La Quadrature du Net est au bord de la banqueroute. Pas assez de dons, des citoyens qui s'en tapent, des e-citoyens qui s'en fichent et même des "activistes" online qui font rien alors que, pourtant, ils sont sensiblisés à ces sujets.
J'avoue que, moi même, j'avais donné l'an dernier et pas cette année.
Ce qu'ils font, c'est rien d'autre que tenter de maintenir Internet libre, plutôt que de le voir transformé en combinaison de supermarché, de cauchemar de George Orwell et de terreur nocturne de Franz Kafka.
Si vous lisez ce blog, c'est que le sujet vous intéresse. Allez donc faire un clic et un don sur la bannière à droite de ce billet. Ce sera bien pour tout le monde et ce sera toujours mieux que d'acheter une autre merdouille de Noël au cousin au quatorzième degré. Là, vous faites un cadeau à TOUS.
Fiches de lectures de divers livres, d'une utilité discutable mais néanmoins présente, à l'usage du lecteur de gauche.
vendredi 19 décembre 2014
mercredi 10 décembre 2014
Pirate Bay est offline
Bref, comme il le dit mieux que moi, je préfère vous laisser lire un article complet, bien écrit et concis sur le sujet. Allez, allez... La médiocrité intellectuelle de la classe politique, tout pays et partis confondus, de notre époque est sans égale dans toute l'Histoire.
jeudi 30 octobre 2014
Sécurise ta vie internet, bon sang !
Salut vous tous qui me lisez si nombreux (les beaux jours, vous êtes un poil au-dessus de 10, c'est dire).
On donne de plus en plus de présence à Internet dans notre vie. Blogs, fessebouc, réseaux sociaux, achats numériques... Et malgré ça, y'a des gens qui viennent se plaindre que leur vie est déballée sur le net. Je me suis décidé à moi aussi faire un petit guide. C'est parti. Note préliminaire importante : ce guide ne prétend ni être exhaustif ni vous protéger de partout ou avec une quelconque certitude. Je vous file des conseils pour que votre sécurité soit "mieux que rien", c'est tout.
D'abord, ton navigateur.
- oublie Internet Explorer. Désinstalle-moi cette drouille. Installe autre chose, un Firefox, un Opera, un Chrome/Iron, etc.
- ensuite, tu ouvre les préférences de ton logiciel, et tu mets fin à tout ce qui te paraît faille de sécurité : oui, je veux utiliser du crypté, non je veux pas conserver mes données navigateurs, non je veux pas de cookie tiers, non je veux pas que les cookie restent advitam sur mon ordi, etc.
- ensuite, c'est la foire aux plugins : d'abord, tu installes Adblock (et pas Adblock plus). T'es si fan de pub que tu veux t'en manger chaque fois que tu ouvres un fenêtre ? Moi non plus. Ite missa est. Après, tu me fais le plaisir d'installer HTTPS Everywhere pour que, chaque fois qu'il le peut, ton navigateur utilise la version sécurisée/cryptée des sites auxquels il accède. Zou. On continue : Privacy Badger, Ghostery, DoNotTrackMe... Ces plugins font que ton navigateur arrête de nourrir les sites que tu visites avec tes infos perso. Ils demandent un peu de tuning chaque fois que tu accèdes à un nouveau site web mais on s'y fait vite. Les derniers : NoScript (fini les petits programmes qui tournent en douce sur l'ordi), Mailvelope (pour crypter/signer tes emails).
Ensuite, ton utilisation des réseaux sociaux.
Le mieux, c'est de ne pas en utiliser. Ok, bon, je te connais... T'as pas résisté, hein ? Bon, pour fessebouq, il te faut l'extension Social Fixer, qui corrige pas mal de merdouilles sur ce site, y compris sur la présentation globale.
Mais, avant ça, tu vas un peu te sortir les doigts : d'abord, tu organises tes contacts en groupes/listes/cercles de sécurité croissante. Ex : ta famille, tes amis proches à la vie à la mort, tes amis, tes connaissances, le reste du monde. Et tu arrêtes de poster en mode "public", bordel. C'est pas parce qu'un contact s'appelle "ami" sur fessebulles que c'est un ami. Hint : c'est qu'un contact. Maintenant que tu postes que pour une audience limitée, tu vas aussi aller dans les réglages de sécurité de ton réseau social et virer tout ce qui est en mode "public" pour tout mettre en "personne sauf..." ou équivalent en désignant des groupes/listes précis à chaque fois. Tac.
