Aussi, rien d'étonnant que la plupart des questions sur le naturisme tournent autour des kikis. Entre ceux qui s'inquiètent de leur potentielle érection, ceux qui sont persuadés que les plages nat' sont des réserves de pervers (ce en quoi ils n'ont pas toujours tort mais ce lieu, le Cap d'Agde, est devenu ainsi parce que des trouzaines delibertins ont envahi les lieux au grand dam des naturistes. NB, je n'ai rien contre les libertins mais si les médias et les concernés pouvaient avoir le bon goût de faire la différence entre libertinage et naturisme, ce serait mieux pour tout le monde), ceux qui affirment que ça doit tuer la sexualité et, enfin et surtout, le mais est-ce que vous pensez aux enfants?! éternel. Le préjugé, l'avis péremptoire sont de rigueur.
Pour répondre à tout cela, la Fédération Française de Naturisme a réalisé une plaquette. Je doute que quiconque en dehors des naturistes eux-même et des excellents lecteurs de ce blog, le lise, mais c'est dommage. Dommage parce que ça répond aux questions, interrogations et inquiétudes. Ça me rend triste, quelque part.
Vous pouvez la télécharger ICI
Le livre est divisé en plusieurs chapitres, un par sujet (la sexualité, l'adolescence, les enfants, etc.) et répond par expérience, statistiques et études à toutes les questions habituelles. C'est court et très bien fait. Lisez-le.
A noter que les naturiste eux-mêmes sont influencés par la même tendance à la censure. Eux répètent que le naturisme est totalement dénué de sexualité. A croire que c'est un ordre monastique. Non, ce sont des gens normaux, qui vivent normalement une vie normale, avec de la joie et de la peine, de l'amour et du sexe, du jeu et des coupes du monde foot à la télé. Normaux. Et mettre ou non des vêtements n'est, finalement, pas une clause sine-qua-non pour être un humain normal.
mercredi 12 février 2014
Tous à walp
Un de nos politiques a dit des âneries sur un livre pour enfant qu'il n'a probablement pas ouvert. Martin Vidberg, de n'actualité en patates, a ouvert une idée élégante : tous les dessinateurs peuvent proposer un dessin sur le thème "tous à poil", qu'il hébergera.
Avis aux amateurs, donc, c'est là : http://vidberg.blog.lemonde.fr/2014/02/12/tous-a-poil-pour-le-14-fevrier/
EDIT : la galerie finale est ici.
Amusez vous bien. J'ai moi même envoyé une participation (à mon faible niveau).
Quant au livre, pour l'avoir feuilleté : y'a pas de quoi fouetter un chat. Il est joli, bien fait, sobre, amusant.
Plus d'informations. A noter que ce livre est sur une liste, non pas du gouvernement, mais de parents qui ont listé les livres pour leurs enfants, ceux qu'ils ont préférés.
Tous à Poils, de Claire Franek et Marc Daniau
aux Editions du Rou ISBN 2812602066
Avis aux amateurs, donc, c'est là : http://vidberg.blog.lemonde.fr/2014/02/12/tous-a-poil-pour-le-14-fevrier/
EDIT : la galerie finale est ici.
Amusez vous bien. J'ai moi même envoyé une participation (à mon faible niveau).
Quant au livre, pour l'avoir feuilleté : y'a pas de quoi fouetter un chat. Il est joli, bien fait, sobre, amusant.
Plus d'informations. A noter que ce livre est sur une liste, non pas du gouvernement, mais de parents qui ont listé les livres pour leurs enfants, ceux qu'ils ont préférés.
Tous à Poils, de Claire Franek et Marc Daniau
aux Editions du Rou ISBN 2812602066
mardi 11 juin 2013
Mitigation
Je suis mitigé.
Je ne sais que penser, au juste, de ce livre. Résumons : le héros du livre est un écossais qui part au Groenland pour devenir le secrétaire principal du parti libéral-populiste local, rôle dans lequel il va exceller avant de faire une bêtise, le menant à quitter le pays pour le Canada. De là, il se joint à un groupuscule pro-nucléaire. A sa première action d'éclat avec ces derniers, le choix d'une nudité revendicative le fait exclure du groupe. Il fuit via le Mexique pour l'Ecosse, où il adope un naturisme renvendicatif qui le mène en prison où à l'instar de Stephen Gough, sa nudité intransigeante le fait rester entre 4 murs.
Voilà.
C'est tout.
