Certes, je joue parfois au jeu de rôles, et je trouve que c'est un chouette passe temps. Je trouve pas qu'il y ait grand chose à en dire ici bas, c'est pour quoi je ne m'étendrai pas plus sur le sujet (quoiqu'un jour je puisse faire un billet sur les univers de jeux de rôles et la présence en leur sein d'idées politiques ou non, mais il me faudrait du temps et l'amour de la controverse).
Récemment, une intégriste catho de service a raconté des bêtises obscurantistes dans une vidéo. Une connaissance à moi, croyant lui aussi, lui a répondu de fort belle manière, alors je fais tourner.
Bravo Cuchu.
PS : faut que je pense, en bon anar, à faire ce billet sur le petit recueil intitulé "Ni Dieu, Ni Maître" de Blanqui...
Fiches de lectures de divers livres, d'une utilité discutable mais néanmoins présente, à l'usage du lecteur de gauche.
mardi 26 juin 2012
lundi 25 juin 2012
Et si je refaisais le saut dans le temps ? Radioblogueur 2012
Taggé par M. Thomas Bé, je me dois donc de participer à l'exercice.
Ire areuh zi Rülz :
1 - choose your summer song (it doesn’t need to be a classic summer hit, can be very personal, from a local band, something that exemplifies your previous summers, anything goes really)
2 - write a blog post about it including a link to the music/YouTube video etc
3 - paste these rules, linking to the original post
4 - tag three bloggers to the keep the chain going following the same rules.
Thomas nous dit que les '90s sont finies et voilà t'y pas que j'vous sors ce bon vieux rock des '70s qui a bercé tous les voyages en bagnole avec mes parents, longtemps bien longtemps avant que je ne sache ce que veulent dire les paroles.
On va pas faire long, vous la connaissez. Le film est fun à condition de le voir au Studio Galande à Paris. Sinon, vous allez vous faire chier grave à la moitié. La musique est bonne et c'est LA cassette (dans sa version Original Cast, bien évidemment) qui tournait en boucle dans la bagnole quand on partait en road trip familial.
Sinon, pour ne pas déroger aux opinions étalées sur ce blog, je me permets de coller une autre chanson, plus raccord:
C'est presque d'actualité, même si l'événement originel date de 1985.
Pis lisez ça, aussi.
Et pis pour faire suivre, on va demander à l'apprenti photographe, au reviewer de progressif et à une couturière ingénieuse.
NB : vous avez échappé au célèbre "Tout nu et tout bronzé" de Carlos, c'est déjà pas mal ;)
Ire areuh zi Rülz :
1 - choose your summer song (it doesn’t need to be a classic summer hit, can be very personal, from a local band, something that exemplifies your previous summers, anything goes really)
2 - write a blog post about it including a link to the music/YouTube video etc
3 - paste these rules, linking to the original post
4 - tag three bloggers to the keep the chain going following the same rules.
Thomas nous dit que les '90s sont finies et voilà t'y pas que j'vous sors ce bon vieux rock des '70s qui a bercé tous les voyages en bagnole avec mes parents, longtemps bien longtemps avant que je ne sache ce que veulent dire les paroles.
On va pas faire long, vous la connaissez. Le film est fun à condition de le voir au Studio Galande à Paris. Sinon, vous allez vous faire chier grave à la moitié. La musique est bonne et c'est LA cassette (dans sa version Original Cast, bien évidemment) qui tournait en boucle dans la bagnole quand on partait en road trip familial.
Sinon, pour ne pas déroger aux opinions étalées sur ce blog, je me permets de coller une autre chanson, plus raccord:
C'est presque d'actualité, même si l'événement originel date de 1985.
Pis lisez ça, aussi.
Et pis pour faire suivre, on va demander à l'apprenti photographe, au reviewer de progressif et à une couturière ingénieuse.