Les mails ? T'as installé mailvelope, c'est bien. Si tu peux, essaie de monter un serveur mail sur ton ordi, c'est encore le mieux mais c'est chaud. Donc, si tu veux, reste sur un gros fournisseur gratuit (et prie). Google semble encore pas trop crade pour le moment sur le contenu des mails...
Passons aux mots de passe et logins. Déjà, tu vas aller sur tout les sites que tu utilises et activer le login en deux étapes. En gros, chaque fois que quelqu'un se connecte avec ton compte sur ton ordi, un mot de passe envoyé par SMS est demandé en plus. Il faut donc aussi avoir le téléphone correspondant pour se connecter (dommage si tu te fais voler ton téléphone en même temps que ton ordi, mais ça complique le crackage du compte sans se rendre coupable de voies de fait et recel et c'est déjà pas mal).
Ensuite, tu peux envisager de te faire un mot de passe "normal" pour les sites de sécurité faible : forums, sites à la con où tu files aucune données perso, pas même ta date de naissance. Inutile de se faire trop chier. Après ça, les sites clefs : mail, banque, etc. Là, tu me sors le grand jeu. Des mots de passe _différents_. Long, chiants, imbitables. Eeeeeh oui.
Si ça te casse les gonades, utilise un truc genre 1password. C'est pratique et ça marche bien (en plus, c'est directement intégré aux applications sur certains OS, tels iOS8). Ca va te générer des mots de passe ultra clean pour chaque site et tu n'auras plus qu'un (long, chiant, imbitable) mot de passe à mémoriser, celui de ce qui n'est autre qu'un trousseau de clefs.
Enfin, le compte mail de récupération des mots de passe : tous les services internet te demandent de fournir une adresse mail pour récupérer le mot de passe en cas de perte. Les sites de basse et moyenne importance, tu les fais pointer sur ton compte mail. Les sites de haute importance (dont le susdit compte mail), tu les fais pointer sur une autre adresse mail, dédiée à ça et uniquement ça, avec un mot de passe de la mort et le login en deux étapes. Et tu ne parles à personne de cette adresse, tu ne la notes nulle part. Tu la mémorises (un mail, un seul, ça va aller ?).
Dernier point, ton portable. Bon, là c'est la chouette pompe à info, comme n'importe qui avec un sniffer buvant son café dans un starbuck pourra te confirmer. On va limiter la casse : si tu peux, tu installes des trucs qui chiffrent tes données et tu mets les paramètres de sécurité de ton téléphone à fond. Oui, tu veux les alertes SMS mais tu ne veux pas que le texte du SMS ou même le nom de l'auteur s'affiche sur l'écran, c'est comme ça, c'est tout.
Pitié, tu me désinstalles Whatsapp et tu dis à tes amis d'utiliser, comme toi, Wickr.
Après, tes ordinateurs à la maison, t'es pas forcé de passer sur Tails (une distribution de linux dédiée à la sécurité) ou même d'utiliser Truecrypt, TOR &C°... On parlait juste d'arrêter de distribuer toutes ses infos sur le net comme une semeuse dans un champ...
Allez, je te laisse googler tous ces trucs. Y'en a quelques uns liés dans un encadré quelque part sur cette page, ça te fera un point de départ.
On donne de plus en plus de présence à Internet dans notre vie. Blogs, fessebouc, réseaux sociaux, achats numériques... Et malgré ça, y'a des gens qui viennent se plaindre que leur vie est déballée sur le net. Je me suis décidé à moi aussi faire un petit guide. C'est parti. Note préliminaire importante : ce guide ne prétend ni être exhaustif ni vous protéger de partout ou avec une quelconque certitude. Je vous file des conseils pour que votre sécurité soit "mieux que rien", c'est tout.
D'abord, ton navigateur.
- oublie Internet Explorer. Désinstalle-moi cette drouille. Installe autre chose, un Firefox, un Opera, un Chrome/Iron, etc.
- ensuite, tu ouvre les préférences de ton logiciel, et tu mets fin à tout ce qui te paraît faille de sécurité : oui, je veux utiliser du crypté, non je veux pas conserver mes données navigateurs, non je veux pas de cookie tiers, non je veux pas que les cookie restent advitam sur mon ordi, etc.