Le style se laisse lire. Phrasé sec, mots choisis. Même si la forme est déroutante au départ, quelques pages et on est dans le bain.
L'auteur s'est documenté. Sa présentation des naturismes, par exemple, est très exacte, fouillée, précise. Certaines pages pourraient être réutilisée pour pas mal de sites web d'associations/fédérations naturistes : randonue, cyclonue, centre de vacances, découverte, psychologie, etc. Tout y est, décrit avec une justesse rare. Je subodore que sa présentation de la situation sociopolitique du Groenland soit de la même eau : renseigné, exigeant.
Mais. S'il n'y avait pas de mais, je ne serais pas mitigé.
Il n'y a pas réellement d'histoire. Le personnage principal est un fêtu de paille qui se laisse allégrement balloter selon le vent, sans réelle volonté. L'auteur l'utilise surtout pour faire de très très long exposés qui, s'ils sonnent juste, ne font pas avancer l'histoire. De tout le livre, il doit y avoir au plus trois événements anecdotiques qui font avancer vaguement le personnage vers sa fin. On dirait que le livre est une excuse pour lier trois ou quatre sujets qui intéressaient l'auteur. Vraiment dommage car une telle documentation, une telle précision aurait mérité une histoire qui soit à la hauteur. Même l'histoire de la tête nucléaire perdue au Groenland est exacte... Toutes ces informations auraient mérité une meilleure histoire. Encore une fois, dommage.
Nudism de Daniel Foucard
chez Inculte ISBN n° 9791091887014
Je ne sais que penser, au juste, de ce livre. Résumons : le héros du livre est un écossais qui part au Groenland pour devenir le secrétaire principal du parti libéral-populiste local, rôle dans lequel il va exceller avant de faire une bêtise, le menant à quitter le pays pour le Canada. De là, il se joint à un groupuscule pro-nucléaire. A sa première action d'éclat avec ces derniers, le choix d'une nudité revendicative le fait exclure du groupe. Il fuit via le Mexique pour l'Ecosse, où il adope un naturisme renvendicatif qui le mène en prison où à l'instar de Stephen Gough, sa nudité intransigeante le fait rester entre 4 murs.
Voilà.
C'est tout.
Le style se laisse lire. Phrasé sec, mots choisis. Même si la forme est déroutante au départ, quelques pages et on est dans le bain.
L'auteur s'est documenté. Sa présentation des naturismes, par exemple, est très exacte, fouillée, précise. Certaines pages pourraient être réutilisée pour pas mal de sites web d'associations/fédérations naturistes : randonue, cyclonue, centre de vacances, découverte, psychologie, etc. Tout y est, décrit avec une justesse rare. Je subodore que sa présentation de la situation sociopolitique du Groenland soit de la même eau : renseigné, exigeant.
Mais. S'il n'y avait pas de mais, je ne serais pas mitigé.
Il n'y a pas réellement d'histoire. Le personnage principal est un fêtu de paille qui se laisse allégrement balloter selon le vent, sans réelle volonté. L'auteur l'utilise surtout pour faire de très très long exposés qui, s'ils sonnent juste, ne font pas avancer l'histoire. De tout le livre, il doit y avoir au plus trois événements anecdotiques qui font avancer vaguement le personnage vers sa fin. On dirait que le livre est une excuse pour lier trois ou quatre sujets qui intéressaient l'auteur. Vraiment dommage car une telle documentation, une telle précision aurait mérité une histoire qui soit à la hauteur. Même l'histoire de la tête nucléaire perdue au Groenland est exacte... Toutes ces informations auraient mérité une meilleure histoire. Encore une fois, dommage.
Nudism de Daniel Foucard
chez Inculte ISBN n° 9791091887014
lundi 3 juin 2013
Shame !
Tiens, une petite BD sur quand l'obsession des pères/mère-la-pudeur rend bête. C'est très vrai et m'a bien fait rire.
vendredi 31 mai 2013
Le suivi du vendredi (#FF)
Tiens, je vais faire un court message pour faire de la pub aux amis, aux assoces et aux journaux que je lis, que je suis ou que je soutiens. C'est un peu un bonus du billet précédent. C'est une sorte de "#FF" fait à la main, cette petite activité que l'on fait où on cite des auteurs de contenu web sur les réseaux sociaux pour les faire connaître.
