Au départ, je ne pensais pas en faire un billet, je l'avoue. Après tout, je l'avais achetée par curiosité, comme une simple bande dessinée "loisirs" ayant décidé de me concentrer ces temps-ci sur des lectures 'légères'. J'avise dans un rayon manga une jolie édition, et j'avais toujours souhaité découvrir cet auteur dont on m'avait souvent vanté le génie.
Léger ? Je ne m'étais jamais autant trompé de toute ma vie. Et je certifie : Osamu Tezuka est un génie de la BD. Son Histoire des 3 Adolfs en est la preuve. Quelle baffe, bon sang ! Ce n'est pas souvent qu'arrivé à la fin d'une BD j'ai un sentiment pesant d'une grande tristesse face à la souffrance des divers protagonistes de cette histoire, qui devient de plus en plus sombre au fur et à mesure qu'elle avance (en même temps que l'Histoire).
Revenons sur l'histoire. En 1936, à l'occasion des jeux olympiques de Berlin, un jeune reporter japonais, Sohei Togué, va récupérer de son frère des documents prouvant l'ascendance juive de Hitler. Son frère meurt à cause de ces documents, et Sohei jure de le venger en usant de ces documents. Les documents sont le McGuffin qui va créer toute l'histoire : plein de monde les recherchent, ils changent de main, disparaissent, réapparaissent, etc. A coté de Sohei, nous suivons aussi les aventures de deux gamins qui se jurent d'être amis pour la vie. Ce sont tous les deux des membres de la communauté allemande vivant à Kobé. Le premier s'appelle Adolf Kauffman et est germano-japonais. Son père l'inscrit, contre son gré, à l'Adolf Hitler Schule afin qu'il devienne un cadre du parti. Lui ne veut pas parce que son meilleur ami, Adolf Kamil, est un juif, le fils du boulanger.
Dans une histoire assez complexe, mortifiée par le déroulement de l'Histoire, les nombreux personnages de cette histoire vont se croiser, se recroiser, s'affronter, s'apprécier, vieillir, se marier, souffrir beaucoup.
On y voit comment Adolf Kauffman, un enfant idéaliste fort attachant, devient un monstre froid, fanatisé et aussi dément que son chancelier. Du point de vue du lecteur, on y découvre aussi un angle complètement ignoré par nous français de cette guerre, à savoir toute la partie Océan Pacifique et la manière dont ont été vécu les événements par la population japonaise, rarement traitée en cours d'Histoire. Au-delà de l'excellent scénario que Tezuka nous sers, au travers de personnages profonds, la partie historique est passionnante. En plus, ces ouvrages contiennent une partie "exégèse" où deux auteurs reviennent sur les éléments historiques abordés dans les livres.
Tezuka, malgré son trait simple, rond et gentil, évoquant un peu Tintin et Disney, nous sert une histoire d'une noirceur fuligineuse (j'ai pas souvent l'occasion de le placer, tiens, cuilà). A chacun des quatre volumes la vie des personnages descend un peu plus dans l'horreur, même s'ils ont droit à quelques moments de bonheur. De temps en temps, Tezuka introduit un gag ou deux afin d'alléger le propos, heureusement. Une fois fermé les livres, il m'a fallu faire une longue pause, pour absorber le choc que je venais de prendre.
Incroyable. Je confirme : Tezuka est un génie.
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L'Histoire des 3 Adolfs de Osamu Tezuka
4 volumes chez Tonkam
ISBN n°978-2759501380
Fiches de lectures de divers livres, d'une utilité discutable mais néanmoins présente, à l'usage du lecteur de gauche.
mardi 1 juin 2010
mercredi 12 mai 2010
Big Brother Awards 2010 : les gagnants
Félicitations aux gagnants, qui peuvent rentrer avec fierté chez eux, saluer Big Brother et dire "J'ai gagné, c'est double-plus bon."
On notera la victoire de Eric Besson dans la catégorie Etats/Elus et surtout de Thierry Lhermitte et de Trident Media Guard dans laquelle il a des parts, dont le but va être de faire des sous via les dispositions de la célèbre (et lamentable) Hadopi.
Félicitations !
"Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l'accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l'apparence de la solidarité à un simple courant d'air."