NB : vous avez échappé au célèbre "Tout nu et tout bronzé" de Carlos, c'est déjà pas mal ;)
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vendredi 15 juin 2012
DMZ : Au plus près de la zone (démilitarisée)
Et voilà, c'est fini. Putain, j'aurai vraiment dévoré chacun des volumes de cette série comme un soiffard déshydraté face à une pinte de bière fraîche, au verre perlant de fraîcheur. Je vais d'ailleurs en profiter pour étendre le sujet à plusieurs comics parlant de la presse américaine.
DMZ, donc, est une série de comics américains créée et scénarisée par Brian Wood et illustrée par Ricardo Burchielli en majeure partie. Sous des couvertures qui claquent se cachent une histoire qui, bien que partant sur des bases friables, se développent en une vraie lettre d'amour pour New York City et ses habitants. Mais c'est aussi une bande dessinée où les personnages fricotent avec la politique, le pouvoir, les médias et n'en sortent aucunement indemne.
Dans un passé proche, le Midwest a lancé une seconde guerre civile et a conquis une part des USA, vers la côte Est, où le combat étant arrivé à un statu-quo sur l'île de Manhattan, désormais une zone démilitarisée fragile, où la population est prise dans l'étau étouffant de deux armées et de nombreux groupuscules locaux. La BD commence quand Matthew Roth, un stagiaire en journalisme, accompagne un célèbre journaliste (et accessoirement monumental trou du cul) pour un reportage à l'intérieur de la DMZ. Le susdit trou du cul se fait abattre avec ses sous-fifres par un sniper et seul Matty survit, avec une partie du matériel qu'il transportait pour l'autre. Seul relais de l'agence de niouzes au sein de la DMZ, celle-ci va le nommer sur le champ correspondant de guerre et le sommer de continuer le boulot. Au début, il va couvrir sereinement ce qui se passe et découvrir la vie au sein de l'île de Manhattan, avec ses snipers, ses factions, ses affamés, ses courageux. Par la suite, le héros découvre la censure, les jeux de pouvoirs, la politique, les collusions, les trahisons, etc. et il n'en ressortira ni propre ni indemne. Dernièrement, le 12è et dernier volume de la série vient d'être publié en anglais et achève cette superbe histoire avec la dureté d'un couperet. C'est gentillet au départ, mais ça prend carrément de l'ampleur au fur et à mesure.
A noter que Vertigo a sorti récemment en anglais un album appelé Channel Zero qui contient les graines d'idées qui germeront dans DMZ.
DMZ de Brian Wood et Ricardo Burchielli, 12 volumes en anglais chez DC Vertigo ou chez Urban Comics pour la VF

Channel Zero, Brian Wood, intégrale en 1 volume chez DC Vertigo
Puisqu'on parle de comics sur les journalistes, voici quelques autres lectures que j'ai beaucoup appréciées.J'ai déjà parlé de Joe Sacco et de Art Spiegelman, donc je ne parlerai pas d'eux ici, surtout qu'ils ne font pas dans la fiction.
D'abord, il y a le délirant, funky, déjanté, vulgaire et excellent Transmetropolitan. Dans un futur post-cyberpunk plutôt optimiste, Spider Jerusalem reprend son taf de journaliste dans le gros journal de la ville. Drogué, vindicatif, irascible mais aussi génial, cette copie conforme de Hunter Stockton Thompson va changer le visage de son pays en s'immiscant dans la politique nationale par ses tribunes au vitriol. Un humour grinçant, pas mal de répliques qui claquent et là aussi une critique de la collusion médias&politique.

Transmetropolitan, de Warren Ellis et Darick Robertson 11 volumes chez DC Vertigo ou chez Urban Comics pour la VF
Il y a aussi The Nightly News, une bande dessinée au graphisme proprement hallucinant, par Jonathan Hickman. Dans celui-ci, les médias sont submergés par un acte de violence majeur et n'arrivent pas à traiter le sujet autrement que par leur petit bout de lorgnette et c'est justement grâce à ça que la collusion média/corpos va prendre son pied.