Journaux
En ces temps de disparition du papier, il faut savoir que je reçois encore dans ma boîte aux lettres Le Canard Enchaîné et Le Monde Diplomatique. Je ne dispose plus réellement du temps pour lire intégralement le dernier mais cela reste le journal qui me propose les articles les plus fouillés, les plus recherchés, les plus travaillés. Quant à leur site, il est admirablement fourni en contenu et ce sans compter les blogs qu'il héberge. Notez que le Diplo est sur Flattr. Le Canard, quant à lui, il ne sers à rien de le présenter mais savez-vous que le site web vous propose la une du journal chaque semaine, assez souvent en avance de la sortie ? Je vais en profiter pour signaler l'excellent "James" et sa critique de l'actualité "on veut travailler pour le canard enchaîné".
Evidemment, avide de niouniouzes du monde libre, je lis Le Monde mais je suis aussi par RSS dans le désordre Fakir, El Pais, Acrimed, Observatoire des Médias, EFF, la BBC, Boing Boing, Democracy Now et la Quadrature du Net. Bon, il est loin le temps où je faisais tous les matins mon survol de toute cette presse.
Associations
Maintenant, les associations que je soutiens, moralement ou financièrement, qui ne sont qu'une très fine liste de toutes les ONG que j'aimerais aider dans leurs activités. La liste qui suit ne répète pas, évidemment, les noms cités plus haut.
Oxfam est une association qu'on ne présente plus, de même que Amnesty International, le Don du Sang ou la Croix Rouge.
APNEL et AJNF sont deux associations affiliées à la Fédération Française de Naturisme. La première (dont j'ai longuement parlé et dont le combat me tient à cœur) lutte pour la dépénalisation de la simple nudité. La seconde est simplement une organisation tentant de fédérer les jeunes naturistes, activité importante car ce milieu vieillit énormément pour plein de mauvaises raisons dues à des travers de notre société.
Kokopelli est une association qui lutte contre la fascinante absurdité qui consiste à vous empêcher de cultiver des plantes dont les semences n'ont pas été validées dans un catalogue contrôlé par des intérêts privés. Au point que vous ne pouvez normalement même pas donner des graines prohibées à un ami.
La Cimade, qui se bat, entre autres, pour le traitement humain des gens qui viennent en France sans avoir la chance d'y venir par choix.
Le Grog c'est mon coté geek rôliste. Une sorte de wikipedia du jeu de rôles fait à la main avec passion. Y'a aussi PTBPTG, des articles de fond sur le même sujet.
Blogs de poteaux
Des gens hyperactifs et intéressants, produisant de leur seul petit doigt plus de trucs intéressants que je ne le pourrai jamais de mes dix doigts. Vous avez mon respect et mon admiration.
Je vais sûrement en oublier des tonnes et ils vont sûrement tous m'en vouloir. A ceux que j'ai oublié : gueulez-moi dessus et je mets à jour. J'ai 103 flux RSS, alors c'est un peu 'auch.
Alias
Thomas B
Les corbeaux
Fiberevolution
Sakiko Jones
Ivy
Kagura
Tartofrez
Et pour le fun : Finders Keepers
Journaux
En ces temps de disparition du papier, il faut savoir que je reçois encore dans ma boîte aux lettres Le Canard Enchaîné et Le Monde Diplomatique. Je ne dispose plus réellement du temps pour lire intégralement le dernier mais cela reste le journal qui me propose les articles les plus fouillés, les plus recherchés, les plus travaillés. Quant à leur site, il est admirablement fourni en contenu et ce sans compter les blogs qu'il héberge. Notez que le Diplo est sur Flattr. Le Canard, quant à lui, il ne sers à rien de le présenter mais savez-vous que le site web vous propose la une du journal chaque semaine, assez souvent en avance de la sortie ? Je vais en profiter pour signaler l'excellent "James" et sa critique de l'actualité "on veut travailler pour le canard enchaîné".
Evidemment, avide de niouniouzes du monde libre, je lis Le Monde mais je suis aussi par RSS dans le désordre Fakir, El Pais, Acrimed, Observatoire des Médias, EFF, la BBC, Boing Boing, Democracy Now et la Quadrature du Net. Bon, il est loin le temps où je faisais tous les matins mon survol de toute cette presse.
Associations
Maintenant, les associations que je soutiens, moralement ou financièrement, qui ne sont qu'une très fine liste de toutes les ONG que j'aimerais aider dans leurs activités. La liste qui suit ne répète pas, évidemment, les noms cités plus haut.
Oxfam est une association qu'on ne présente plus, de même que Amnesty International, le Don du Sang ou la Croix Rouge.
