jeudi 15 novembre 2012

Câlinouuuuuuuuuxxxxx !!!

Je fais la fiche de ce tout petit livre parce qu'on m'a récemment fait remarquer le côté sombre, déprimant, de mes lectures. Bon. Aujourd'hui, un "feel good book", alors. Pis c'était la journée de la gentillesse l'autre jour...

Calinouuuuux


Je suis vraiment qu'une grosse madeleine. Ma copine dirait "gros nounours" et ça tombe bien, parce que ce livre est rempli de petit nounours. Alors voilà, un petit livret avec des nounours toucâlins, ben moi ça me fait quelque chose. Ben ouais. Alors j'ai lu ce petit livret en une vingtaine de minutes. Il dit pourquoi il faut faire des câlins et décrit les types de câlins. Le tout de manière très amusante, illustré avec de jolis dessins naïfs de gros nounours gentils qui se prennent dans les bras.


Y'a quand même une ou deux phrases qui m'ont dérangé, des phrases un peu "conservatrices" sur la famille (l'une dit que le plus souvent, c'est maman qui fait la vaisselle), mais je chipote, beaucoup. C'est vraiment chouette et je me sentais tout chose en le finissant. Un vrai "feel good book".


Le petit livre des gros câlins, de Kathleen Keating, illustré par Mimi Noland
chez Points, ISBN n°2757802550

mercredi 7 novembre 2012

On peut apprendre à tout âge en s'amusant

J'aime les Annales du Disque Monde depuis... Très très longtemps. En gros, il en sort dans les 2 par an, chaque année. Et chaque année je les achète et je les lis. Je viens de finir le 34è volume de la série et j'ai commencé au 5. Ca fait donc quelques années, surtout qu'en fait j'en ai lu 49 car tous ne sont pas de cette série même s'ils sont du même univers. Enfin, je disgresse et vous vous en tapez probablement. Disons que je suis avidement cette série depuis une vingtaine d'année... Et je viens de finir le dernier paru à ce jour, et c'est lui qui m'a donné envie de parler ici de cette série, parce qu'il y a matière.

Normalement, le Disque Monde est un univers médiéval fantastique. Mais, dès les tout premiers, chaque volume a servi à Pratchett comme laboratoire. L'idée est d'introduire une idée ou un comportement modernes dans un univers parfaitement établi et de regarder comment cette nouvelle idée se développe. Par exemple, comment la population d'une ville médiéval fantastique standard réagit-elle à l'arrivée du tout premier touriste ? "Vous dites qu'il est venu uniquement pour ... visiter ? Il est fou !"

Bon, on a un univers médiéval fantastique. Je passe sur les détails marrants sur la géophysique de l'univers, à savoir un monde en forme de disque, posé sur quatre éléphants, posés sur le dos d'une tortue, qui se balade dans l'espace, pour me consacrer à l'essentiel : un univers comportant des humains, des gobelins, des trolls, des nains, des vampires et des loups garous, des "Igors", une propension à se soumettre au cliché littéraire et où plus les gens croient en quelque chose, plus ce quelque chose est Vérité. Ca semble assez classique.

Maintenant, ajoutons-y une idée moderne.

Tenez : La Presse. C'est le cas dans la Vérité. Un homme décide de créer un journal, où il y écrirait les niouzes, avec une propension à vouloir dire la vérité. Bien sûr, certaines forces politiques de la ville détestent cela et cela amène à pas mal d'histoires cocasses mais, surtout, le lecteur découvre par l'exemple et avec humour les notions de censure, de liberté de la presse, de diffamation, etc.

Tenez : La Banque. C'est le cas dans Monnayé.
Tenez : La Police moderne, la Loi & l'Autorité. C'est le cas dans Guet des Orfèvres ainsi que dans Coup de Tabac.
Tenez : La Guerre, le Racisme (Coup de Tabac là aussi), le Pouvoir, l'Histoire, l'Immigration, la Religion, etc.


Bien sûr, tous les livres ne sont pas éducatifs de cette manière, mais l'univers de Pratchett dans ses détails, reste toujours moderne et évolue au fur et à mesure des volumes. Bref, cette série est vraiment une perle. Foncez*.