- ensuite, c'est la foire aux plugins : d'abord, tu installes Adblock (et pas Adblock plus). T'es si fan de pub que tu veux t'en manger chaque fois que tu ouvres un fenêtre ? Moi non plus. Ite missa est. Après, tu me fais le plaisir d'installer HTTPS Everywhere pour que, chaque fois qu'il le peut, ton navigateur utilise la version sécurisée/cryptée des sites auxquels il accède. Zou. On continue : Privacy Badger, Ghostery, DoNotTrackMe... Ces plugins font que ton navigateur arrête de nourrir les sites que tu visites avec tes infos perso. Ils demandent un peu de tuning chaque fois que tu accèdes à un nouveau site web mais on s'y fait vite. Les derniers : NoScript (fini les petits programmes qui tournent en douce sur l'ordi), Mailvelope (pour crypter/signer tes emails).
Ensuite, ton utilisation des réseaux sociaux.
Le mieux, c'est de ne pas en utiliser. Ok, bon, je te connais... T'as pas résisté, hein ? Bon, pour fessebouq, il te faut l'extension Social Fixer, qui corrige pas mal de merdouilles sur ce site, y compris sur la présentation globale.
Mais, avant ça, tu vas un peu te sortir les doigts : d'abord, tu organises tes contacts en groupes/listes/cercles de sécurité croissante. Ex : ta famille, tes amis proches à la vie à la mort, tes amis, tes connaissances, le reste du monde. Et tu arrêtes de poster en mode "public", bordel. C'est pas parce qu'un contact s'appelle "ami" sur fessebulles que c'est un ami. Hint : c'est qu'un contact. Maintenant que tu postes que pour une audience limitée, tu vas aussi aller dans les réglages de sécurité de ton réseau social et virer tout ce qui est en mode "public" pour tout mettre en "personne sauf..." ou équivalent en désignant des groupes/listes précis à chaque fois. Tac.
Les mails ? T'as installé mailvelope, c'est bien. Si tu peux, essaie de monter un serveur mail sur ton ordi, c'est encore le mieux mais c'est chaud. Donc, si tu veux, reste sur un gros fournisseur gratuit (et prie). Google semble encore pas trop crade pour le moment sur le contenu des mails...
Passons aux mots de passe et logins. Déjà, tu vas aller sur tout les sites que tu utilises et activer le login en deux étapes. En gros, chaque fois que quelqu'un se connecte avec ton compte sur ton ordi, un mot de passe envoyé par SMS est demandé en plus. Il faut donc aussi avoir le téléphone correspondant pour se connecter (dommage si tu te fais voler ton téléphone en même temps que ton ordi, mais ça complique le crackage du compte sans se rendre coupable de voies de fait et recel et c'est déjà pas mal).
Ensuite, tu peux envisager de te faire un mot de passe "normal" pour les sites de sécurité faible : forums, sites à la con où tu files aucune données perso, pas même ta date de naissance. Inutile de se faire trop chier. Après ça, les sites clefs : mail, banque, etc. Là, tu me sors le grand jeu. Des mots de passe _différents_. Long, chiants, imbitables. Eeeeeh oui.
Si ça te casse les gonades, utilise un truc genre 1password. C'est pratique et ça marche bien (en plus, c'est directement intégré aux applications sur certains OS, tels iOS8). Ca va te générer des mots de passe ultra clean pour chaque site et tu n'auras plus qu'un (long, chiant, imbitable) mot de passe à mémoriser, celui de ce qui n'est autre qu'un trousseau de clefs.
Enfin, le compte mail de récupération des mots de passe : tous les services internet te demandent de fournir une adresse mail pour récupérer le mot de passe en cas de perte. Les sites de basse et moyenne importance, tu les fais pointer sur ton compte mail. Les sites de haute importance (dont le susdit compte mail), tu les fais pointer sur une autre adresse mail, dédiée à ça et uniquement ça, avec un mot de passe de la mort et le login en deux étapes. Et tu ne parles à personne de cette adresse, tu ne la notes nulle part. Tu la mémorises (un mail, un seul, ça va aller ?).
Dernier point, ton portable. Bon, là c'est la chouette pompe à info, comme n'importe qui avec un sniffer buvant son café dans un starbuck pourra te confirmer. On va limiter la casse : si tu peux, tu installes des trucs qui chiffrent tes données et tu mets les paramètres de sécurité de ton téléphone à fond. Oui, tu veux les alertes SMS mais tu ne veux pas que le texte du SMS ou même le nom de l'auteur s'affiche sur l'écran, c'est comme ça, c'est tout.