APNEL et AJNF sont deux associations affiliées à la Fédération Française de Naturisme. La première (dont j'ai longuement parlé et dont le combat me tient à cœur) lutte pour la dépénalisation de la simple nudité. La seconde est simplement une organisation tentant de fédérer les jeunes naturistes, activité importante car ce milieu vieillit énormément pour plein de mauvaises raisons dues à des travers de notre société.
Kokopelli est une association qui lutte contre la fascinante absurdité qui consiste à vous empêcher de cultiver des plantes dont les semences n'ont pas été validées dans un catalogue contrôlé par des intérêts privés. Au point que vous ne pouvez normalement même pas donner des graines prohibées à un ami.
La Cimade, qui se bat, entre autres, pour le traitement humain des gens qui viennent en France sans avoir la chance d'y venir par choix.
Le Grog c'est mon coté geek rôliste. Une sorte de wikipedia du jeu de rôles fait à la main avec passion. Y'a aussi PTBPTG, des articles de fond sur le même sujet.
Blogs de poteaux
Des gens hyperactifs et intéressants, produisant de leur seul petit doigt plus de trucs intéressants que je ne le pourrai jamais de mes dix doigts. Vous avez mon respect et mon admiration.
Je vais sûrement en oublier des tonnes et ils vont sûrement tous m'en vouloir. A ceux que j'ai oublié : gueulez-moi dessus et je mets à jour. J'ai 103 flux RSS, alors c'est un peu 'auch.
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lundi 2 juillet 2012
(...) et tout bronzé
Intéressant essai que celui-ci. La passion du bronzage est une inversion totale du canon esthétique (sur le sujet de la peau mais aussi des vêtements) qui s'est produite sur la première moitié du 20ème siècle, sur quelques décennies entrelardées de deux énormes conflits. Ce passage de la femme claquemurée et dont on célèbre le tein diaphane et le maintien à la femme en bonne santé au corps cuivré et dénudé (du corset à la minijupe, du maillot de bain couvrant totalement au monokini-string voire au naturisme) est une basculement excelpionnel par sa globalité, sa rapidité et son extension à nombre de domaines sociaux.
Plusieurs explications avaient été avancées à ce sujet, comme le lancement par Coco Chanel de la peau bronzée, les congés pays de 1936 ou encore le besoin de se distinguer de la masse i.e. laborieuse à la peau bronzée par le travail des champs dans l'"ancien régime" puis laborieuse à la peau d'une pâleur maladive par le travail en usine dans le "nouveau". Au travers de son essai, Pascal Ory commence par borner temporellement ce phénomène social avant de s'attacher à l'expliquer. Les événements et éléments ayant fait basculer le paradigme ne sont pas simples : les éléments énoncés plus avant sont effectivement présents mais ils sont loins d'expliquer le déclenchement, l'ampleur et la vitesse du phénomène. Le livre, après la question de datation, développe plusieurs axes par exemple"soigner" quand le corps médical commence par déconseiller le soleil jugé dangereux puis par promouvoir les bains de soleils et la nudité jugés excellents pour l'hygiène de vie...
L'économie et la publicité, eux aussi, ne sont pas dénués d'impact mais ne peuvent eux aussi être établis comme facteurs uniquement prescripteurs puisqu'un commerçant ne crée pas forcément le désir. Il étend et amplifie un désir latent ou méconnu.
Les guerres, elles aussi, ont eu un impact sur tout cela.
Bref, un essai court mais agréablement écrit, bien développé, qui étudie en détails ce faisceau d'événements et de facteurs corrélés qui font qu'aujourd'hui, dans les prochains mois, vous allez vous étendre sur une plage de sable fin, dénudé(e) voire nu(e), pour vous exposer agréablement au soleil et profiter d'un temps de repos bien mérité.
Bonnes vacances et profitez bien !
L'invention du bronzage de Pascal Ory
aux Editions Complexe ISBN n°978-2804801458
Edit : Thomas a raison, je n'ai appelé personne pour la suite. Donc je propose à Thomas, Alias et Munin de participer.
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lundi 8 novembre 2010
Sur la désobéissance civile - manuel & interview
J'avais promis un billet sur la désobéissance civile, le voici donc.
