mercredi 12 mai 2010

Big Brother Awards 2010 : les gagnants

Je vais faire court : c'est là.

Félicitations aux gagnants, qui peuvent rentrer avec fierté chez eux, saluer Big Brother et dire "J'ai gagné, c'est double-plus bon."

On notera la victoire de Eric Besson dans la catégorie Etats/Elus et surtout de Thierry Lhermitte et de Trident Media Guard dans laquelle il a des parts, dont le but va être de faire des sous via les dispositions de la célèbre (et lamentable) Hadopi.

Félicitations !


"Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l'accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l'apparence de la solidarité à un simple courant d'air."
~G. Orwell

vendredi 7 mai 2010

10 ans de Big Brother Awards

Putain, 10 ans…
Les joyeux drilles des Big Brother Awards (dont j'ai déjà parlé l'an dernier à la même époque) sont de retour avec une liste de nominés pas piquée des hanneton. Et en plus, en lecteur fidèle de Bug Brother, je transmets leur invitation à une après midi «spécial 10 ans».

Donc ce sera le 29 mai 2010 après-midi au théâtre La Belle Étoile. Plus d'infos ici.

jeudi 6 mai 2010

OGM : je pétitionne "Non"

Message de "OGM Je Dis Non" 

Un amendement parlementaire à la loi Grenelle 2 propose:
« La mise en culture, la récolte, le stockage, et le transport de végétaux génétiquement modifiés est interdite. »
Cet amendement des députés François de Rugy, Yves Cochet et Noël Mamère (Verts) devrait être discuté jeudi 6 ou vendredi 7 mai.
La pétition lancée par L'Ecologiste et l'association OGM Dangers a déjà recueilli 77 000 signatures pour l'interdiction des OGM. N'hésitez pas à la signer et à la faire signer, afin de montrer aux parlementaires le fort soutien de la population à cette mesure.
C'est la première fois que l'interdiction des OGM est proposée au vote des parlementaires.
Pour soutenir cette initiative, vous pouvez signer en ligne : www.ogm-jedisnon.org 

Solution locales pour désordre global cinématographique

Profitant d'une belle soirée bien froide de mai, je me suis réfugié dans la salle obscure et chaude des Sept Parnassiens pour y mater le documentaire de Coline Serreau.



Au cours de plusieurs voyages dans le monde agricole (France, Inde, Brésil, Afrique, Ukraine), Coline Serreau va interviewer de nombreux acteurs de l'agriculture bio/alternative, dont des membres du MST et le président de Kokopelli. On y découvre que les promoteurs de cette agriculture ne se contentent pas de geindre contre le vil suppôt capitaliste (comme les médias qui mentent le répètent inlassablement) mais, bien au contraire, proposent une véritable alternative qui fonctionne et donne de vrais résultats (en terme de production mais aussi d'emploi et d'environnement). Le sujet est passionnant et les intervenants excellents ; je pense particulièrement au couple d'ingénieurs en agronomie/microbiologie du sol.
Ce tour du monde présente donc des méthodes qui marchent provenant de gens qui obtiennent des résultats, seuls face à l'énorme machine industrielle qui passe leur temps à leur mettre des bâtons dans les roues. Saviez-vous qu'en France il est interdit même de _donner_ des semences qui ne soient pas dans un catalogue précis de semences autorisées dont le contenu est extrêmement inquiétant ? Je ne le savais pas non plus.

Bon, maintenant que j'ai dit tout le bien que je pensais du fond de ce film, passons à la forme. Là, par contre, c'est une catastrophe, malheureusement, qui nuit gravement au message, à sa diffusion et son acceptation. La caméra est très mal tenue. Je veux pas faire un catalogue exhaustif cruel et me contenterai des plus dérangeantes : image floue, effets de zoom malheureux, cadrage approximatif, montage hoquetant, caméra à l'épaule malheureuse, antagonisation du spectateur au début du film... La forme nuit vraiment au fond et c'est vraiment, vraiment, vraiment dommage.

Ça me fait de la peine de devoir en dire du mal... Car c'est un film à voir, pourtant, mais pour son contenu, en espérant qu'en sorte un livre...

lundi 3 mai 2010

Rubrique Nécrologique : Le Plan B

Mon cœur saigne. Un journal que j'avais plaisir à trouver chaque bimestre à mon kiosque (tenu par deux anars fort sympathiques) met fin à ses jours dans le silence assourdissant des Médias-Qui-Mentent. Il s'agit du Plan B, le "journal qui mord et qui fuit", rejeton de Pour Lire Pas Lu et (si j'ai bien compris) un peu de Fakir.
Le Plan B avait à cœur de rentrer dans le lard des médias français et de leur en mettre plein la pouille. Distribuant des "Laisse D'Or" chaque mois au journaliste considéré le plus servile, faisant le procès de "grands" de cet univers du copinage, dénonçant les collusions, les copinages, les renvois d'ascenseur, signalant la différence de traitement de l'actualité dans les quotidiens et fournissant des articles dont la qualité de la prose n'avait d'égal que la concentration moléculaire de l'acide ayant servi à les écrire.
J'adorais.
Il nous reste l'Acrimed et Fakir (ainsi que, en anglais, The Vile Plutocrat, dans un registre différent tout de même), mais les rangs s'éclaircissent dans le maigre groupe des journaux dignes héritiers de Hermann&Chomsky, Bourdieu.
Revenez. Vous me manquez déjà.


