Lisez-le : http://fourgentlemen.blogspot.com/2011/02/open-letter-to-national-peoples.html
Vous remarquerez que rien n'y est spécifiquement chinois... Tout cela est valide dans beaucoup de lieux de par le monde.
Fiches de lectures de divers livres, d'une utilité discutable mais néanmoins présente, à l'usage du lecteur de gauche.
lundi 28 février 2011
mardi 15 février 2011
Tweed : la fibre révolutionnaire
A Noël, j'ai reçu en cadeau un livre. Enfin, j'en ai reçu plein, mais j'ai aussi reçu celui là, d'amis qui m'ont dit : "en le voyant, on a tout de suite pensé à toi". Inquiet, je regarde ce qu'est l'ouvrage et rien qu'à lire le titre je pars d'un éclat de rire. Il s'agit du Manifeste Chap : Savoir-vivre révolutionnaire pour gentleman moderne, écrit par Gustav Temple et Vic Darkwood dans le cadre de la Confédération des Anarcho-Dandys. Mes amis me connaissent bien et ont du goût, je suis fier et flatté de les avoir auprès de moi.
Rien qu'au logo, la couleur est annoncée...
Ce livre est un petit bijou d'humour britannique, où les auteurs prônent rien de moins que la "révolution par le tweed" et plus exactement le droit pour un révolutionnaire d'être bien habillé. Il se décompose sous la forme de petits articles abordant tous les sujets (motivations, actions, habillement) avec des illustrations un peu rétro et un humour à froid d'une grande subtilité. On y apprend ainsi comment il convient de s'habiller pour lire chez soi, mais aussi les actions à entreprendre face à tous ces antres du mauvais goût que peuvent être les chaînes de magasin d'habillage, les fast-food, etc. Comment communiquer en utilisant ses jambes comme sémaphore et comment faire du sport (diantre) sans en donner l'air (ouf).
Bref, c'est un petit livre fort drôle qui, par certaines critiques satyriques donne parfois à réfléchir - sur les raisons de son engagement, ses goûts vestimentaires, et la place de l'élégance ainsi que la politesse dans la société actuelle - mais dont l'objet principal reste de s'amuser. Et d'être élégant. Rafraîchissant.
Je vous laisse, j'ai rendez-vous chez mon tailleur.
Le Manifeste Chap : Savoir-vivre révolutionnaire pour gentleman moderne, de Gustav Temple & Vic Darkwood, chez Equateurs
ISBN n° 2849901563
Site Web de Chap Magazine
Rien qu'au logo, la couleur est annoncée...
Ce livre est un petit bijou d'humour britannique, où les auteurs prônent rien de moins que la "révolution par le tweed" et plus exactement le droit pour un révolutionnaire d'être bien habillé. Il se décompose sous la forme de petits articles abordant tous les sujets (motivations, actions, habillement) avec des illustrations un peu rétro et un humour à froid d'une grande subtilité. On y apprend ainsi comment il convient de s'habiller pour lire chez soi, mais aussi les actions à entreprendre face à tous ces antres du mauvais goût que peuvent être les chaînes de magasin d'habillage, les fast-food, etc. Comment communiquer en utilisant ses jambes comme sémaphore et comment faire du sport (diantre) sans en donner l'air (ouf).
Bref, c'est un petit livre fort drôle qui, par certaines critiques satyriques donne parfois à réfléchir - sur les raisons de son engagement, ses goûts vestimentaires, et la place de l'élégance ainsi que la politesse dans la société actuelle - mais dont l'objet principal reste de s'amuser. Et d'être élégant. Rafraîchissant.
Je vous laisse, j'ai rendez-vous chez mon tailleur.
Le Manifeste Chap : Savoir-vivre révolutionnaire pour gentleman moderne, de Gustav Temple & Vic Darkwood, chez Equateurs
ISBN n° 2849901563
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mercredi 29 décembre 2010
Une saine indignation à un prix modique
Il paraît qu'on en parle partout. Je n'en sais rien. Pourtant, je ne fuis pas les médias (j'ai pas loin de 70 flux RSS de médias divers dans mon aggrégateur) juste la télévision, que je ne possède pas. Bref, j'ai donné trois roupies à la marchande en l'échange d'un exemplaire de "Indignez-vous !". C'est seulement rentré au foyer que l'un de mes parents me dit "ah tiens, tu l'as acheté ? On en parle partout."