Coup de Tabac de Terry Pratchett chez l'Atalante (existe aussi en poche)
ISBN n°2-84172611-8

* : lisez-les en français. La traduction est excellente et en profite pour transcrire toute référence évidente pour un lecteur britannique en référence évidente pour un lecteur français. Chapeau bas, monsieur Couton.

mercredi 17 octobre 2012

Dans la joie jusqu'au cou

Hier soir, je me suis relu un classique des classiques en bande dessinée. Une classique méconnu, hélas. On se demande pourquoi. Les débuts de Griffo au dessin, qui donnera quelques œuvres géniales un peu plus tard, avec Dufaux, mais qui a ici un dessin qui n'est pas sans rappeler le style graphique de Watchmen, dont il faudrait que je cause un jour. Van Hamme au scénar, connu pour plein d'autre choses mais qui signe ici une histoire écrite à l'encre de la colère.



Dans un futur très très proche (et un peu passé, même, vu l'âge de la BD) le gouvernement a tout amélioré. La médecine est gratuite pour tous. Par contre, il y a une police médicale qui veille à ce que vous preniez bien toutes les précautions pour pas devenir malade, avec contrôle réguliers et amendes. Tout le monde a droit à un mois de vacances gratuites mais sans pouvoir choisir où ou quand et le bonheur y est obligatoire, sous peine de punitions. Tous vos fichiers sont centralisés, mais au moindre problème, vous n'existez plus et devenez un illég', un non-être. La justice, elle est fournie par un ordinateur centralisé qui ne se trompe jamais. Ou presque.

Un futur parfait, idéal, magnifique... cauchemardesque. Et la conclusion en est terrible.

Bien sûr, c'est très très très inspiré de 1984 d'Orwell. Je dirais même que SOS Bonheur est une mise en BD, avec quelques idées nouvelles, de ce qui fait le fond de 1984. Et c'est super bien fait. On ne peut attendre moins de l'excellent collection Aire Libre.

Alors, si vous voyez l'intégrale ou les volumes séparés de cette BD dans une brocante ou un magasin (l'intégrale reste dispo), jetez-vous dessus.

SOS Bonheur - 3 volumes ou 1 intégrale de Griffo et Van Hamme, chez Dupuis/Aire Libre
ISBN n°9782800126395

mercredi 5 septembre 2012

Si on n'a plus le droit de dire d'un livre que c'est une merde...

Alors voilà (merci Alias), je la fais courte : une blogueuse a critiqué un livre qu'elle avait payé avec ses sous. Le livre lui a pas plu. Elle l'a écrit. L'éditeur est venu lui chier dans les bottes, alors elle a retiré son article.
Dans ce genre de cas, que faisons-nous ?
Ben on streisande le truc, tiens.
Aussi : allez sur son blog. Lisez les trois derniers articles. Et streisandez-moi ça à votre tour.

Parce que ça pourrait nous arriver à tous.

"Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’Homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu’aux droits et devoirs définis dans la Charte de l’environnement de 2004." (Préambule de notre constitution)

Et donc :
"Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi." (article X de la dite déclaration de 1789)
Source : le site de l'assemblée nationale

(Ceci dit, je pense qu'Eolas dirait sûrement que je raconte n'importe quoi au niveau droit et il aurait sûrement raison, vu que lui sait de quoi il parle) 

MISE A JOUR : Alias propose un lien vers un guide d'autodéfense des blogueurs. Le voici
MISE A JOUR 2 : Quenouille a reçu un droit de réponse du 'pas éditeur'.

mardi 21 août 2012

Adieu, Roland.

ROLAND C. WAGNER est décédé. Un grand auteur malheureusement peu connu.

Tu m'auras beaucoup fait rêver avec tes univers. A quelques rares exceptions près, parce que je n'ai pas réussi à les trouver, j'aurai lu tout tes romans et ils m'auront tous plu.

A bientôt dans la psychosphère, j'espère.

mardi 24 juillet 2012

Hunter Stockton Thompson & Spider Jerusalem


Transmetropolitan, je pense que c'est ma BD préférée du moment. Le personnage principal est un journaliste au style direct, "gonzo", basé sur Hunter S. Thompson, tant dans la personnalité que le look (cherchez une photo de HST lors de la 'bataille d'Aspen') ou l'écriture. Au début de la bande dessinnée, il revient dans la ville, forcé de tenir une colonne. Une élection présidentielle va avoir lieu et il veut tout faire pour que "The Beast", le candidat sortant, ne soit pas réélu, au profit du "Smiler". Malheureusement, Smiler est encore pire que son prédecesseur, qui respectait encore vaguement quelques règles.
Vous vous demandez pourquoi j'en parle ? Ben parce que les bandes dessinées qui traitent de la collusion pouvoir-médias et qui plus est son bien écrits, enlevés, sans perdre de vue leur sujet, y'en a pas des tonnes. C'est le genre de BD qui vous enfonce deux doigts dans les narines pour vous coller les yeux sur la page jusqu'à ce que vous ayez fini le dernier tome, les yeux rougis par la fatigue, à des heures indues.

