Tiens, je vais faire un court message pour faire de la pub aux amis, aux assoces et aux journaux que je lis, que je suis ou que je soutiens. C'est un peu un bonus du billet précédent. C'est une sorte de "#FF" fait à la main, cette petite activité que l'on fait où on cite des auteurs de contenu web sur les réseaux sociaux pour les faire connaître.
Journaux
En ces temps de disparition du papier, il faut savoir que je reçois encore dans ma boîte aux lettres Le Canard Enchaîné et Le Monde Diplomatique. Je ne dispose plus réellement du temps pour lire intégralement le dernier mais cela reste le journal qui me propose les articles les plus fouillés, les plus recherchés, les plus travaillés. Quant à leur site, il est admirablement fourni en contenu et ce sans compter les blogs qu'il héberge. Notez que le Diplo est sur Flattr. Le Canard, quant à lui, il ne sers à rien de le présenter mais savez-vous que le site web vous propose la une du journal chaque semaine, assez souvent en avance de la sortie ? Je vais en profiter pour signaler l'excellent "James" et sa critique de l'actualité "on veut travailler pour le canard enchaîné".
Evidemment, avide de niouniouzes du monde libre, je lis Le Monde mais je suis aussi par RSS dans le désordre Fakir, El Pais, Acrimed, Observatoire des Médias, EFF, la BBC, Boing Boing, Democracy Now et la Quadrature du Net. Bon, il est loin le temps où je faisais tous les matins mon survol de toute cette presse.
Associations
Maintenant, les associations que je soutiens, moralement ou financièrement, qui ne sont qu'une très fine liste de toutes les ONG que j'aimerais aider dans leurs activités. La liste qui suit ne répète pas, évidemment, les noms cités plus haut.
Oxfam est une association qu'on ne présente plus, de même que Amnesty International, le Don du Sang ou la Croix Rouge.
APNEL et AJNF sont deux associations affiliées à la Fédération Française de Naturisme. La première (dont j'ai longuement parlé et dont le combat me tient à cœur) lutte pour la dépénalisation de la simple nudité. La seconde est simplement une organisation tentant de fédérer les jeunes naturistes, activité importante car ce milieu vieillit énormément pour plein de mauvaises raisons dues à des travers de notre société.
Kokopelli est une association qui lutte contre la fascinante absurdité qui consiste à vous empêcher de cultiver des plantes dont les semences n'ont pas été validées dans un catalogue contrôlé par des intérêts privés. Au point que vous ne pouvez normalement même pas donner des graines prohibées à un ami.
La Cimade, qui se bat, entre autres, pour le traitement humain des gens qui viennent en France sans avoir la chance d'y venir par choix.
Le Grog c'est mon coté geek rôliste. Une sorte de wikipedia du jeu de rôles fait à la main avec passion. Y'a aussi PTBPTG, des articles de fond sur le même sujet.
Blogs de poteaux
Des gens hyperactifs et intéressants, produisant de leur seul petit doigt plus de trucs intéressants que je ne le pourrai jamais de mes dix doigts. Vous avez mon respect et mon admiration.
Je vais sûrement en oublier des tonnes et ils vont sûrement tous m'en vouloir. A ceux que j'ai oublié : gueulez-moi dessus et je mets à jour. J'ai 103 flux RSS, alors c'est un peu 'auch.
Alias
Thomas B
Les corbeaux
Fiberevolution
Sakiko Jones
Ivy
Kagura
Tartofrez
Et pour le fun : Finders Keepers
Fiches de lectures de divers livres, d'une utilité discutable mais néanmoins présente, à l'usage du lecteur de gauche.
vendredi 31 mai 2013
Le suivi du vendredi (#FF)
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mercredi 29 mai 2013
Le rucher aux makerz.
J'ai pas encore lu le livre de Cory Doctorow mais vu que j'ai participé à des initiatives de ce genre, je me disais que je pourrais en parler. Surtout que ça prend de la force selon de nombreux axes et que ça me fait plaisir. C'est dit. Pis c'est un peu une suite à mon billet précédent (et à plusieurs autres).