Bon, moi qui croyait être tombé sur un petit opuscule méconnu, c'est loupé. En même temps, je me fiche de la célébrité du dit opuscule. L'essentiel, c'est qu'il soit bon. Alors, l'est-il ? Et de quoi parle-t-il ?
L'auteur, Stéphane Hessel, n'est pas un inconnu. Il fait partie de la poignée de résistants actifs encore en vie. Diplomate, ambassadeur, poète et l'un des rédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Excusez du peu. Les mots me manquent pour témoigner du respect que ce monsieur m'inspire.
Récemment, donc, il a rédigé Indignez-vous ! qui est une sorte de lettre ouverte aux français, ou mieux, à tous, qui, à l'heure actuelle, ne réagit plus vraiment aux horreurs qu'elle voit ou qu'elle subit. Qu'elle voit, surtout, via une société médiatisée omniprésente. Le titre, c'est un cri du coeur, le contenu, c'est un encouragement à sortir de l'acceptation muette. Un encouragement à réagir. Une explication, aussi, de ce qui a fait de M. Hessel l'homme qu'il est, de ce qui le meut. Et ça, c'est justement une indignation franche, digne, rageuse, qui le prend aux tripes et qui le fait avancer, aujourd'hui encore, après 93 années de luttes. Presque un siècle, à peine plus jeune que le code du travail originel (celui qui ne fut pas charcuté).
Oui, aujourd'hui, on oublie souvent de s'indigner. Plus qu'un bol d'air frais, ce livre est un verre d'eau froide à la gueule, pour se réveiller. A lire !
Indignez-vous ! de Stéphane Hessel
chez Indigène Editions
ISBN n°978-2-911939-76-1
Bon, moi qui croyait être tombé sur un petit opuscule méconnu, c'est loupé. En même temps, je me fiche de la célébrité du dit opuscule. L'essentiel, c'est qu'il soit bon. Alors, l'est-il ? Et de quoi parle-t-il ?
L'auteur, Stéphane Hessel, n'est pas un inconnu. Il fait partie de la poignée de résistants actifs encore en vie. Diplomate, ambassadeur, poète et l'un des rédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Excusez du peu. Les mots me manquent pour témoigner du respect que ce monsieur m'inspire.
Récemment, donc, il a rédigé Indignez-vous ! qui est une sorte de lettre ouverte aux français, ou mieux, à tous, qui, à l'heure actuelle, ne réagit plus vraiment aux horreurs qu'elle voit ou qu'elle subit. Qu'elle voit, surtout, via une société médiatisée omniprésente. Le titre, c'est un cri du coeur, le contenu, c'est un encouragement à sortir de l'acceptation muette. Un encouragement à réagir. Une explication, aussi, de ce qui a fait de M. Hessel l'homme qu'il est, de ce qui le meut. Et ça, c'est justement une indignation franche, digne, rageuse, qui le prend aux tripes et qui le fait avancer, aujourd'hui encore, après 93 années de luttes. Presque un siècle, à peine plus jeune que le code du travail originel (celui qui ne fut pas charcuté).
Oui, aujourd'hui, on oublie souvent de s'indigner. Plus qu'un bol d'air frais, ce livre est un verre d'eau froide à la gueule, pour se réveiller. A lire !
Indignez-vous ! de Stéphane Hessel
chez Indigène Editions
ISBN n°978-2-911939-76-1
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lundi 20 décembre 2010
Le dernier bouquin de l'année
Pour cette fin d'année, un billet sur un livre un peu déprimant. Malcolm Beith est un pigiste qui a essayé d'approcher le plus célèbre des chefs de cartel en activité, à savoir Joaquin Guzman, dit "El Chapo", et il dresse dans ce livre l'historique de la montée en puissance des cartels mexicains, de leurs guerres internes, de la guerre avec les gouvernements mexicains et américains, et de l'effet général de tout cela sur la population.
Et cet historique est triste. Et violent. Triste parce que, au global, le combat semble sans issue et perdu d'avance. La quantité d'argent en jeu est si phénoménale que les cartels ont les moyens de s'offrir cent fois les hommes politiques et les politiciens dont ils ont besoin pour se protéger de la loi. Et si vient un type décidé à tenir son serment, il finira le corps criblé de balles ou découpé en morceaux après quelques maigres victoires : la guerre contre la drogue a fait des dizaines de milliers de morts au Mexique. Corruption à tous les étages, démission générale, population soutenant parfois les criminels, le tableau est d'une noirceur de charbon. Ce qui ressort le plus de tout cela, c'est le pouvoir de l'argent, et de sentir qu'avec des chèques assez gros et nombreux le même drame pourrait survenir dans n'importe quel pays.