The Nightly News, de Jonathan Hickman, chez Image Comics
Il ne me reste plus qu'à évoquer Shooting Wars. Il s'agit à l'origine d'un web comic où un vidblogger va se retrouver "embedded" dans une unité de l'armée américaine au Moyen Orient. Et forcément, ça tourne mal. Les médias indés face à la censure de la Grande Muette (l'armée) et les médias soumis. Pas forcément réussi graphiquement mais avec de belles trouvailles. Assez violent.

Shooting War, de Anthony Lappé et Dan Goldman, chez Grand Central Publishing
Il faudra un jour que je parle de la BD "Le Photographe", aussi.
Dans un passé proche, le Midwest a lancé une seconde guerre civile et a conquis une part des USA, vers la côte Est, où le combat étant arrivé à un statu-quo sur l'île de Manhattan, désormais une zone démilitarisée fragile, où la population est prise dans l'étau étouffant de deux armées et de nombreux groupuscules locaux. La BD commence quand Matthew Roth, un stagiaire en journalisme, accompagne un célèbre journaliste (et accessoirement monumental trou du cul) pour un reportage à l'intérieur de la DMZ. Le susdit trou du cul se fait abattre avec ses sous-fifres par un sniper et seul Matty survit, avec une partie du matériel qu'il transportait pour l'autre. Seul relais de l'agence de niouzes au sein de la DMZ, celle-ci va le nommer sur le champ correspondant de guerre et le sommer de continuer le boulot. Au début, il va couvrir sereinement ce qui se passe et découvrir la vie au sein de l'île de Manhattan, avec ses snipers, ses factions, ses affamés, ses courageux. Par la suite, le héros découvre la censure, les jeux de pouvoirs, la politique, les collusions, les trahisons, etc. et il n'en ressortira ni propre ni indemne. Dernièrement, le 12è et dernier volume de la série vient d'être publié en anglais et achève cette superbe histoire avec la dureté d'un couperet. C'est gentillet au départ, mais ça prend carrément de l'ampleur au fur et à mesure.
A noter que Vertigo a sorti récemment en anglais un album appelé Channel Zero qui contient les graines d'idées qui germeront dans DMZ.
DMZ de Brian Wood et Ricardo Burchielli, 12 volumes en anglais chez DC Vertigo ou chez Urban Comics pour la VF
Channel Zero, Brian Wood, intégrale en 1 volume chez DC Vertigo
Puisqu'on parle de comics sur les journalistes, voici quelques autres lectures que j'ai beaucoup appréciées.J'ai déjà parlé de Joe Sacco et de Art Spiegelman, donc je ne parlerai pas d'eux ici, surtout qu'ils ne font pas dans la fiction.
D'abord, il y a le délirant, funky, déjanté, vulgaire et excellent Transmetropolitan. Dans un futur post-cyberpunk plutôt optimiste, Spider Jerusalem reprend son taf de journaliste dans le gros journal de la ville. Drogué, vindicatif, irascible mais aussi génial, cette copie conforme de Hunter Stockton Thompson va changer le visage de son pays en s'immiscant dans la politique nationale par ses tribunes au vitriol. Un humour grinçant, pas mal de répliques qui claquent et là aussi une critique de la collusion médias&politique.
Transmetropolitan, de Warren Ellis et Darick Robertson 11 volumes chez DC Vertigo ou chez Urban Comics pour la VF
Il y a aussi The Nightly News, une bande dessinée au graphisme proprement hallucinant, par Jonathan Hickman. Dans celui-ci, les médias sont submergés par un acte de violence majeur et n'arrivent pas à traiter le sujet autrement que par leur petit bout de lorgnette et c'est justement grâce à ça que la collusion média/corpos va prendre son pied.