Depuis quelques années, la sous-culture des "Makers" (ceusses qui font) et, plus généralement, une culture du demerdozisch se développe sacrément, aidée en cela par les actuelles technologies de communication sociale. L'idée, en gros, c'est de mettre directement en contact le détenteur du savoir faire avec le demandeur de ce même savoir, ou de partager le savoir-faire autant que possible, ainsi que locaux, outils, etc. Il y avait déjà une forte culture des squats culturels (si j'ose dire) et c'en est aussi une extension. Je vais prendre un exemple : une amie a près de chez elle un bar où se rassemblent des gens dotés de savoir faire (bricolage, électronique, couture, tricot, etc.) et entre eux ou pour les gens qui viennent les voir, ils proposent de mettre à disposition leurs talents pour bricoler, réparer, recoudre, remettre en route. Créer, aussi. Des gens se rassemblent et font. L'avènement des imprimantes 3D, dont l'achat est coûteux et l'utilisation complexe, est une addition intéressante puisqu'en plus ils peuvent créer ou refaire des pièces avec cet appareil. S'ajoute à cela la mise sur le marché d'un ordinateur simplissime à très vil prix permettant tout un tas d'automatisations et de création, d'un OS libre (linux), etc, etc.
Il y a aussi le crowdfunding, qui a permis la réalisation de plein de projets (du simple porte clef rigolo à la réouverture de librairies en passant par le photojournalisme) en étant subventionné directement par la foule des gens intéressés par le projet. Ou encore flattr, dont j'ai déjà parlé.
Dernière de mes découvertes : la Ruche qui dit oui. Il s'agit de commander localement, en groupe, à des producteurs et d'aller chercher ses produits à la fin de la semaine chez un des membres. Si le producteur n'a pas assez de commandes alors la commande est annulée. La règle étant que les produits doivent venir de productions proches de "la ruche" (le membre qui va récupérer les produits pour tout le monde). C'est l'occasion, en plus, de rencontrer le producteur et d'échanger. On peut même proposer à la ruche ses compétence pour donner des cours ou aider les autres membres de la ruche.
Bref, il y a un début d'autogestion, d'auto-organisation, de réalisations en commun, à l'échelon humain, décentralisé, loin des circuits qu'on nous a imposés, au sein même du système. Et ça, putain, ça me fait sacrément plaisir. Bravo à tous, les gens.
Depuis quelques années, la sous-culture des "Makers" (ceusses qui font) et, plus généralement, une culture du demerdozisch se développe sacrément, aidée en cela par les actuelles technologies de communication sociale. L'idée, en gros, c'est de mettre directement en contact le détenteur du savoir faire avec le demandeur de ce même savoir, ou de partager le savoir-faire autant que possible, ainsi que locaux, outils, etc. Il y avait déjà une forte culture des squats culturels (si j'ose dire) et c'en est aussi une extension. Je vais prendre un exemple : une amie a près de chez elle un bar où se rassemblent des gens dotés de savoir faire (bricolage, électronique, couture, tricot, etc.) et entre eux ou pour les gens qui viennent les voir, ils proposent de mettre à disposition leurs talents pour bricoler, réparer, recoudre, remettre en route. Créer, aussi. Des gens se rassemblent et font. L'avènement des imprimantes 3D, dont l'achat est coûteux et l'utilisation complexe, est une addition intéressante puisqu'en plus ils peuvent créer ou refaire des pièces avec cet appareil. S'ajoute à cela la mise sur le marché d'un ordinateur simplissime à très vil prix permettant tout un tas d'automatisations et de création, d'un OS libre (linux), etc, etc.
Il y a aussi le crowdfunding, qui a permis la réalisation de plein de projets (du simple porte clef rigolo à la réouverture de librairies en passant par le photojournalisme) en étant subventionné directement par la foule des gens intéressés par le projet. Ou encore flattr, dont j'ai déjà parlé.