En termes d'écriture, si le livre est intéressant et bien écrit, il reste aussi anecdotique, dans le sens où le contenu manque de chiffres et de traitement en profondeur. Ce qui le rend certes facile à lire, mais il aurait été intéressant d'avoir plus d'information sur les actions gouvernementales mexicaines et américaines, qui ne sont traités, hélas, que d'une manière finalement légère donnant l'impression d'un poulet sans tête, qui court à l'aveuglette en attendant de s'effondrer. Or, malgré la corruption à grande échelle, la vision d'ensemble existe. D'ailleurs, certains acteurs envisageant des choses à grande échelle sont présentés, mais toujours via l'anecdote. C'est un peu dommage, donnant un aperçu des choses par petites touches concentriques plutôt qu'une grande fresque. Un autre petit reproche, c'est le sentiment d'une légère fascination de l'auteur pour Guzman, mais cela reste léger.
Un livre intéressant, aux informations récentes (début 2010) qui mérite d'être lu, mais qui mériterait d'être accompagné d'un ouvrage plus dense. En même temps, je réclame, je réclame, mais je suis pas sûr que j'aurais eu le courage de lire un ouvrage dense sur le même sujet, hihihi.
The Last Narco par Malcolm Beith (blog)
en anglais chez Penguin
ISBN n°9780141048390
Et cet historique est triste. Et violent. Triste parce que, au global, le combat semble sans issue et perdu d'avance. La quantité d'argent en jeu est si phénoménale que les cartels ont les moyens de s'offrir cent fois les hommes politiques et les politiciens dont ils ont besoin pour se protéger de la loi. Et si vient un type décidé à tenir son serment, il finira le corps criblé de balles ou découpé en morceaux après quelques maigres victoires : la guerre contre la drogue a fait des dizaines de milliers de morts au Mexique. Corruption à tous les étages, démission générale, population soutenant parfois les criminels, le tableau est d'une noirceur de charbon. Ce qui ressort le plus de tout cela, c'est le pouvoir de l'argent, et de sentir qu'avec des chèques assez gros et nombreux le même drame pourrait survenir dans n'importe quel pays.
En termes d'écriture, si le livre est intéressant et bien écrit, il reste aussi anecdotique, dans le sens où le contenu manque de chiffres et de traitement en profondeur. Ce qui le rend certes facile à lire, mais il aurait été intéressant d'avoir plus d'information sur les actions gouvernementales mexicaines et américaines, qui ne sont traités, hélas, que d'une manière finalement légère donnant l'impression d'un poulet sans tête, qui court à l'aveuglette en attendant de s'effondrer. Or, malgré la corruption à grande échelle, la vision d'ensemble existe. D'ailleurs, certains acteurs envisageant des choses à grande échelle sont présentés, mais toujours via l'anecdote. C'est un peu dommage, donnant un aperçu des choses par petites touches concentriques plutôt qu'une grande fresque. Un autre petit reproche, c'est le sentiment d'une légère fascination de l'auteur pour Guzman, mais cela reste léger.
Un livre intéressant, aux informations récentes (début 2010) qui mérite d'être lu, mais qui mériterait d'être accompagné d'un ouvrage plus dense. En même temps, je réclame, je réclame, mais je suis pas sûr que j'aurais eu le courage de lire un ouvrage dense sur le même sujet, hihihi.
The Last Narco par Malcolm Beith (blog)
en anglais chez Penguin
ISBN n°9780141048390
mardi 14 décembre 2010
Censure à la con et Loppsi 2 : mailez vos députés
Avaaz.org a mis en place un système permettant d'alerter ses députés. Je sais pas si spammer les boîtes des députés est une bonne idée in fine, mais le lien est là, au bout du texte repris de Avaaz :
REFUSONS LA
CENSURE D'INTERNET
Dans les prochaines heures, les députés français vont adopter les premiers articles d'une nouvelle loi répressive sur la sécurité qui instaurent une censure consistant à filtrer des sites internet -- une attaque dangereuse contre notre libertés démocratiques fondamentales.