The Nightly News, de Jonathan Hickman, chez Image Comics
Il ne me reste plus qu'à évoquer Shooting Wars. Il s'agit à l'origine d'un web comic où un vidblogger va se retrouver "embedded" dans une unité de l'armée américaine au Moyen Orient. Et forcément, ça tourne mal. Les médias indés face à la censure de la Grande Muette (l'armée) et les médias soumis. Pas forcément réussi graphiquement mais avec de belles trouvailles. Assez violent.
Shooting War, de Anthony Lappé et Dan Goldman, chez Grand Central Publishing
Il faudra un jour que je parle de la BD "Le Photographe", aussi.
mardi 12 juin 2012
On croit quelquefois haïr la Flattrie...
... mais on ne hait que la manière de flatter.
J'adapte à ma manière le dicton de La Rochefoucauld pour parler de Flattr. Certains d'entre vous l'ont remarqué, j'ai collé un bouton "Flattr" sur le coté de ce blog pour permettre aux quelques uns qui aimeraient les messages de ce blog de se signaler, sachant que je reverserais la valeur de ces dons via flattr aussi.
Mais comment c'est-y que ça marche, vous dites-vous (ou pas) ?
Le principe, c'est que vous dédiez, chaque mois, une somme à distribuer, même très faible. Dans mon cas, 2€. Oui, c'est pas bézef, je vous l'accorde, mais c'est déjà ça (pis ça augmentera à l'occasion). Après, quand je vois un message de blog, une photo, un machin Internet doté d'un bouton "Flattr!" et que ça me plaît, je clique dessus. Pour peu que mon compte Flattr soit alimenté, il va, à la fin du mois, distribuer (2€/nombre de bidules flattés) à tous ceux que j'ai flattés. Si je flatte 2 trucs, ça fait 1€ chacun. Pour 4, ça fait 0.50€ chacun. Etc. Dans l'autre sens, les dons que je reçois, alimentent mon compte à moi.
Sachant que Flattr récupère 10% des dons. Evidemment, si tout le monde reverse les dons, c'est Flattr qui gagne. Mais j'espère que mes quelques sioux reversés s'ajouteront pour faire une somme correcte aux gens qui m'ont fourni du Bon Web.
Ce mois-ci, j'ai reçu 1.35€ via ce type de dons (récompensant les messages "Fantasmes d'Acier" et "Les Préjugés ça craint"). Dons qui vont donc alimenter le compte à Flattr qui m'est associé et qui iront récompenser les gens qui pour moi font du Bon Web. J'espère que nombreux seront ceux qui installeront ce bouton. J'espère aussi que Flattr finira par baisser la taille de sa commission (parce que ça fait cher la prestation de chambre de compensation).
J'adapte à ma manière le dicton de La Rochefoucauld pour parler de Flattr. Certains d'entre vous l'ont remarqué, j'ai collé un bouton "Flattr" sur le coté de ce blog pour permettre aux quelques uns qui aimeraient les messages de ce blog de se signaler, sachant que je reverserais la valeur de ces dons via flattr aussi.
Mais comment c'est-y que ça marche, vous dites-vous (ou pas) ?
Le principe, c'est que vous dédiez, chaque mois, une somme à distribuer, même très faible. Dans mon cas, 2€. Oui, c'est pas bézef, je vous l'accorde, mais c'est déjà ça (pis ça augmentera à l'occasion). Après, quand je vois un message de blog, une photo, un machin Internet doté d'un bouton "Flattr!" et que ça me plaît, je clique dessus. Pour peu que mon compte Flattr soit alimenté, il va, à la fin du mois, distribuer (2€/nombre de bidules flattés) à tous ceux que j'ai flattés. Si je flatte 2 trucs, ça fait 1€ chacun. Pour 4, ça fait 0.50€ chacun. Etc. Dans l'autre sens, les dons que je reçois, alimentent mon compte à moi.
Sachant que Flattr récupère 10% des dons. Evidemment, si tout le monde reverse les dons, c'est Flattr qui gagne. Mais j'espère que mes quelques sioux reversés s'ajouteront pour faire une somme correcte aux gens qui m'ont fourni du Bon Web.