Dernière de mes découvertes : la Ruche qui dit oui. Il s'agit de commander localement, en groupe, à des producteurs et d'aller chercher ses produits à la fin de la semaine chez un des membres. Si le producteur n'a pas assez de commandes alors la commande est annulée. La règle étant que les produits doivent venir de productions proches de "la ruche" (le membre qui va récupérer les produits pour tout le monde). C'est l'occasion, en plus, de rencontrer le producteur et d'échanger. On peut même proposer à la ruche ses compétence pour donner des cours ou aider les autres membres de la ruche.
Bref, il y a un début d'autogestion, d'auto-organisation, de réalisations en commun, à l'échelon humain, décentralisé, loin des circuits qu'on nous a imposés, au sein même du système. Et ça, putain, ça me fait sacrément plaisir. Bravo à tous, les gens.
lundi 13 mai 2013
Le travail n'est pas l'avenir
Je suis entrain de finir le célèbre texte de Paul Lafargue, le Droit à la Paresse, qu'il a écrit emprisonné à Ste Pélagie en 1833.
Dans son pamphlet, Lafargue réfute la conquête du droit au travail des ouvriers au XIXè siècle. Étant donné la nature du texte, nombre d'arguments sont éminemment discutables, cherchant le choc du slogan plus que la finesse du raisonnement. Malgré les oripeaux agressifs et les logiques parfois spécieuses, il a raison sur un point : en quoi travailler et devenir esclave salarié est-il une victoire ? Faire bénéficier un autre des fruits du travail commun pour un salaire de misère, 15 heures par jour, femmes et enfants compris, serait donc une victoire ? Belle victoire que voilà, sachant que la boucle génère plus de misère à chaque itération et donc la nécessité de "plus de victoire encore" (entendez : travailler plus pour gagner moins).
De nos jours, la question mérite encore plus d'être posée, plus encore si on veut envisager l'avenir car il faut voir les choses en face : le travail, c'est le passé. Dans une merveilleuse société qui fonce en courant vers le Progrès technologique, on remplace de plus en plus "les cons par des machines" (je cite La Survie de l'Espèce). Y'a qu'à voir les caisses automatiques des supermarchés, le "Roomba" ou les robots que les japonais adorent produire. Ou alors, matez Matrix pour une version exagérément apocalyptique... Et comme la technologie s'améliore, le seuil où on n'a plus besoin de vous augmente chaque année. Donc on a une civilisation qui est vouée à créer de plus en plus de chômage puisque, simplement, quand on exporte pas le travail ailleurs, on l'automatise. Et l'exportation, ce n'est que la solution temporaire, au contraire de l'automatisation : profitez en pour vous pencher sur la notion de Singularité Technologique et surtout de ce qui la précède. Si notre civilisation a pour simple vecteur principal de générer de plus en plus de chômeurs par simple suppression de toute forme d'emploi, jusqu'à quand va t on se faire chier avec une économie dont le pivot de base, datant (c'est si moderne) du XVIIIè siècle, est le travail ?
On a une sorte de religion sociétale du travail. Il faut travailler. On vous forme dès l'école vers le travail. Quand vous serez grand, vous travaillerez. Jusqu'à ce qu'on vous mette au rebu... pardon, à la retraite. Ne serait il pas nécessaire d'entamer un changement de paradigme avant d'en crever ?
Pour tous les délires de posture que nos gouvernants font afin de ne pas faire sursauter la ménagère de moins de 50 ans devant son écran à propos du travail et de la réduction du chômage, les aides de toutes sortes ont augmenté, sous la totalité des gouvernements (oui, même celui de Koko). L'article de Mme Chollet dans le dernier Monde Diplomatique (mai 2013) est donc éclairant : même nos gouvernants ont inconsciemment le sentiment que le travail et la rémunération sont à décorréler. On a pas le choix : faudra bien vivre dans un monde dénué de travail. Le 22è siècle sera celui du chômedu ou ne sera pas.