Ceux qui défendent ces mesures prétendent qu’elles aideront à lutter contre la pédopornographie -- mais des groupes de citoyens et de lutte contre la pornographie infantile ont dénoncé la loi en indiquant qu’au contraire elle contribuerait à aggraver le trafic sexuel des enfants.
Nos députés ont 24 heures pour rejeter cette mauvaise proposition -- si nous soulevons une vague massive de pression citoyenne partout en France, nous pourrons obtenir un vote allant dans le bon sens et protéger notre démocratie. Envoyez un message urgent!
Ceux qui défendent ces mesures prétendent qu’elles aideront à lutter contre la pédopornographie -- mais des groupes de citoyens et de lutte contre la pornographie infantile ont dénoncé la loi en indiquant qu’au contraire elle contribuerait à aggraver le trafic sexuel des enfants.
Nos députés ont 24 heures pour rejeter cette mauvaise proposition -- si nous soulevons une vague massive de pression citoyenne partout en France, nous pourrons obtenir un vote allant dans le bon sens et protéger notre démocratie. Envoyez un message urgent!
lundi 8 novembre 2010
Sur la désobéissance civile - manuel & interview
J'avais promis un billet sur la désobéissance civile, le voici donc.
Le concept de désobéissance civile n'est pas nouveau. En effet, Thoreau, Gandhi, Martin Luther King en ont été les pionniers, désobéissant à l'autorité, de manière civile (à prendre au sens de "courtois", "pacifique", "civilisé",...). Greenpeace, Sortir du Nucléaire, les Faucheurs Volontaires, Casseurs de Pubs, etc. sont des associations qui pratiquent la désobéissance civile. En gros : ils connaissent la loi et pour faire avancer leurs idées, ils vont braver cette loi, quitte à en subir les conséquences, tout en tentant de mettre l'opinion publique de leur coté.
C'est quelque chose d'extrêmement difficile, d'extrêmement courageux. Il ne faut pas croire, cependant, que tout leur réussit ou que seuls des gens "bien" pratiquent ce type d'action (j'en veux pour exemple les "désobéissants fiscaux", brrrr !).
Certains ont beaucoup pratiqué la désobéissance civile et sont capables d'organiser des actions impressionnantes. Afin de partager la longue expérience acquise dans toutes ces actions, l'un d'entre eux a rédigé un manuel clair et concis pour apprendre à entreprendre correctement ce genre d'actions. Et c'est donc le :
Petit Manuel De Désobéissance Civile A L'Usage De Ceux Qui Veulent Vraiment Changer Le Monde de Xavier Renou
chez Syllepse
ISBN n°978-2-84950-232-7
Ce tout petit ouvrage contient tout ce qu'il est nécessaire de connaître pour :
- comprendre la notion de désobéissance civile
- comment organiser une action de ce genre
- comment contrôler et organiser le déroulement de l'action
- comment gérer l'après (opinion publique, médias, éventuellement prison)
Le tout en gardant à l'esprit que le but est quand même d'obtenir des résultats (directs ou indirects via l'opinion publique). Un très bon petit manuel. D'ailleurs, les quelques rolistes qui me lisent devraient eux aussi le lire, dans l'idée de concevoir des scénarios pour leurs jeux contemporains.
L'auteur organise parallèlement des stages de formation à la désobéissance civile, un peu partout en France
~=o0o=~
Et j'ai une surprise.Mon billet sur le nudisme et l'anarchisme avait été pas mal lu et, dans le cadre de la thématique sur la désobéissance civile, j'en ai profité pour contacter les gens de l'APNEL, l'Association pour la Promotion du Naturisme En Liberté.
Les gens de l'APNEL pratiquent la désobéissance civile puisque, d'une manière absolument civile, ils choisissent délibérément de désobéir à la loi (plus exactement à une certaine lecture de la loi) en organisant des actions, telles que les "randonues" : des randonnées en pleine nature, nus. Je les ai contactés pour une interview dont voici le compte rendu (ne possédant pas de dictaphone, il s'agit de la retranscription de mes notes dans un simple cahier, on m'excusera donc pour leur coté pèle-mêle).
Cet entretien a été réalisée par mail ainsi que lors d'une randonue à l'orée de Fontainebleau, dans les bruyères en fleur d'un coin isolé à deux pas du GR1. Lors de mon contact avec l'APNEL, Jacques & Sylvie m'ont gentiment invité à participer à un bivouac et randonnée naturistes. Je n'avais guère pratiqué que sur quelques plages, mais je suis quelqu'un de curieux qui aime expérimenter les choses dont il parle, aussi ai-je volontiers accepté le baptême proposé.