Le concept de désobéissance civile n'est pas nouveau. En effet, Thoreau, Gandhi, Martin Luther King en ont été les pionniers, désobéissant à l'autorité, de manière civile (à prendre au sens de "courtois", "pacifique", "civilisé",...). Greenpeace, Sortir du Nucléaire, les Faucheurs Volontaires, Casseurs de Pubs, etc. sont des associations qui pratiquent la désobéissance civile. En gros : ils connaissent la loi et pour faire avancer leurs idées, ils vont braver cette loi, quitte à en subir les conséquences, tout en tentant de mettre l'opinion publique de leur coté.
C'est quelque chose d'extrêmement difficile, d'extrêmement courageux. Il ne faut pas croire, cependant, que tout leur réussit ou que seuls des gens "bien" pratiquent ce type d'action (j'en veux pour exemple les "désobéissants fiscaux", brrrr !).
Certains ont beaucoup pratiqué la désobéissance civile et sont capables d'organiser des actions impressionnantes. Afin de partager la longue expérience acquise dans toutes ces actions, l'un d'entre eux a rédigé un manuel clair et concis pour apprendre à entreprendre correctement ce genre d'actions. Et c'est donc le :
Petit Manuel De Désobéissance Civile A L'Usage De Ceux Qui Veulent Vraiment Changer Le Monde de Xavier Renou
chez Syllepse
ISBN n°978-2-84950-232-7
Ce tout petit ouvrage contient tout ce qu'il est nécessaire de connaître pour :
- comprendre la notion de désobéissance civile
- comment organiser une action de ce genre
- comment contrôler et organiser le déroulement de l'action
- comment gérer l'après (opinion publique, médias, éventuellement prison)
Le tout en gardant à l'esprit que le but est quand même d'obtenir des résultats (directs ou indirects via l'opinion publique). Un très bon petit manuel. D'ailleurs, les quelques rolistes qui me lisent devraient eux aussi le lire, dans l'idée de concevoir des scénarios pour leurs jeux contemporains.
L'auteur organise parallèlement des stages de formation à la désobéissance civile, un peu partout en France
~=o0o=~
Et j'ai une surprise.Mon billet sur le nudisme et l'anarchisme avait été pas mal lu et, dans le cadre de la thématique sur la désobéissance civile, j'en ai profité pour contacter les gens de l'APNEL, l'Association pour la Promotion du Naturisme En Liberté.
Les gens de l'APNEL pratiquent la désobéissance civile puisque, d'une manière absolument civile, ils choisissent délibérément de désobéir à la loi (plus exactement à une certaine lecture de la loi) en organisant des actions, telles que les "randonues" : des randonnées en pleine nature, nus. Je les ai contactés pour une interview dont voici le compte rendu (ne possédant pas de dictaphone, il s'agit de la retranscription de mes notes dans un simple cahier, on m'excusera donc pour leur coté pèle-mêle).
Cet entretien a été réalisée par mail ainsi que lors d'une randonue à l'orée de Fontainebleau, dans les bruyères en fleur d'un coin isolé à deux pas du GR1. Lors de mon contact avec l'APNEL, Jacques & Sylvie m'ont gentiment invité à participer à un bivouac et randonnée naturistes. Je n'avais guère pratiqué que sur quelques plages, mais je suis quelqu'un de curieux qui aime expérimenter les choses dont il parle, aussi ai-je volontiers accepté le baptême proposé.
C'est ainsi que par un superbe samedi d'août en milieu d'après midi j'ai tombé mon short, non sans appréhension, au milieu de la nature, avec 8 autres personnes. Nous étions 4 hommes, 4 femmes et un enfant, la parité était donc respectée. Nous avons marché sur un petit chemin au milieu des arbres et des bruyères, avant de nous poser dans une clairière de sable fin. La lune presque pleine (gibbeuse, donc) éclairait comme un phare la bruyère en fleurs tandis que nous devisions autour de la lampe à acétylène.
Cette expérience, ma foi agréable, m'a permis de répondre beaucoup de questions que je me posais sur le naturisme mais il faut bien comprendre qu'au bout de dix minutes la nudité de tous est une information finalement complètement secondaire. On n'y prête rapidement plus attention, reste surtout la balade...
Je ne me pense cependant pas prêt à baguenauder ainsi régulièrement : j'ai encore des réticences personnelles, même si tout s'est très bien passé et dans une ambiance sympathique. En tout cas je comprends à présent très clairement ce que recouvre l'expression "banalisation de la nudité" : en effet, au bout de dix minutes, on s'en fiche. Et on fait une jolie randonnée dans un coin sympa. Pourquoi faire tout un fromage de quelques bouts de tissu ?