Ce mois-ci, j'ai reçu 1.35€ via ce type de dons (récompensant les messages "Fantasmes d'Acier" et "Les Préjugés ça craint"). Dons qui vont donc alimenter le compte à Flattr qui m'est associé et qui iront récompenser les gens qui pour moi font du Bon Web. J'espère que nombreux seront ceux qui installeront ce bouton. J'espère aussi que Flattr finira par baisser la taille de sa commission (parce que ça fait cher la prestation de chambre de compensation).
vendredi 25 mai 2012
Les préjugés, ça craint
J'avais parlé il y a fort longtemps d'un petit livret que m'avait laissé la Cimade (wikipedia) dans ma boîte aux lettres. Il était excellent. J'ai trouvé hier un nouveau livret dans ma boîte aux lettres et je me sens tenu d'en parler tant il est excellent.
"On n'est plus chez nous."
"On ne peut pas accueillir toute la misère du monde."
"Ce sont tous des criminels, les chiffres sont là."
"La France aux français, la Bourgogne aux escargots."
Ad nauseam.
Marre.
Donc, si vous manquez de répondant contre ces soi-disant 'arguments', je ne peux que vous pousser à lire le petit livret de, quoi, dix pages ? fourni par la Cimade. Dans ce petit recueil, vous trouverez les réponses argumentées et chiffrées, avec force preuves, pour répondre à ces clichés dont l'inanité ne peut que révolter l'humaniste en vous.
Petit Guide pour lutter contre les préjugés sur les migrants (réédition), écrit et édité par la Cimade. Vous pouvez l'y télécharger.
"On n'est plus chez nous."
"On ne peut pas accueillir toute la misère du monde."
"Ce sont tous des criminels, les chiffres sont là."
"La France aux français, la Bourgogne aux escargots."
Ad nauseam.
Marre.
Donc, si vous manquez de répondant contre ces soi-disant 'arguments', je ne peux que vous pousser à lire le petit livret de, quoi, dix pages ? fourni par la Cimade. Dans ce petit recueil, vous trouverez les réponses argumentées et chiffrées, avec force preuves, pour répondre à ces clichés dont l'inanité ne peut que révolter l'humaniste en vous.
Petit Guide pour lutter contre les préjugés sur les migrants (réédition), écrit et édité par la Cimade. Vous pouvez l'y télécharger.
mardi 22 mai 2012
Les lianes et l'eau d'Issey
Normand Baillargeon, j'aime bien ce que j'ai lu de lui.Bon, certes, j'ai pas lu foule de livres de lui. Deux. Mais le premier était vraiment une petite merveille, et l'autre était fort intéressant. Aussi, quand j'ai vu son nom au-dessus du titre "Liliane est au lycée", je n'ai pas hésité et l'ai mis dans ma besace. Après paiement à ma libraire, qui me faisait les gros yeux en me voyant l'embarquer - je suis parfois distrait.
Le sous-titre de ce livre, paru dans une collection de Flammarion que je ne connaissais pas - Antidote - est : "Est-il indispensable d'être cultivé ?"
Baillargeon (canadien) part de la constatation suivante : les librairies françaises ont des rayons entiers de bouquins dédiés à un étrange animal, à savoir la Culture Générale. Nombre d'anecdotes médiatiques font état de politiques et autres célébrités pris en flagrant délit d'inculture (Lefebvre et son amour pour Zadig&Voltaire, par exemple). A partir de là, il essaie de comprendre ce qu'est la Culture Générale au sens généralement entendu, avant de la détruire.