Pitié, tu me désinstalles Whatsapp et tu dis à tes amis d'utiliser, comme toi, Wickr.
Après, tes ordinateurs à la maison, t'es pas forcé de passer sur Tails (une distribution de linux dédiée à la sécurité) ou même d'utiliser Truecrypt, TOR &C°... On parlait juste d'arrêter de distribuer toutes ses infos sur le net comme une semeuse dans un champ...
Allez, je te laisse googler tous ces trucs. Y'en a quelques uns liés dans un encadré quelque part sur cette page, ça te fera un point de départ.
jeudi 16 octobre 2014
Easy, Hélène... (4/3)
Je vous l'avais dit, que je dépasserai.
Ce livre recueille les interventions de Marcos (et de quelques autres) lors de deux sommets organisés par l'EZLN en 2007 et 2009. Lors de chaque journée de chaque sommet, Marcos prononce un discours de clôture de la journée, ce qui est bien normal, mais ceux-ci sont en plus structurés pour former un tout cohérent si on les rassemble comme ici.
A l'exception d'un site de courageux, il faut savoir que les communiqués de l'EZLN au delà des deux premières années n'ont pas été traduits en français, pas sous la forme de livres en tout cas. Faute d'intérêt du public, je suppose... On peut pas demander à un petit éditeur de se saborder pour me faire plaisir. Et avec le silence des médias en règle générale, sauf quelques événements de grande ampleur, il est difficile de savoir où en est l'expérience zapatiste.
Au cours des discours ici présentés, on en apprend plus sur l'état - en 2009 - de cette expérience, principalement le fonctionnement des "caracoles", communes autonomes zapatistes. Réussir à s'autogouverner autrement, dans le tâtonnement mais avec un objectif précis en tête, est un exploit sur une si longue durée. Ce n'est pas sans me rappeler l'expérience Christiana au Danemark, qui avait réussi à surmonter les problèmes de leur communauté.
Dans l'ouvrage, l'introduction de Jérôme Baschet et les annexes donnant les grands événements date par date permet de se faire une idée du tango compliqué qu'a mené l'EZLN avec les politiques mexicains, avec de nombreux retournements et trahisons, essentiellement par le gouvernement du Mexique (je rappelle que ce livre est écrit par le porte parole du mouvement).
Je me demande où en est l'EZLN en 2014, soit 5 ans après ce livre.
D'un point de vue littéraire, si le talent de Marcos est bien là, il est nécessaire d'avoir lu les deux Ya Basta! évoqués précédemment et le polar "Des Morts Qui Dérangent" pour avoir une idée de qui sont tous ces personnages évoqués par Marcos et de quoi, au juste, il est en train de parler.
Saisons de la Digne Rage, du Sous Commandant Insurgé Marcos, chez Climats, ISBN 2081220466
Ce livre recueille les interventions de Marcos (et de quelques autres) lors de deux sommets organisés par l'EZLN en 2007 et 2009. Lors de chaque journée de chaque sommet, Marcos prononce un discours de clôture de la journée, ce qui est bien normal, mais ceux-ci sont en plus structurés pour former un tout cohérent si on les rassemble comme ici.
A l'exception d'un site de courageux, il faut savoir que les communiqués de l'EZLN au delà des deux premières années n'ont pas été traduits en français, pas sous la forme de livres en tout cas. Faute d'intérêt du public, je suppose... On peut pas demander à un petit éditeur de se saborder pour me faire plaisir. Et avec le silence des médias en règle générale, sauf quelques événements de grande ampleur, il est difficile de savoir où en est l'expérience zapatiste.
Au cours des discours ici présentés, on en apprend plus sur l'état - en 2009 - de cette expérience, principalement le fonctionnement des "caracoles", communes autonomes zapatistes. Réussir à s'autogouverner autrement, dans le tâtonnement mais avec un objectif précis en tête, est un exploit sur une si longue durée. Ce n'est pas sans me rappeler l'expérience Christiana au Danemark, qui avait réussi à surmonter les problèmes de leur communauté.