Paul Lafargue : Le Droit à la Paresse - Réfutation du droit au travail de 1848
aux édition ALLIA, ISBN n°2-84485-020-0
Texte complet ici.
Dans son pamphlet, Lafargue réfute la conquête du droit au travail des ouvriers au XIXè siècle. Étant donné la nature du texte, nombre d'arguments sont éminemment discutables, cherchant le choc du slogan plus que la finesse du raisonnement. Malgré les oripeaux agressifs et les logiques parfois spécieuses, il a raison sur un point : en quoi travailler et devenir esclave salarié est-il une victoire ? Faire bénéficier un autre des fruits du travail commun pour un salaire de misère, 15 heures par jour, femmes et enfants compris, serait donc une victoire ? Belle victoire que voilà, sachant que la boucle génère plus de misère à chaque itération et donc la nécessité de "plus de victoire encore" (entendez : travailler plus pour gagner moins).
De nos jours, la question mérite encore plus d'être posée, plus encore si on veut envisager l'avenir car il faut voir les choses en face : le travail, c'est le passé. Dans une merveilleuse société qui fonce en courant vers le Progrès technologique, on remplace de plus en plus "les cons par des machines" (je cite La Survie de l'Espèce). Y'a qu'à voir les caisses automatiques des supermarchés, le "Roomba" ou les robots que les japonais adorent produire. Ou alors, matez Matrix pour une version exagérément apocalyptique... Et comme la technologie s'améliore, le seuil où on n'a plus besoin de vous augmente chaque année. Donc on a une civilisation qui est vouée à créer de plus en plus de chômage puisque, simplement, quand on exporte pas le travail ailleurs, on l'automatise. Et l'exportation, ce n'est que la solution temporaire, au contraire de l'automatisation : profitez en pour vous pencher sur la notion de Singularité Technologique et surtout de ce qui la précède. Si notre civilisation a pour simple vecteur principal de générer de plus en plus de chômeurs par simple suppression de toute forme d'emploi, jusqu'à quand va t on se faire chier avec une économie dont le pivot de base, datant (c'est si moderne) du XVIIIè siècle, est le travail ?
On a une sorte de religion sociétale du travail. Il faut travailler. On vous forme dès l'école vers le travail. Quand vous serez grand, vous travaillerez. Jusqu'à ce qu'on vous mette au rebu... pardon, à la retraite. Ne serait il pas nécessaire d'entamer un changement de paradigme avant d'en crever ?
Pour tous les délires de posture que nos gouvernants font afin de ne pas faire sursauter la ménagère de moins de 50 ans devant son écran à propos du travail et de la réduction du chômage, les aides de toutes sortes ont augmenté, sous la totalité des gouvernements (oui, même celui de Koko). L'article de Mme Chollet dans le dernier Monde Diplomatique (mai 2013) est donc éclairant : même nos gouvernants ont inconsciemment le sentiment que le travail et la rémunération sont à décorréler. On a pas le choix : faudra bien vivre dans un monde dénué de travail. Le 22è siècle sera celui du chômedu ou ne sera pas.
Paul Lafargue : Le Droit à la Paresse - Réfutation du droit au travail de 1848
aux édition ALLIA, ISBN n°2-84485-020-0
Texte complet ici.
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vendredi 3 mai 2013
Semences open source ?
Ces temps-ci, mes lectures et activités ont été assez peu en rapport avec ce blog. Voyage, dessin, photo, déménagement.
Désolé de l'absence.
Histoire que vous ne vous ennuyiez pas trop, voici un lien vers un sujet intéressant :
Les semences en open source.
J'ai un ou deux livres en cours dont je vous recauserai.
Désolé de l'absence.
Histoire que vous ne vous ennuyiez pas trop, voici un lien vers un sujet intéressant :
Les semences en open source.
J'ai un ou deux livres en cours dont je vous recauserai.
mardi 19 mars 2013
Assez, assez.
Cet article est complet, et donc essentiel, sur le sujet.
Sexisme chez les geeks et y remédier
Et pas de TL;DR s'il vous plaît. Je vous vois venir. Vous le lisez jusqu'au bout. Même si ça vous mets mal à l'aise.