Mise à jour mai 2011 : l'interview a été reproduite dans le magazine en ligne des naturistes québécois dont le numéro est consultable au bout de ce lien.
jeudi 10 juin 2010
Tout bon anarchiste se devrait d'être nudiste
Et c'est ici que je perds mes rares lecteurs. Hihihi.
Et le tisserand dit : "Parlez-nous de Vêtements"
Et il répondit : Vos vêtements dissimulent beaucoup de votre beauté, mais ils ne cachent point ce qui n'est pas beau.
Et bien que vous recherchiez en vos habits le sceau de votre liberté, il se peut que vous y trouviez un harnais et une chaîne.
Puissiez-vous accueillir le soleil et le vent avec plus de votre peau et moins de vos vêtements.
Car le souffle de la vie est dans le soleil et la main de la vie est dans le vent.
Il en est qui disent: "C'est le vent du nord qui a tissé les robes que nous portons".
Et je dis : Oui, c'est le vent du nord, mais la honte fut son métier et l'amolissement des tendons son fil.
Et son travail achevé, il rit dans la forêt.
N'oubliez pas que la pudeur n'est qu'un bouclier contre l'oeil de l'impur.
Et quand l'impur ne sera plus? Que sera la pudeur sinon une chaîne et une souillure de l'esprit?
Et souvenez-vous que la terre se réjouit de sentir vos pieds nus et que les vents joueraient volontiers avec vos cheveux.
~Kahlil Gibran.
Si j'en crois Chomsky, "l'anarchisme est un mouvement de la pensée et de l'action humaine qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à leur demander de se justifier et, dès qu'elles en sont incapables, ce qui arrive fréquemment, à tenter de les dépasser."
A partir de là, on peut se poser la question du vêtement lorsqu'il n'est pas indispensable (pour se protéger du froid, d'éraflures, ce genre de choses). Dans ce cadre précis, la structure d'autorité et de domination est bien pire car elle n'est pas directement identifiable : c'est notre éducation, c'est la pression de nos pairs. La loi n'en est que le reflet. Les naturistes le prouvent depuis plus de 100 ans, oui, on peut dépasser cette structure de domination et d'autorité qu'est le vêtement.
De mon point de vue personnel, dans un sens de civilisation, je suis de la même opinion que la constitution espagnole actuelle : les gens devraient avoir la liberté vestimentaire. Et dans l'idéal, personne ne prêterait attention au vêtissement des autres. Et c'est là que se situe l'essentiel du problème. Le problème est que notre propre comportement à nous, et reflété dans notre société, est de juger les autres et de vouloir forcer tous les autres humains à se rallier à une normalité qui est "ce que je fais moi". Bref, on juge et condamne, naturellement et inconsciemment, les comportements qui ne sont pas les nôtres.
Ecoutez-vous parler, des fois. Il m'arrive des fois de dire des horreurs qui me répugnent après coup, mais qui sont parfaitement acceptées dans notre société : rire d'une personne habillée différemment, évoquer les tatouages, les strings qui dépassent des pantalons, le maquillage, peu importe, d'un autre être humain de manière négative. Au final, on génère, nous même, une pression sociale, sans s'en rendre compte, répugnante de condescendance, de mesquinerie, de violence. Dire d'une nana légèrement vêtue "c'est un appel au viol" : et quoi ? Tous les êters humains sont des violeurs en puissance ? Quelle médiocrité de notre propre espèce. Il faut croire que la haine profonde, inconsciente parce que atavique, du corps humain est fondamentale. On se plaint souvent, aussi, de la surutilisation des corps de femmes dénudés pour vendre n'importe quoi, du slip à la photocopieuse. Mais ce n'est pas vraiment l'usage, qui est condamnable, que le fait que cela marche. Tant que les gens réagiront positivement à ce signal, les pubards continueront de l'utiliser. Eduquer un pubard, c'est vouloir éduquer un pied de chaise. Par contre, je garde espoir qu'on puisse un jour enseigner à la population que tout le monde est fait d'une tête, deux bras, deux jambes, un torse et un sexe. Tout le monde. Ce n'est finalement que le refus insconscient de ce fait qui amène le résultat actuel, avec une population plus que jamais mal dans sa peau, qui ricane bêtement ou hurle ou mate ou proteste dès que y'a un bout de peau qui dépasse ou un bout de tissu pas à sa place (d'ailleurs, le bout de peau qui provoque change régulièrement au cours de l'histoire).