Quant à vous, mes rares lecteurs, pensez à acheter le dernier numéro dans votre kiosque le plus proche.

lundi 19 avril 2010

Au fond des archives personne ne vous entendra hurler

Hasard amusant : dans mon lieu de travail actuel, de l'autre coté du couloir, se trouve le bureau de l'auteur d'un récent opus sur la vie des assistantes (euphémisme pour "secrétaires"*). Dans son livre, elle présente de manière très amusante les déboires de la vie de ces piliers de la vie professionnelle que sont les secrétaires. Et je le dis avec sérieux : elles m'ont plus d'une fois sauvé la mise, que grâce leur en soit rendue.



Mon Chef Ce Héros de Sabrina Bellahcene
Edité par Les Petits Matins
ISBN n° 2-915879-69-9

Le livre est découpé en quatre parties : la première présente l'écologie de l'assistante : parcours, rêves, fonctionnement. Suit celle de son supérieur direct, celui (ou celle) avec lequel elle va passer la majorité de son temps : le Chef. S'ensuit une description du fonctionnement de leur relation symbiotique teintée de sang et de souffrance puis, enfin, la séparation.

Tout l'ouvrage est plutôt bien écrit, avec un clavier trempé d'un humour féroce et beaucoup d'ironie. Les Chefs s'en prennent quand même plein la poire et cela réjouit mon petit cœur d'employé subalterne, même sans être assistant. J'ai adoré le fait que le texte soit entrelacé de référence pop-culture (cinéma, comics, pubs, ...). C'est bien fait parce que le livre n'est pas une compil' d'humour référentiel comme j'en lis trop souvent. Là, les références sont des petites touches d'humour en plus pour ceux qui les suivent.

"Il y a comme un désespoir malsain dans ton rire." ~Tyler Durden, Fight Club (1999)

C'est en effet ce que je retiens de ce livre. Il est très drôle, très enlevé, mais il masque mal la douleur et le désespoir qui sont derrière. J'ai ri en le lisant, mais avec le sentiment de rire de la souffrance de quelqu'un. Ce livre semble l'exorcisation d'un métier difficile, dénué de reconnaissance et fatalement désespérant.
Ce n'est pas le premier livre de ce type, j'avais déjà parlé de l'Open Space M'A Tuer. L'actuelle apparition, bien que mineure, de livres ou documentaires de ce type sur tous les métiers montre bien que quelque chose cloche dans cette société. Surtout avec un ascenseur social en panne prolongée.

Un livre à lire pour se détendre, en ne faisant pas abstraction de la réalité qu'il recouvre.

* : elle le dit elle-même au début du livre.

mercredi 17 février 2010

Les coups tordus de Churchill

Si vous avez besoin d'un petit peu de détente entre deux études sur l'état de l'économie ou de la planète, je ne peux que recommander cet opuscule amusant sur Churchill. Son auteur, Bob Maloubier, 85 ans aux prunes, est un ancien espion qui a servi pour le SOE lors de la Seconde et visiblement fasciné par le personnage dont il fait une biographie à la fois sérieuse et romancée.


Les Coups Tordus de Churchill de Bob Maloubier
chez Calmann-Levy
ISBN : 978-2-702140-0-62

Le style d'écriture permet à ces 250 pages d'être rapidement dévorées, et le défaut que je trouverais au livre c'est de tomber dans le piège de la biographie : le personnage biographé est trop fort, trop grand, trop beau et il a tout fait. Sauf que dans le cas de Churchill, ce n'est pas tout à fait faux, vu à quel point il était au centre d'événements essentiels de l'histoire contemporaine.

Bref, le roman couvre la vie de Churchill, à travers le prisme de sa fondation et de son utilisation de l'appareil d'espionnage et de "deception" britannique. Des premiers coups fourrés réalisés par le bonhomme dans des guerres pour l'Empire Britannique à l'opération Fortitude, tout y passe, raconté sous la plume fascinée de l'auteur, qui a l'avantage d'avoir vécu en direct une partie des événements.

Une petite lecture qui repose et délasse en apprenant des choses sur l'homme, dont certains coups vraiment tordus. Par contre, le lecteur aura à coeur de pas se laisser emporter par l'enthousiasme de l'auteur : Churchill n'était pas tout blanc non plus (cf. Une Histoire Populaire De L'Empire Américain, tiens, d'ailleurs) et déjà entre les lignes transparaît l'aveu, parfois, que certaines opérations ont coûté très cher en vies humaines.