Une partie notable de la communauté geek est sexiste à un niveau gerbatoire. Elle a aussi des vieux relents de racisme, de condescendance, de rape-culture, etc. Et le reste de la communauté traite cela en mode déni, autruche ou minimisation. Bref; elle ne gère rien.
Assez.
Tout cela il faut le combattre. Quand vous voyez ce genre de comportement autour de vous, réagissez. A noter que si vous ne vous reconnaissez pas dans les comportements décriés (et c'est tant mieux), il est de votre devoir de ne pas laisser les autres faire. Le concours passif est une complicité comme les autres. Même par inaction. Ne vous y méprenez pas. En disant cela, ce n'est pas "faut être avec nous ou contre nous". La seule chose qui vous est demandée est :
Sexisme chez les geeks et y remédier
Et pas de TL;DR s'il vous plaît. Je vous vois venir. Vous le lisez jusqu'au bout. Même si ça vous mets mal à l'aise.
Une partie notable de la communauté geek est sexiste à un niveau gerbatoire. Elle a aussi des vieux relents de racisme, de condescendance, de rape-culture, etc. Et le reste de la communauté traite cela en mode déni, autruche ou minimisation. Bref; elle ne gère rien.
Assez.
Tout cela il faut le combattre. Quand vous voyez ce genre de comportement autour de vous, réagissez. A noter que si vous ne vous reconnaissez pas dans les comportements décriés (et c'est tant mieux), il est de votre devoir de ne pas laisser les autres faire. Le concours passif est une complicité comme les autres. Même par inaction. Ne vous y méprenez pas. En disant cela, ce n'est pas "faut être avec nous ou contre nous". La seule chose qui vous est demandée est :
| Si vous voyez quelque chose, dites quelque chose ! |
lundi 18 mars 2013
Movie Night
Coqueluche des oscars, chef d'oeuvre confirmant que Affleck est à la fois un bon acteur et un bon réalisateur, Argo est un excellent film. Il raconte en détail un événement annexe à la crise des otages de 1979 en Iran.
Le film est très bien fait. Il commence par raconter, de manière claire et sans trop de parti pris les événements ayant amené à la crise : la mise en place par la CIA du shah, ses dégâts sur l'économie locale, son hospitalisation, la prise de l'ambassade des USA locale. A partir de là, on suit un spécialiste de l'exfiltration de la CIA, joué par Affleck, qui va créer un énorme bateau pour faire sortir 6 américains qui se sont enfuis de l'ambassadeur et se planque chez l'ambassadeur du Canada. Son plan consiste à aller en Iran en faisant croire qu'il fait des repérages pour un film de SF appelé Argo, et que les 6 à exfiltrer sont en fait venus avec lui et sont le caméraman, le réalisateur, etc. Pour donner de la crédibilité, il se démerde pour faire croire à l'existence d'un vrai projet cinéma, avec un casting, un studio, une affiche etc. à tel point, et c'est le but recherché, que la presse ciné de Hollywood croit au projet.
Je résume pas tout le film mais son plan réussit, de justesse. Le film est super bien joué et tient son auditoire en haleine jusqu'à la dernière seconde. Et c'est un peu là que le bât blesse. Si l'histoire est bien réelle, la partie la plus "tendue", toute la montée de tension est en fait apocryphe. Il n'y pas eu de réelle tension à l'aéroport, et les exfiltrés ont d'ailleurs pris plusieurs avions séparés. Est-ce que c'est grave ? Pas tant que ça : globalement, le fond ne change pas et, si on oublie que le film donne surtout la primeur à la CIA contre le Canada qui n'a pourtant pas chômé, il reste un film et non un documentaire. Aussi cette tension était elle nécessaire pour scotcher le spectateur à son siège.
Ce qui est amusant, c'est que je suis aussi aller voir No, le film sur la campagne pour le référendum qui mit fin au règne de Pinochet.