C'est avec ces idées en tête, et l'abondante littérature anarchiste au sujet du nudisme, que j'ai abordé ce livre.
Le Bonheur D'Être Nu : Le Naturisme, Un Art De Vivre, de France Guillain
chez Albin Michel
ISBN n°978-2-226093-54-7
Le bouquin de France Guillain, pour aussi enthousiaste qu'il soit, est écrit de manière lisible, avec des chapitres découpés clairement. Elle y retrace à la fois sa propre vision du naturisme (qui pousse plus loin la réflexion sur la nudité avec des considérations d'hygiène de vie), mais elle part parfois dans des considérations assez annexes, ou des assertions avec lesquelles j'ai du mal à être d'accord.
Toutefois, la totalité est intéressante à lire et réponds à pas mal de questions que j'ai pu me poser sur le sujet. Elle répond principalement aux questions sociologiques (pourquoi ? comment ?) et aux questions que les gens se posent quand le sujet est abordé (questions généralement posées avec force ricanements).
Au final, le bouquin m'a apporté des réponses, certes, mais n'est guère qu'un point de départ sur ma réflexion alimentant le début de ce message, c'est à dire notre comportement de meute en matière de juger négativement ceux qui sortent de notre groupe. On nous as éduqués à ne pas juger certains critères (couleur de peau, religion, etc.) mais il nous reste un long, très long chemin à parcourir pour ce qui est d'arrêter, tout simplement, de juger les autres sur leur vêtement et leurs caractéristiques physiques. Aussi bien positivement que négativement, d'ailleurs. Non, un mec en costard de marque n'est pas forcément un type bien/riche/agréable, par exemple. Mais la tendance actuelle de vouloir servir de publicité ambulante à des logos relève du même mécanisme : "je suis ce que je porte".
Bref, il me semble que tout anarchiste devrait sauter le pas. Sans forcément adhérer à la totalité des valeurs naturistes, qui ont parfois des vieux relents d'angélisme désuet.
Mais, ô mes rares lecteurs, la prochaine fois qu'il vous prendra l'envie de pester contre un dénudement ou ricaner du vêtement d'une personne, posez-vous quelques questions sur vous-mêmes. "De quel droit est-ce que je me moque d'un autre être humain ?" "Si je peste, n'est-ce pas que ce dénudement m'a fait réagir ? Pourquoi ?"
Et le tisserand dit : "Parlez-nous de Vêtements"
Et il répondit : Vos vêtements dissimulent beaucoup de votre beauté, mais ils ne cachent point ce qui n'est pas beau.
Et bien que vous recherchiez en vos habits le sceau de votre liberté, il se peut que vous y trouviez un harnais et une chaîne.
Puissiez-vous accueillir le soleil et le vent avec plus de votre peau et moins de vos vêtements.
Car le souffle de la vie est dans le soleil et la main de la vie est dans le vent.
Il en est qui disent: "C'est le vent du nord qui a tissé les robes que nous portons".
Et je dis : Oui, c'est le vent du nord, mais la honte fut son métier et l'amolissement des tendons son fil.
Et son travail achevé, il rit dans la forêt.
N'oubliez pas que la pudeur n'est qu'un bouclier contre l'oeil de l'impur.
Et quand l'impur ne sera plus? Que sera la pudeur sinon une chaîne et une souillure de l'esprit?
Et souvenez-vous que la terre se réjouit de sentir vos pieds nus et que les vents joueraient volontiers avec vos cheveux.
~Kahlil Gibran.
Si j'en crois Chomsky, "l'anarchisme est un mouvement de la pensée et de l'action humaine qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à leur demander de se justifier et, dès qu'elles en sont incapables, ce qui arrive fréquemment, à tenter de les dépasser."
A partir de là, on peut se poser la question du vêtement lorsqu'il n'est pas indispensable (pour se protéger du froid, d'éraflures, ce genre de choses). Dans ce cadre précis, la structure d'autorité et de domination est bien pire car elle n'est pas directement identifiable : c'est notre éducation, c'est la pression de nos pairs. La loi n'en est que le reflet. Les naturistes le prouvent depuis plus de 100 ans, oui, on peut dépasser cette structure de domination et d'autorité qu'est le vêtement.