Transmetropolitan, Warren Ellis et Darick Robertson, chez DC Vertigo (en VO) et chez Urban Comics (en VF)

Mais pour parler de livres, je ne peux qu'évoquer avec plaisir le personnage dont Spider Jerusalem est issu. Hunter Stockton Thompson est une légende du journalisme. On a beaucoup parlé de sa personnalité borderline, avec force provocation et consommation de drogues et d'alcools. On parle trop peu de son style journalistique, sauf pour le décrire de manière un peu bizarre, un peu dénigrante. Parce qu'il est l'inventeur du style "gonzo" (ou se réclame comme tel) et a été imité jusqu'à la nausée par des tâcherons dénués de tout talent.
Ok, HST se met en scène dans ses articles, et il le fait avec un style provocateur, direct, violent, "dans ta face". Prenons l'exemple de "The Kentucky Derby is decadent and depraved", où il raconte comment il essaie de pénétrer la loge VIP. Ca se termine avec lui et son dessinateur qui fuient en bagnole, les yeux massacrés à la bombe lacrymo. On ne saura rien de la course. Sauf qu'au cours de cet article, HST parvient à décrire toutes les couches sociales présentes en détail, avec des constatations intéressantes sur le public que cet événement attire et pourquoi. Un excellent article. Et le style en fait un vrai plaisir à lire, jusqu'à son hilarante conclusion. C'est ça, HST. De l'excellent journalisme, un témoignage sur un pan assez particulier de l'Amérique d'une époque, dans un style déchaîné. Ce qu'il faut lire en priorité ce sont ses articles pour toutes sortes de journaux (Rolling Stone, National Observer, San Francisco Examiner, Playboy, Espn.com), rassemblés dans la collection des Gonzo Papers : The Great Shark Hunt, Generation of Swine, Songs of the Doomed, Better Than Sex et (je l'ajoute car il rentre dans la gamme même s'il n'en porte pas le nom) Hey Rube.
A ça s'ajoutent Fear and Loathing on the Campaign Trail '72, Fear and Loathing in Las Vegas et Hell's Angels. Sans parler de ses autres romans et de 3 films (Where the buffalo roams, Rhum Diary, F&L in Las Vegas).
Tout a été traduit en français ou est en passe de l'être, n'hésitez pas. Foncez.

jeudi 19 juillet 2012

Bienvenidos en Tijuana

Tijuana, l'une des villes les plus célèbres du Mexique. L'une des villes frontières. Le passage mythique pour tenter de fuir vivre chez les "gringos". Le départ d'un mur de la honte, un autre. Le décor de trouzaines de films. Le lieu de débauche de certains qui vivent au nord. Pour la plupart, une immense ville, fractionnée, travailleuse, intense. 60 millions de personnes passent la frontière chaque année, pour toutes sortes de raisons.


Pour des raisons de doc, j'ai cherché à en savoir plus sur cette ville qui cristallise tant de mythes modernes nord-américains. Et je suis tombé par hasard sur ce livre. Les trois auteurs ont tenté de donner un aperçu de ce qu'était Tijuana, d'à quoi ressemblait la vie réelle là. Immense mosaïque littéraire faite de photographies de rue et de citations de textes divers et nombreux provenant de toutes sortes de source (littéraires, documents officiels, articles de journaux, statistiques). Kaléidoscopique, le portrait est, bien sûr, incomplet et fragmenté, mais au final, difficile de donner un meilleur panoramique. Le lecteur, comme une mouche, recompose au final une image dans sa tête. J'ai rarement vu une meilleure façon de présenter une ville, quelle qu'elle soit (et pourtant, dieu sait que je me suis tapé des atlas de villes imaginaires bien péraves - Chaosium, celle là elle est pour toi).

Here is Tijuana, de Fiamma Montezemolo, Rene Peralta, et Heriberto Yepez
chez Black Dog Productions, ISBN n°1-9047724-55