~G. Orwell
vendredi 7 mai 2010
10 ans de Big Brother Awards
Putain, 10 ans…
Les joyeux drilles des Big Brother Awards (dont j'ai déjà parlé l'an dernier à la même époque) sont de retour avec une liste de nominés pas piquée des hanneton. Et en plus, en lecteur fidèle de Bug Brother, je transmets leur invitation à une après midi «spécial 10 ans».
Donc ce sera le 29 mai 2010 après-midi au théâtre La Belle Étoile. Plus d'infos ici.
Les joyeux drilles des Big Brother Awards (dont j'ai déjà parlé l'an dernier à la même époque) sont de retour avec une liste de nominés pas piquée des hanneton. Et en plus, en lecteur fidèle de Bug Brother, je transmets leur invitation à une après midi «spécial 10 ans».
Donc ce sera le 29 mai 2010 après-midi au théâtre La Belle Étoile. Plus d'infos ici.
jeudi 6 mai 2010
OGM : je pétitionne "Non"
Message de "OGM Je Dis Non"
Un amendement parlementaire à la loi Grenelle 2 propose:
« La mise en culture, la récolte, le stockage, et le transport de végétaux génétiquement modifiés est interdite. »
Cet amendement des députés François de Rugy, Yves Cochet et Noël Mamère (Verts) devrait être discuté jeudi 6 ou vendredi 7 mai.La pétition lancée par L'Ecologiste et l'association OGM Dangers a déjà recueilli 77 000 signatures pour l'interdiction des OGM. N'hésitez pas à la signer et à la faire signer, afin de montrer aux parlementaires le fort soutien de la population à cette mesure.C'est la première fois que l'interdiction des OGM est proposée au vote des parlementaires.
Pour soutenir cette initiative, vous pouvez signer en ligne : www.ogm-jedisnon.org
Solution locales pour désordre global cinématographique
Profitant d'une belle soirée bien froide de mai, je me suis réfugié dans la salle obscure et chaude des Sept Parnassiens pour y mater le documentaire de Coline Serreau.

Au cours de plusieurs voyages dans le monde agricole (France, Inde, Brésil, Afrique, Ukraine), Coline Serreau va interviewer de nombreux acteurs de l'agriculture bio/alternative, dont des membres du MST et le président de Kokopelli. On y découvre que les promoteurs de cette agriculture ne se contentent pas de geindre contre le vil suppôt capitaliste (comme les médias qui mentent le répètent inlassablement) mais, bien au contraire, proposent une véritable alternative qui fonctionne et donne de vrais résultats (en terme de production mais aussi d'emploi et d'environnement). Le sujet est passionnant et les intervenants excellents ; je pense particulièrement au couple d'ingénieurs en agronomie/microbiologie du sol.
Ce tour du monde présente donc des méthodes qui marchent provenant de gens qui obtiennent des résultats, seuls face à l'énorme machine industrielle qui passe leur temps à leur mettre des bâtons dans les roues. Saviez-vous qu'en France il est interdit même de _donner_ des semences qui ne soient pas dans un catalogue précis de semences autorisées dont le contenu est extrêmement inquiétant ? Je ne le savais pas non plus.
Bon, maintenant que j'ai dit tout le bien que je pensais du fond de ce film, passons à la forme. Là, par contre, c'est une catastrophe, malheureusement, qui nuit gravement au message, à sa diffusion et son acceptation. La caméra est très mal tenue. Je veux pas faire un catalogue exhaustif cruel et me contenterai des plus dérangeantes : image floue, effets de zoom malheureux, cadrage approximatif, montage hoquetant, caméra à l'épaule malheureuse, antagonisation du spectateur au début du film... La forme nuit vraiment au fond et c'est vraiment, vraiment, vraiment dommage.
Ça me fait de la peine de devoir en dire du mal... Car c'est un film à voir, pourtant, mais pour son contenu, en espérant qu'en sorte un livre...