De mon point de vue personnel, dans un sens de civilisation, je suis de la même opinion que la constitution espagnole actuelle : les gens devraient avoir la liberté vestimentaire. Et dans l'idéal, personne ne prêterait attention au vêtissement des autres. Et c'est là que se situe l'essentiel du problème. Le problème est que notre propre comportement à nous, et reflété dans notre société, est de juger les autres et de vouloir forcer tous les autres humains à se rallier à une normalité qui est "ce que je fais moi". Bref, on juge et condamne, naturellement et inconsciemment, les comportements qui ne sont pas les nôtres.
Ecoutez-vous parler, des fois. Il m'arrive des fois de dire des horreurs qui me répugnent après coup, mais qui sont parfaitement acceptées dans notre société : rire d'une personne habillée différemment, évoquer les tatouages, les strings qui dépassent des pantalons, le maquillage, peu importe, d'un autre être humain de manière négative. Au final, on génère, nous même, une pression sociale, sans s'en rendre compte, répugnante de condescendance, de mesquinerie, de violence. Dire d'une nana légèrement vêtue "c'est un appel au viol" : et quoi ? Tous les êters humains sont des violeurs en puissance ? Quelle médiocrité de notre propre espèce. Il faut croire que la haine profonde, inconsciente parce que atavique, du corps humain est fondamentale. On se plaint souvent, aussi, de la surutilisation des corps de femmes dénudés pour vendre n'importe quoi, du slip à la photocopieuse. Mais ce n'est pas vraiment l'usage, qui est condamnable, que le fait que cela marche. Tant que les gens réagiront positivement à ce signal, les pubards continueront de l'utiliser. Eduquer un pubard, c'est vouloir éduquer un pied de chaise. Par contre, je garde espoir qu'on puisse un jour enseigner à la population que tout le monde est fait d'une tête, deux bras, deux jambes, un torse et un sexe. Tout le monde. Ce n'est finalement que le refus insconscient de ce fait qui amène le résultat actuel, avec une population plus que jamais mal dans sa peau, qui ricane bêtement ou hurle ou mate ou proteste dès que y'a un bout de peau qui dépasse ou un bout de tissu pas à sa place (d'ailleurs, le bout de peau qui provoque change régulièrement au cours de l'histoire).
C'est avec ces idées en tête, et l'abondante littérature anarchiste au sujet du nudisme, que j'ai abordé ce livre.
Le Bonheur D'Être Nu : Le Naturisme, Un Art De Vivre, de France Guillain
chez Albin Michel
ISBN n°978-2-226093-54-7
Le bouquin de France Guillain, pour aussi enthousiaste qu'il soit, est écrit de manière lisible, avec des chapitres découpés clairement. Elle y retrace à la fois sa propre vision du naturisme (qui pousse plus loin la réflexion sur la nudité avec des considérations d'hygiène de vie), mais elle part parfois dans des considérations assez annexes, ou des assertions avec lesquelles j'ai du mal à être d'accord.
Toutefois, la totalité est intéressante à lire et réponds à pas mal de questions que j'ai pu me poser sur le sujet. Elle répond principalement aux questions sociologiques (pourquoi ? comment ?) et aux questions que les gens se posent quand le sujet est abordé (questions généralement posées avec force ricanements).
Au final, le bouquin m'a apporté des réponses, certes, mais n'est guère qu'un point de départ sur ma réflexion alimentant le début de ce message, c'est à dire notre comportement de meute en matière de juger négativement ceux qui sortent de notre groupe. On nous as éduqués à ne pas juger certains critères (couleur de peau, religion, etc.) mais il nous reste un long, très long chemin à parcourir pour ce qui est d'arrêter, tout simplement, de juger les autres sur leur vêtement et leurs caractéristiques physiques. Aussi bien positivement que négativement, d'ailleurs. Non, un mec en costard de marque n'est pas forcément un type bien/riche/agréable, par exemple. Mais la tendance actuelle de vouloir servir de publicité ambulante à des logos relève du même mécanisme : "je suis ce que je porte".
Bref, il me semble que tout anarchiste devrait sauter le pas. Sans forcément adhérer à la totalité des valeurs naturistes, qui ont parfois des vieux relents d'angélisme désuet.
Mais, ô mes rares lecteurs, la prochaine fois qu'il vous prendra l'envie de pester contre un dénudement ou ricaner du vêtement d'une personne, posez-vous quelques questions sur vous-mêmes. "De quel droit est-ce que je me moque d'un autre être humain ?" "Si je peste, n'est-ce pas que ce dénudement m'a fait réagir ? Pourquoi ?"
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