En fait, l'auteur n'a rien contre la culture. Bien au contraire, sa conclusion est que la culture rend l'individu meilleur et qu'elle est une nécessité absolue pour le dialogue démocratique afin d'empêcher qu'il ne se transforme en guerre de propagande et de slogans (ce à quoi je répondrais qu'on en y est déjà hélas, cf. fiches précédentes sur le Storytelling). Ce qu'il défait, à raison, c'est l'organisation et les choix faits dans la somme d'éléments appelés Culture Générale qui est uniquement composée d'éléments provenant de l'occident, avec des choix extrêmement discutables, et méprisant à la fois les sciences "dures" ainsi que les éléments populaires (dans certains milieux on s'énorgueillit d'être nul en maths ou de ne pas savoir ce qu'est l'entropie*, de n'avoir jamais lu une bande dessinée ou ne pas savoir ce qu'est un comic**). A partir de là, il reconstruit une proposition de ce que devrait comporter une culture qui se veut générale telle qu'elle améliorerait la vie des citoyens qui y accèderaient, avec des vues sur l'éducation - des enfants ainsi que populaire - sans tomber dans la tentation relativiste et autres déraillements.
Le livre est bien fait et intéressant. J'ai beaucoup apprécié ses conclusions. Par contre, j'ai trouvé très très longue la première partie, assez répétitive, parfois péremptoire et j'ai même trouvé assez ironique (était-ce voulu ?) la destruction de la notion de Culture Générale à l'aide de citations. Le cri d'amour pour la philosophie qui orne un des chapitres est lui aussi un peu longuet, mais reste intéressant.
Bref, malgré ces quelques défauts, une bonne lecture et une thèse que je ne peux que défendre, qui m'a rappelé les spectacles Inculture de F. Lepage...
Liliane est au lycée de Normand Baillargeon
chez Flammarion, ISBN n°978-2-08126426-7
* : ce qui est, comme il le dit si bien, l'équivalent scientifique de n'avoir jamais lu un vers de Shakespeare
** : A mon humble avis, la BD américaine et ses super héros sont le reflet du pays qui les as créés, comme toute culture, et sont quelque chose à connaître au moins en surface pour mieux comprendre l'esprit qui habite les Etats-Unis
Le sous-titre de ce livre, paru dans une collection de Flammarion que je ne connaissais pas - Antidote - est : "Est-il indispensable d'être cultivé ?"
Baillargeon (canadien) part de la constatation suivante : les librairies françaises ont des rayons entiers de bouquins dédiés à un étrange animal, à savoir la Culture Générale. Nombre d'anecdotes médiatiques font état de politiques et autres célébrités pris en flagrant délit d'inculture (Lefebvre et son amour pour Zadig&Voltaire, par exemple). A partir de là, il essaie de comprendre ce qu'est la Culture Générale au sens généralement entendu, avant de la détruire.
En fait, l'auteur n'a rien contre la culture. Bien au contraire, sa conclusion est que la culture rend l'individu meilleur et qu'elle est une nécessité absolue pour le dialogue démocratique afin d'empêcher qu'il ne se transforme en guerre de propagande et de slogans (ce à quoi je répondrais qu'on en y est déjà hélas, cf. fiches précédentes sur le Storytelling). Ce qu'il défait, à raison, c'est l'organisation et les choix faits dans la somme d'éléments appelés Culture Générale qui est uniquement composée d'éléments provenant de l'occident, avec des choix extrêmement discutables, et méprisant à la fois les sciences "dures" ainsi que les éléments populaires (dans certains milieux on s'énorgueillit d'être nul en maths ou de ne pas savoir ce qu'est l'entropie*, de n'avoir jamais lu une bande dessinée ou ne pas savoir ce qu'est un comic**). A partir de là, il reconstruit une proposition de ce que devrait comporter une culture qui se veut générale telle qu'elle améliorerait la vie des citoyens qui y accèderaient, avec des vues sur l'éducation - des enfants ainsi que populaire - sans tomber dans la tentation relativiste et autres déraillements.
Le livre est bien fait et intéressant. J'ai beaucoup apprécié ses conclusions. Par contre, j'ai trouvé très très longue la première partie, assez répétitive, parfois péremptoire et j'ai même trouvé assez ironique (était-ce voulu ?) la destruction de la notion de Culture Générale à l'aide de citations. Le cri d'amour pour la philosophie qui orne un des chapitres est lui aussi un peu longuet, mais reste intéressant.