Dans l'ouvrage, l'introduction de Jérôme Baschet et les annexes donnant les grands événements date par date permet de se faire une idée du tango compliqué qu'a mené l'EZLN avec les politiques mexicains, avec de nombreux retournements et trahisons, essentiellement par le gouvernement du Mexique (je rappelle que ce livre est écrit par le porte parole du mouvement).
Je me demande où en est l'EZLN en 2014, soit 5 ans après ce livre.
D'un point de vue littéraire, si le talent de Marcos est bien là, il est nécessaire d'avoir lu les deux Ya Basta! évoqués précédemment et le polar "Des Morts Qui Dérangent" pour avoir une idée de qui sont tous ces personnages évoqués par Marcos et de quoi, au juste, il est en train de parler.
Saisons de la Digne Rage, du Sous Commandant Insurgé Marcos, chez Climats, ISBN 2081220466
mercredi 24 septembre 2014
Easy, Hélène... 3/3
Je vous ai beaucoup parlé des contes qui émaillent les communiqués de l'EZLN. Si tenter de lire les deux ans de communiqués dans leur entièreté ne vous motive pas, vous pouvez vous procurer plusieurs ouvrages recueillant ces fameux contes... Contes qui montrent que le merveilleux et le rêve ne sont pas séparés de la lutte. A quoi bon se battre si on ne sait plus rêver ? Comme le dit Marcos : "Si ta révolution ne sait pas danser, ne m'invite pas à ta révolution !"
Le Récit du Vieil Antonio est le conte consacré à l'invention des couleurs par les dieux. Le monde était en noir et blanc, les humains s'aimaient mais les dieux avaient envie d'améliorer tout ça et découvrent par hasard, par jeu et par recherche des couleurs par lesquelles embellir le monde. Le rouge, le vert, le bleu et les autres couleurs sont alors utilisées par les dieux et le monde devient beau. Et, pour les ranger quelque part, c'est comme ça que l'ara s'est retrouvé si coloré : elles étaient toutes au même endroit. Un magnifique conte sur la diversité et la beauté de celle-ci.
L'ouvrage est mis en page pour en faire un livre de contes pour enfant, avec des illustrations pleine pages et le texte en gros caractères et découpé en bref passage accompagnant les images.
Le Récit du Vieil Antonio est le conte consacré à l'invention des couleurs par les dieux. Le monde était en noir et blanc, les humains s'aimaient mais les dieux avaient envie d'améliorer tout ça et découvrent par hasard, par jeu et par recherche des couleurs par lesquelles embellir le monde. Le rouge, le vert, le bleu et les autres couleurs sont alors utilisées par les dieux et le monde devient beau. Et, pour les ranger quelque part, c'est comme ça que l'ara s'est retrouvé si coloré : elles étaient toutes au même endroit. Un magnifique conte sur la diversité et la beauté de celle-ci.
L'ouvrage est mis en page pour en faire un livre de contes pour enfant, avec des illustrations pleine pages et le texte en gros caractères et découpé en bref passage accompagnant les images.
Le Récit du Vieil Antonio ou comment les indiens du Mexique racontent la belle et indispensable diversité du monde, écrit par le Sous Commandant Insurgé Marcos et illustré par Benoît Morel chez Oskar Jeunesse, ISBN n°9782350008066
Note : les meilleures trilogies sont en quatre parties et en cinq volumes. Cette série de billets ne fait pas exception ;)
mercredi 13 août 2014
Même Solange s'y met...
La vidéo est "safe for work" (tout public, quand on parle pas l'Internet-djeunz)
Edit : j'ajoute cette autre (tout public aussi) :
mardi 12 août 2014
Easy, Hélène... (2/3)
Voici donc le second billet de cette série sur l'EZLN. La dernière fois, le livre évoqué couvrait l'année 1994. Cette fois-ci, il s'agit des communiqués zapatistes de l'année 1995, sous-titré "Vers l'internationale zapatiste". On suit, à nouveau, du point de vue zapatiste, le déroulement de cette longue année, comprenant deux événements forts dans un contexte mexicains extrêmement particulier.