Avec un parti pris malin de tourner en simili-VHS (on va dire en "lomographie"), le réalisateur peut sans mal mélanger les images de son film avec les images d'époque sans que le spectateur perçoive la différence. On suit un pubard très doué à qui les gauchistes chilien veulent confier les spots de 15' de leur camp, en faveur du Non (au règne prolongé de Pinochet). Il bosse dans la pub, il est globalement apolitique, contrairement à la mère de son fils qui passe son temps en cellule après les manifs auxquelles elle participe, lui reprochant son inactivisme quand elle passe à sa maison. D'un bout à l'autre, il sera surtout motivé par la réussite de sa campagne de pub et à montrer à son boss qu'il est meilleur que lui (son patron s'occuppant de la campagne du Oui).
Si ce morceau d'histoire est intéressant et la lutte par spot de pub, agrémenté de menaces et de répression, est passionnante, je reprocherais au film deux choses : d'abord, le personnage principal est absolument fade. Totalement neutre, mou, sans opinion, sans couleur, limite neurasthénique. Le scénario passe un bout du début du film à le mettre en place et à nous le présenter mais on ne s'identifie jamais vraiment parce qu'on ne parvient pas à s'y intéresser. On se fiche totalement de sa vie creuse, de ses longues vadrouilles en skateboard ou de sa neutralité absolue. On reporte son intérêt sur ce qui est important (la campagne) mais c'est vraiment dommage. Le personnage de son boss, par exemple, est plus intéressant. L'autre problème, c'est que si le traitement lomographique a des avantages (l'inclusion de séquences historiques sans "coutures"), il n'interdit pas de bien filmer. On n'est pas obligé de se taper des longs plans "plein soleil" où l'écran est tout jaune. Faire baver autant les couleurs n'était pas nécessaire. Les images d'époque ne sont pas si mauvaise et je me souviens assez bien que l'image VHS était pas si poucrave...
Bref, un film correct, fort intéressant historiquement, mais avec des défauts qui rendent parfois le visionnage pénible. En gros, les défauts opposés au précédent.
Le film est très bien fait. Il commence par raconter, de manière claire et sans trop de parti pris les événements ayant amené à la crise : la mise en place par la CIA du shah, ses dégâts sur l'économie locale, son hospitalisation, la prise de l'ambassade des USA locale. A partir de là, on suit un spécialiste de l'exfiltration de la CIA, joué par Affleck, qui va créer un énorme bateau pour faire sortir 6 américains qui se sont enfuis de l'ambassadeur et se planque chez l'ambassadeur du Canada. Son plan consiste à aller en Iran en faisant croire qu'il fait des repérages pour un film de SF appelé Argo, et que les 6 à exfiltrer sont en fait venus avec lui et sont le caméraman, le réalisateur, etc. Pour donner de la crédibilité, il se démerde pour faire croire à l'existence d'un vrai projet cinéma, avec un casting, un studio, une affiche etc. à tel point, et c'est le but recherché, que la presse ciné de Hollywood croit au projet.
Je résume pas tout le film mais son plan réussit, de justesse. Le film est super bien joué et tient son auditoire en haleine jusqu'à la dernière seconde. Et c'est un peu là que le bât blesse. Si l'histoire est bien réelle, la partie la plus "tendue", toute la montée de tension est en fait apocryphe. Il n'y pas eu de réelle tension à l'aéroport, et les exfiltrés ont d'ailleurs pris plusieurs avions séparés. Est-ce que c'est grave ? Pas tant que ça : globalement, le fond ne change pas et, si on oublie que le film donne surtout la primeur à la CIA contre le Canada qui n'a pourtant pas chômé, il reste un film et non un documentaire. Aussi cette tension était elle nécessaire pour scotcher le spectateur à son siège.
Ce qui est amusant, c'est que je suis aussi aller voir No, le film sur la campagne pour le référendum qui mit fin au règne de Pinochet.