Bref, malgré ces quelques défauts, une bonne lecture et une thèse que je ne peux que défendre, qui m'a rappelé les spectacles Inculture de F. Lepage...
Liliane est au lycée de Normand Baillargeon
chez Flammarion, ISBN n°978-2-08126426-7
* : ce qui est, comme il le dit si bien, l'équivalent scientifique de n'avoir jamais lu un vers de Shakespeare
** : A mon humble avis, la BD américaine et ses super héros sont le reflet du pays qui les as créés, comme toute culture, et sont quelque chose à connaître au moins en surface pour mieux comprendre l'esprit qui habite les Etats-Unis
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mercredi 16 mai 2012
Deux petits livres et deux grosses BD
J'ai lu deux petits livres de chez Allia, mon éditeur de microbouquins favoris : No Exit et La Grève des Electeurs.
Pour une fois, je suis pas hyper convaincu. Le premier est la traduction d'un article de journal anglais sur notre Ex-président Zébulon, qui franchement enfonce des portes ouvertes par tout le monde sur les 5 dernières années. Le second est un texte que je pense qu'il est nécessaire de lire, une critique acerbe du concept de représentant élu plus qu'une critique de l'acte de voter. En très résumé : inutile d'aller voter parce que celui que vous élirez ne vous représentera pas et n'est là que pour son propre compte. C'est pas tout à fait vrai, et c'est aussi très loin d'être faux.
Cela a été écrit en 1888 et ça se sent. Aujourd'hui, je pense que plus personne n'est dupe, à part les militants (les vrais, les tatoués, les décérébrés). Quelques livres ont développé plus la critique de cette représentativité... Je pense à une nouvelle de SF où tous les postes sont donnés à la loterie, ainsi qu'à une étude de socio bien plus sérieuse étudiant les conséquences d'un tel système. J'en ai oublié les noms mais ça doit se googler aisément...
Et, enfin, les partisans de l'abstentionnisme ne m'ont jamais vraiment convaincu. Je veux bien qu'on en "tienne compte" comme ils le désirent, mais comment ? Et à quelles fins utiles ?
No Exit, de Philip Gourevitch ISBN n°978-2844855701
La Grève des Electeurs, d'Octave Mirbeau ISBN n°978-2844853172
Tous deux chez Allia
Après toutes ces émotions, je me suis tapé les deux tomes de Quai d'Orsay, la BD que, paraît-il, Galouzeau offrirait à tour de bras. C'est vrai que, surtout à la lecture du tome 2, il est difficile de douter de la parenté du personnage principal avec le dit Premier Ministre de Chirac qui fut, effectivement, au Quai d'Orsay de 2002 à 2004 et prononça un discours à l'ONU qui a marqué l'histoire de cette assemblée (on peut d'ailleurs se le procurer dans la petite collection de Points consacrée aux discours, que j'affectionne).
J'ai énormément aimé. On y voit le ministère des affaires étrangères de l'intérieur, décrit avec humour dans une caricature qui ne fait pas dans le lourdingue (on est pas dans le Gerra, ça change).
C'est avec une certaine affection et une, semble-t-il, très bonne connaissance des rouages, que les auteurs croquent les mécanismes de la politique étrangère française. Ils ont limé les numéros de série juste ce qu'il faut pour qu'on reconnaisse les événements, lieux et personnages sans qu'ils aient besoin de les citer. C'est bien mené, enlevé, positif et très agréable à lire. Une très chouette BD et je remercie mes potos d'EnQulture de me l'avoir collée dans les pognes.
Quai d'Orsay, Chroniques diplomatiques chez Dargaud
Deux volumes de Christophe Blain et Abel Lanzac (pseudo du scénaristes qui est probablement un membre du Quai d'Orsay)
ISBNs : 978-2205061321 (t.1) et 978-2205066791 (t.2)
Ils en parlent chez les corbeaux.
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