L'année 1995 commence sur une mauvaise note, conformément à ce qui s'annonçait à la fin de l’ouvrage précédent. Le gouvernement lance une campagne militaire visant à mettre fin à la rébellion zapatiste. Des gens seront arrêtés sur simple soupçon, et ce dans tout le pays. Les villages seront mis à sac : maisons ravagées, possessions & récoltes détruites, animaux de ferme tués, etc. Les villageois sympathisants et l'armée zapatiste, par contre, ont refusé le combat et se sont repliés dans les montagnes. Leurs déclarations stipulent qu'ils croient encore à l'issue politique pour le conflit et prouver les mensonges du mauvais gouvernement qui déclare vouloir négocier tout en attaquant...inutilement. La campagne militaire est un échec et, d'ailleurs, pour prouver qu'ils n'avaient pas fui, les zapatistes parviennent à rompre le siège et reconquérir nombre de communes, qui sont alors renommées pour l'occasion, les zapatistes ayant proposé aux habitants de s'organiser comme ils le souhaitaient, ce qui a contribué à redessiner le cadastre local (communiqués "création de nouvelles communes").
Pendant ce temps, au Mexique, en 1995 : la situation économique est désastreuse. Le président précédent a fui le pays parce que, peu à peu, on découvre que lui et sa famille se sont enrichis de toutes les façons imaginables tout en mentant sur l'état économique du pays. Les mesures dues à la récession et l'inflation se multiplient et se suivent. La monnaie est dévalue, tout sombre dans la misère. Les élections locales et nationales sont toutes entachées de fraudes énormes. De nombreux mouvements de la société civiles se mettent en place - dès avant 1994, hein, tel que le mouvement citoyen pour enquêter sur le massacre d'étudiants du 2/10/1968 qui se crée en 1993 - pour réclamer de la transparence et de la démocratie, ainsi que la fin du clientélisme et de la corruption, égaux en objectif avec l'EZLN et la CND. Durant le conflit gouvernement-zapatistes de ce début d'année, l'armée rasera ce qui avait été construit pour le rassemblement organisé par l'EZLN et la CND : détruire le symbole. D'ailleurs, la population mexicaine est bien au courant que son système politique déconne : il a été impossible de cacher que l'état était complètement incompétent lors du tremblement de terre de Mexico, où c'est la société civile qui s'est organisée seule et a repris les choses en main pour s'en sortir.
Au bout d'un moment, le conflit se calme, la trêve reprend. L'EZLN et le gouvernement cherchent des conditions de dialogue. Cela sera très long à mettre en place. Au-delà de demandes de reddition et/ou de désarmement, il est important pour le gouvernement de réduire les problèmes soulevés par les zapatistes à l'échelle locale et non nationale (ce qui est logique d'un point de vue tactique politique) or ceux-ci insistent pour dire que les besoins de démocratie et de justice sont loin d'être locaux. Au final, après de très longues tergiversations, le dialogue s'engage, ce sont les négociations de San Andres. Les premières séries de réunions ne donnent rien, de très gros blocages restent présents. C'est à partir de la 6ème ronde que les choses commencent peu à peu à se mettre en place. Qu'est-ce qui a changé ? Deux choses.
D'une part, l'EZLN a fait organiser une grande consultation nationale et internationale pour voir si l'opinion publique était d'accord avec son combat. Cette consultation recevra 1.2 millions de réponse, avec une écrasante majorité positive (la question sur la validité du combat pour l'égalité des femmes recevra un timide oui avec une très faible majorité, indiquant que y'a encore, à ce moment, un énorme chemin à faire, mais bon).
D'autre part, le monolithe de l'état-parti commence à se craqueler : entre la validation publique du combat de l'EZLN et nombre d'autres mouvements sociaux du même type, l'économie qui se pète la gueule et les scandales électoraux, d'assassinats et d'abus de bien sociaux qui se multiplient, le monolithe commence à avoir deux camps en interne : la vieille garde qui ne veut absolument rien changer et un camp nouveau qui voudrait que, quand même, on nettoie (un peu) la situation.
Le livre se termine au 1er janvier 1996 par un des communiqués zapatistes essentiels : la première déclaration de "La Realidad" contre le néolibéralisme et pour l'humanité, qui est à mettre aux coté des 6 Déclarations de la Jungle Lacandone pour former le corpus du manifeste zapatiste. Je reviendrai sur ces 7 documents dans le prochain billet.
Les accords de San Andres ont vu un premier progrès véritable le 16 février 1996, quand l'EZLN et le gouvernement ont signé la première phase des accords, comprenant les points suivants : respect et reconnaissance des cultures indigènes, préservation des ressources naturelles, participation accrue des indigènes aux organes de décision.gouvernement, plus d'autonomie etc. Au final, le gouvernement n'a pas respecté ses accords et a continué à accomplir des actions néfastes pour les accords (infiltration de paramilitaires, financement des "gardes blanches" sortes de milices locales, etc.)