C'est ainsi que par un superbe samedi d'août en milieu d'après midi j'ai tombé mon short, non sans appréhension, au milieu de la nature, avec 8 autres personnes. Nous étions 4 hommes, 4 femmes et un enfant, la parité était donc respectée. Nous avons marché sur un petit chemin au milieu des arbres et des bruyères, avant de nous poser dans une clairière de sable fin. La lune presque pleine (gibbeuse, donc) éclairait comme un phare la bruyère en fleurs tandis que nous devisions autour de la lampe à acétylène.
Cette expérience, ma foi agréable, m'a permis de répondre beaucoup de questions que je me posais sur le naturisme mais il faut bien comprendre qu'au bout de dix minutes la nudité de tous est une information finalement complètement secondaire. On n'y prête rapidement plus attention, reste surtout la balade...
Je ne me pense cependant pas prêt à baguenauder ainsi régulièrement : j'ai encore des réticences personnelles, même si tout s'est très bien passé et dans une ambiance sympathique. En tout cas je comprends à présent très clairement ce que recouvre l'expression "banalisation de la nudité" : en effet, au bout de dix minutes, on s'en fiche. Et on fait une jolie randonnée dans un coin sympa. Pourquoi faire tout un fromage de quelques bouts de tissu ?
Mise à jour mai 2011 : l'interview a été reproduite dans le magazine en ligne des naturistes québécois dont le numéro est consultable au bout de ce lien.
lundi 16 août 2010
Les jours heureux avec un peu de pluie
Avec ce temps d'automne, on reste au chaud, un chocolat à la main, un livre dans l'autre, la fenêtre ouverte pour écouter la pluie tomber. Ou alors c'est juste moi. Toujours est-il que faute d'aller profiter du soleil, ce genre de temps me pousse vaguement à la morosité et j'en profite pour finir des lectures entamées y'a un moment.
Le titre va d'ailleurs bien avec le temps, quand j'y songe...
L'association "Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui", excédée devant la récupération politique faite par le gouvernement actuel de l'"imagerie" résistante d'une main tout en broyant les accomplissements de cette même résistance de l'autre, a décidé de rédiger un ouvrage sur le programme du Conseil National de la Résistance. Dans le sous-titre, l'objectif annoncé est clair : "Le programme du Conseil National de la Résistance de mars 1944 : comment il a été écrit et mis en œuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition." On peut difficilement faire plus clair comme thèse. Néanmoins, le contenu est hautement intéressant.
Bon, il va de soi que quand, comme moi, on a du mal avec les actions gouvernementales actuelles, le cerveau reçoit son petit 'fix' de 'je lis un truc en accord avec mes opinions' (ne riez pas, ce fut prouvé). Mais j'ai découvert aussi énormément de choses, à commencer par le programme du CNR.
La première partie du livre est en effet consacré à ce programme. Son contenu, d'une part, incroyablement visionnaire, humaniste et moderne. Quelque chose que, décidément, il faut avoir lu. Et, d'autre part, l'histoire de la rédaction de ce programme, car il a été écrit en pleine occupation, période répressive dure. Il a été écrit par un ensemble de gens aux opinions pas toujours très compatibles. Il a été écrit, enfin, avec à coeur les citoyens. Un peu comme le Bill of Right américain, que je trouve lui aussi incroyablement 'juste' encore aujourd'hui (bon, on peut en discuter autour d'une bière un jour).
Mais, le pire, du moins aux yeux des politicards actuels, c'est que ces promesses, ben ces mecs là les ont tenues ! Ça vous la coupe, hein, des politiciens qui tiennent leurs promesses ! Moi oui, en tout cas.
Le programme du CNR est donc divisé en deux parties. L'une, souvent oubliée aujourd'hui, consiste à déclarer ce que les membres du CNR vont faire pour libérer la France. L'autre, ce qu'ils vont faire une fois la guerre gagnée. Car aucune autre issue n'est envisageable. Cette partie historique est particulièrement émouvante, forte.
La suite du livre est inégale, mais néanmoins intéressante. Il s'agit de décrire comment chaque grande idée du programme (sécurité sociale, congés payés, retraite, etc.) est soigneusement dézinguée par les gouvernements successifs à partie des années 1960. Le pire étant le gouvernement actuel.