Au cours de plusieurs voyages dans le monde agricole (France, Inde, Brésil, Afrique, Ukraine), Coline Serreau va interviewer de nombreux acteurs de l'agriculture bio/alternative, dont des membres du MST et le président de Kokopelli. On y découvre que les promoteurs de cette agriculture ne se contentent pas de geindre contre le vil suppôt capitaliste (comme les médias qui mentent le répètent inlassablement) mais, bien au contraire, proposent une véritable alternative qui fonctionne et donne de vrais résultats (en terme de production mais aussi d'emploi et d'environnement). Le sujet est passionnant et les intervenants excellents ; je pense particulièrement au couple d'ingénieurs en agronomie/microbiologie du sol.
Ce tour du monde présente donc des méthodes qui marchent provenant de gens qui obtiennent des résultats, seuls face à l'énorme machine industrielle qui passe leur temps à leur mettre des bâtons dans les roues. Saviez-vous qu'en France il est interdit même de _donner_ des semences qui ne soient pas dans un catalogue précis de semences autorisées dont le contenu est extrêmement inquiétant ? Je ne le savais pas non plus.
Bon, maintenant que j'ai dit tout le bien que je pensais du fond de ce film, passons à la forme. Là, par contre, c'est une catastrophe, malheureusement, qui nuit gravement au message, à sa diffusion et son acceptation. La caméra est très mal tenue. Je veux pas faire un catalogue exhaustif cruel et me contenterai des plus dérangeantes : image floue, effets de zoom malheureux, cadrage approximatif, montage hoquetant, caméra à l'épaule malheureuse, antagonisation du spectateur au début du film... La forme nuit vraiment au fond et c'est vraiment, vraiment, vraiment dommage.
Ça me fait de la peine de devoir en dire du mal... Car c'est un film à voir, pourtant, mais pour son contenu, en espérant qu'en sorte un livre...
lundi 3 mai 2010
Rubrique Nécrologique : Le Plan B
Mon cœur saigne. Un journal que j'avais plaisir à trouver chaque bimestre à mon kiosque (tenu par deux anars fort sympathiques) met fin à ses jours dans le silence assourdissant des Médias-Qui-Mentent. Il s'agit du Plan B, le "journal qui mord et qui fuit", rejeton de Pour Lire Pas Lu et (si j'ai bien compris) un peu de Fakir.
Le Plan B avait à cœur de rentrer dans le lard des médias français et de leur en mettre plein la pouille. Distribuant des "Laisse D'Or" chaque mois au journaliste considéré le plus servile, faisant le procès de "grands" de cet univers du copinage, dénonçant les collusions, les copinages, les renvois d'ascenseur, signalant la différence de traitement de l'actualité dans les quotidiens et fournissant des articles dont la qualité de la prose n'avait d'égal que la concentration moléculaire de l'acide ayant servi à les écrire.
J'adorais.
Il nous reste l'Acrimed et Fakir (ainsi que, en anglais, The Vile Plutocrat, dans un registre différent tout de même), mais les rangs s'éclaircissent dans le maigre groupe des journaux dignes héritiers de Hermann&Chomsky, Bourdieu.
Revenez. Vous me manquez déjà.
Quant à vous, mes rares lecteurs, pensez à acheter le dernier numéro dans votre kiosque le plus proche.
Le Plan B avait à cœur de rentrer dans le lard des médias français et de leur en mettre plein la pouille. Distribuant des "Laisse D'Or" chaque mois au journaliste considéré le plus servile, faisant le procès de "grands" de cet univers du copinage, dénonçant les collusions, les copinages, les renvois d'ascenseur, signalant la différence de traitement de l'actualité dans les quotidiens et fournissant des articles dont la qualité de la prose n'avait d'égal que la concentration moléculaire de l'acide ayant servi à les écrire.
J'adorais.
Il nous reste l'Acrimed et Fakir (ainsi que, en anglais, The Vile Plutocrat, dans un registre différent tout de même), mais les rangs s'éclaircissent dans le maigre groupe des journaux dignes héritiers de Hermann&Chomsky, Bourdieu.
Revenez. Vous me manquez déjà.
Quant à vous, mes rares lecteurs, pensez à acheter le dernier numéro dans votre kiosque le plus proche.
lundi 19 avril 2010
Au fond des archives personne ne vous entendra hurler
Hasard amusant : dans mon lieu de travail actuel, de l'autre coté du couloir, se trouve le bureau de l'auteur d'un récent opus sur la vie des assistantes (euphémisme pour "secrétaires"*). Dans son livre, elle présente de manière très amusante les déboires de la vie de ces piliers de la vie professionnelle que sont les secrétaires. Et je le dis avec sérieux : elles m'ont plus d'une fois sauvé la mise, que grâce leur en soit rendue.