Avec un parti pris malin de tourner en simili-VHS (on va dire en "lomographie"), le réalisateur peut sans mal mélanger les images de son film avec les images d'époque sans que le spectateur perçoive la différence. On suit un pubard très doué à qui les gauchistes chilien veulent confier les spots de 15' de leur camp, en faveur du Non (au règne prolongé de Pinochet). Il bosse dans la pub, il est globalement apolitique, contrairement à la mère de son fils qui passe son temps en cellule après les manifs auxquelles elle participe, lui reprochant son inactivisme quand elle passe à sa maison. D'un bout à l'autre, il sera surtout motivé par la réussite de sa campagne de pub et à montrer à son boss qu'il est meilleur que lui (son patron s'occuppant de la campagne du Oui).
Si ce morceau d'histoire est intéressant et la lutte par spot de pub, agrémenté de menaces et de répression, est passionnante, je reprocherais au film deux choses : d'abord, le personnage principal est absolument fade. Totalement neutre, mou, sans opinion, sans couleur, limite neurasthénique. Le scénario passe un bout du début du film à le mettre en place et à nous le présenter mais on ne s'identifie jamais vraiment parce qu'on ne parvient pas à s'y intéresser. On se fiche totalement de sa vie creuse, de ses longues vadrouilles en skateboard ou de sa neutralité absolue. On reporte son intérêt sur ce qui est important (la campagne) mais c'est vraiment dommage. Le personnage de son boss, par exemple, est plus intéressant. L'autre problème, c'est que si le traitement lomographique a des avantages (l'inclusion de séquences historiques sans "coutures"), il n'interdit pas de bien filmer. On n'est pas obligé de se taper des longs plans "plein soleil" où l'écran est tout jaune. Faire baver autant les couleurs n'était pas nécessaire. Les images d'époque ne sont pas si mauvaise et je me souviens assez bien que l'image VHS était pas si poucrave...
Bref, un film correct, fort intéressant historiquement, mais avec des défauts qui rendent parfois le visionnage pénible. En gros, les défauts opposés au précédent.
vendredi 8 mars 2013
Assez.
Aujourd'hui, c'est la journée internationale des droits des femmes. Abrégé par les pubards et les journaleux en "journée de la femme" parce qu'ils ont du mal au-delà de 3 mots de suite. Chaque année, c'est pareil, ça se transforme en journée de la blague machiste, florilège de bons mots bien pourraves, festival des meilleurs moments des épisodes de Capitaine Flam.
J'en ai ras le cul.
C'est pas comme si les 364 autres jours (+1/4 et parfois même une seconde intercalaire) étaient dénué de tout cela, bon sang. C'est aujourd'hui l'occasion de discuter un peu de ressenti, de se mettre un peu à la place de l'autre, de faire preuve d'un peu d'empathie et d'aller voir ce qui se passe pour elles dans le reste du monde parce que la situation est pas franchement à l'humour.
Regardez comme c'est rigolo :
/o\
Alors calmez un peu vos jeux de mots poucraves qui sont de toutes manières les même chaque année et gardez-les pour le reste de l'année. Ou pour vous. Ou pour jamais, pour personne.
Merci.
J'en ai ras le cul.
C'est pas comme si les 364 autres jours (+1/4 et parfois même une seconde intercalaire) étaient dénué de tout cela, bon sang. C'est aujourd'hui l'occasion de discuter un peu de ressenti, de se mettre un peu à la place de l'autre, de faire preuve d'un peu d'empathie et d'aller voir ce qui se passe pour elles dans le reste du monde parce que la situation est pas franchement à l'humour.
Regardez comme c'est rigolo :
/o\
- En France métropolitaine, une femme sur dix est victime de violences conjugales (enquête Enveff menée sur des femmes de 20 à 59 ans victimes au cours de l’année 1999).
- En France, en moyenne, une femme meurt tous les trois jours des suites de violences au sein du couple.
Alors calmez un peu vos jeux de mots poucraves qui sont de toutes manières les même chaque année et gardez-les pour le reste de l'année. Ou pour vous. Ou pour jamais, pour personne.
Merci.
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