Quand les mecs du CNR ont gratté leur programme, les "jours heureux", le pays était en ruines. Toute une génération venait de crever. Toute une industrie ravagée. Et une France composée de survivants. A coté, nous et les crises qu'on nous sers pour nous pourrir chaque minute un peu plus la vie et l'avenir, on passe pour des nababs. Bref, ils avaient des couilles, là où on baisse la nuque.
En résumé, ce livre mets une sacrée baffe, et une saine colère commence doucement à naître dans l'estomac du lecteur au fur et à mesure des pages, même si les articles sur le démantèlement peuvent paraître parfois un peu trop énervés.
De nos jours, la colère, c'est assez sain. Si elle est dirigée contre les bonnes cibles.
Les Jours Heureux - Le programme du Conseil National de la Résistance de mars 1944 : comment il a été écrit et mis en œuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition.
par Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui
ISBN n°978-2707160164 à La Découverte
L'avis d'Alias
Le titre va d'ailleurs bien avec le temps, quand j'y songe...
L'association "Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui", excédée devant la récupération politique faite par le gouvernement actuel de l'"imagerie" résistante d'une main tout en broyant les accomplissements de cette même résistance de l'autre, a décidé de rédiger un ouvrage sur le programme du Conseil National de la Résistance. Dans le sous-titre, l'objectif annoncé est clair : "Le programme du Conseil National de la Résistance de mars 1944 : comment il a été écrit et mis en œuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition." On peut difficilement faire plus clair comme thèse. Néanmoins, le contenu est hautement intéressant.
Bon, il va de soi que quand, comme moi, on a du mal avec les actions gouvernementales actuelles, le cerveau reçoit son petit 'fix' de 'je lis un truc en accord avec mes opinions' (ne riez pas, ce fut prouvé). Mais j'ai découvert aussi énormément de choses, à commencer par le programme du CNR.
La première partie du livre est en effet consacré à ce programme. Son contenu, d'une part, incroyablement visionnaire, humaniste et moderne. Quelque chose que, décidément, il faut avoir lu. Et, d'autre part, l'histoire de la rédaction de ce programme, car il a été écrit en pleine occupation, période répressive dure. Il a été écrit par un ensemble de gens aux opinions pas toujours très compatibles. Il a été écrit, enfin, avec à coeur les citoyens. Un peu comme le Bill of Right américain, que je trouve lui aussi incroyablement 'juste' encore aujourd'hui (bon, on peut en discuter autour d'une bière un jour).
Mais, le pire, du moins aux yeux des politicards actuels, c'est que ces promesses, ben ces mecs là les ont tenues ! Ça vous la coupe, hein, des politiciens qui tiennent leurs promesses ! Moi oui, en tout cas.
Le programme du CNR est donc divisé en deux parties. L'une, souvent oubliée aujourd'hui, consiste à déclarer ce que les membres du CNR vont faire pour libérer la France. L'autre, ce qu'ils vont faire une fois la guerre gagnée. Car aucune autre issue n'est envisageable. Cette partie historique est particulièrement émouvante, forte.
La suite du livre est inégale, mais néanmoins intéressante. Il s'agit de décrire comment chaque grande idée du programme (sécurité sociale, congés payés, retraite, etc.) est soigneusement dézinguée par les gouvernements successifs à partie des années 1960. Le pire étant le gouvernement actuel.
Quand les mecs du CNR ont gratté leur programme, les "jours heureux", le pays était en ruines. Toute une génération venait de crever. Toute une industrie ravagée. Et une France composée de survivants. A coté, nous et les crises qu'on nous sers pour nous pourrir chaque minute un peu plus la vie et l'avenir, on passe pour des nababs. Bref, ils avaient des couilles, là où on baisse la nuque.
En résumé, ce livre mets une sacrée baffe, et une saine colère commence doucement à naître dans l'estomac du lecteur au fur et à mesure des pages, même si les articles sur le démantèlement peuvent paraître parfois un peu trop énervés.
De nos jours, la colère, c'est assez sain. Si elle est dirigée contre les bonnes cibles.
Les Jours Heureux - Le programme du Conseil National de la Résistance de mars 1944 : comment il a été écrit et mis en œuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition.
par Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui
ISBN n°978-2707160164 à La Découverte
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