Mon Chef Ce Héros de Sabrina Bellahcene
Edité par Les Petits Matins
ISBN n° 2-915879-69-9
Le livre est découpé en quatre parties : la première présente l'écologie de l'assistante : parcours, rêves, fonctionnement. Suit celle de son supérieur direct, celui (ou celle) avec lequel elle va passer la majorité de son temps : le Chef. S'ensuit une description du fonctionnement de leur relation symbiotique teintée de sang et de souffrance puis, enfin, la séparation.
Tout l'ouvrage est plutôt bien écrit, avec un clavier trempé d'un humour féroce et beaucoup d'ironie. Les Chefs s'en prennent quand même plein la poire et cela réjouit mon petit cœur d'employé subalterne, même sans être assistant. J'ai adoré le fait que le texte soit entrelacé de référence pop-culture (cinéma, comics, pubs, ...). C'est bien fait parce que le livre n'est pas une compil' d'humour référentiel comme j'en lis trop souvent. Là, les références sont des petites touches d'humour en plus pour ceux qui les suivent.
"Il y a comme un désespoir malsain dans ton rire." ~Tyler Durden, Fight Club (1999)
C'est en effet ce que je retiens de ce livre. Il est très drôle, très enlevé, mais il masque mal la douleur et le désespoir qui sont derrière. J'ai ri en le lisant, mais avec le sentiment de rire de la souffrance de quelqu'un. Ce livre semble l'exorcisation d'un métier difficile, dénué de reconnaissance et fatalement désespérant.
Ce n'est pas le premier livre de ce type, j'avais déjà parlé de l'Open Space M'A Tuer. L'actuelle apparition, bien que mineure, de livres ou documentaires de ce type sur tous les métiers montre bien que quelque chose cloche dans cette société. Surtout avec un ascenseur social en panne prolongée.
Un livre à lire pour se détendre, en ne faisant pas abstraction de la réalité qu'il recouvre.
* : elle le dit elle-même au début du livre.
Mon Chef Ce Héros de Sabrina Bellahcene
Edité par Les Petits Matins
ISBN n° 2-915879-69-9
Le livre est découpé en quatre parties : la première présente l'écologie de l'assistante : parcours, rêves, fonctionnement. Suit celle de son supérieur direct, celui (ou celle) avec lequel elle va passer la majorité de son temps : le Chef. S'ensuit une description du fonctionnement de leur relation symbiotique teintée de sang et de souffrance puis, enfin, la séparation.
Tout l'ouvrage est plutôt bien écrit, avec un clavier trempé d'un humour féroce et beaucoup d'ironie. Les Chefs s'en prennent quand même plein la poire et cela réjouit mon petit cœur d'employé subalterne, même sans être assistant. J'ai adoré le fait que le texte soit entrelacé de référence pop-culture (cinéma, comics, pubs, ...). C'est bien fait parce que le livre n'est pas une compil' d'humour référentiel comme j'en lis trop souvent. Là, les références sont des petites touches d'humour en plus pour ceux qui les suivent.
"Il y a comme un désespoir malsain dans ton rire." ~Tyler Durden, Fight Club (1999)
C'est en effet ce que je retiens de ce livre. Il est très drôle, très enlevé, mais il masque mal la douleur et le désespoir qui sont derrière. J'ai ri en le lisant, mais avec le sentiment de rire de la souffrance de quelqu'un. Ce livre semble l'exorcisation d'un métier difficile, dénué de reconnaissance et fatalement désespérant.
Ce n'est pas le premier livre de ce type, j'avais déjà parlé de l'Open Space M'A Tuer. L'actuelle apparition, bien que mineure, de livres ou documentaires de ce type sur tous les métiers montre bien que quelque chose cloche dans cette société. Surtout avec un ascenseur social en panne prolongée.
Un livre à lire pour se détendre, en ne faisant pas abstraction de la réalité qu'il recouvre.
* : elle le dit elle-même au début du livre.
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