Le 29 août 1996, par contre, l'EZLN a refusé de continuer les discussions tant que le gouvernement respecterait pas un certain nombre de points : le respect des accords signés, la libération des gens accusés de "zapatisme", etc. Au final, et après une ultime tentative par une organisation de transformer les accords en loi, l'initiative a été rejetée par le gouvernement, mettant fin au processus de paix.
En 2001, un président qui n'était pas du PRI est élu, mettant fin à la domination du système parti-état. Il s'agit de Vicente Fox, du PAN (droite). Malgré ce qui pourrait être cru, rien n'a changé pour les revendications de l'EZLN, et les agressions ont continué.
En 2003, l'EZLN a mis en place les caracoles (escargots), qui sont 8 communes mexicaines autonomes fonctionnant selon les principes politiques de l'EZLN : démocratie participative ("commander en obéissant"), etc. Elles sont encore là aujourd'hui mais sinon, les progrès au sein de la société mexicaine dans son ensemble sont encore lents. Récemment, après deux mandat du PAN, c'est le PRI qui est revenu aux commandes...
Il n'y a pas d'autre volumes (en anglais, apparemment, il existe une compil couvrant la période 1994-2004). L'EZLN a continué ses communiqués jusqu'à aujourd'hui, bien que Marcos aie laissé sa place comme porte-parole le 25 mai 2014, déclarant dans une lettre que celle-ci était sa dernière apparition publique, que la personnalité de Marcos avait été un hologramme et que l'EZLN n'avait plus besoin de son image. La lettre était signée du nom "Sous Commandant Insurgé Galeano", qui est décédé quelques jours plus tôt...
L'année 1995 commence sur une mauvaise note, conformément à ce qui s'annonçait à la fin de l’ouvrage précédent. Le gouvernement lance une campagne militaire visant à mettre fin à la rébellion zapatiste. Des gens seront arrêtés sur simple soupçon, et ce dans tout le pays. Les villages seront mis à sac : maisons ravagées, possessions & récoltes détruites, animaux de ferme tués, etc. Les villageois sympathisants et l'armée zapatiste, par contre, ont refusé le combat et se sont repliés dans les montagnes. Leurs déclarations stipulent qu'ils croient encore à l'issue politique pour le conflit et prouver les mensonges du mauvais gouvernement qui déclare vouloir négocier tout en attaquant...inutilement. La campagne militaire est un échec et, d'ailleurs, pour prouver qu'ils n'avaient pas fui, les zapatistes parviennent à rompre le siège et reconquérir nombre de communes, qui sont alors renommées pour l'occasion, les zapatistes ayant proposé aux habitants de s'organiser comme ils le souhaitaient, ce qui a contribué à redessiner le cadastre local (communiqués "création de nouvelles communes").
Pendant ce temps, au Mexique, en 1995 : la situation économique est désastreuse. Le président précédent a fui le pays parce que, peu à peu, on découvre que lui et sa famille se sont enrichis de toutes les façons imaginables tout en mentant sur l'état économique du pays. Les mesures dues à la récession et l'inflation se multiplient et se suivent. La monnaie est dévalue, tout sombre dans la misère. Les élections locales et nationales sont toutes entachées de fraudes énormes. De nombreux mouvements de la société civiles se mettent en place - dès avant 1994, hein, tel que le mouvement citoyen pour enquêter sur le massacre d'étudiants du 2/10/1968 qui se crée en 1993 - pour réclamer de la transparence et de la démocratie, ainsi que la fin du clientélisme et de la corruption, égaux en objectif avec l'EZLN et la CND. Durant le conflit gouvernement-zapatistes de ce début d'année, l'armée rasera ce qui avait été construit pour le rassemblement organisé par l'EZLN et la CND : détruire le symbole. D'ailleurs, la population mexicaine est bien au courant que son système politique déconne : il a été impossible de cacher que l'état était complètement incompétent lors du tremblement de terre de Mexico, où c'est la société civile qui s'est organisée seule et a repris les choses en main pour s'en sortir.
Au bout d'un moment, le conflit se calme, la trêve reprend. L'EZLN et le gouvernement cherchent des conditions de dialogue. Cela sera très long à mettre en place. Au-delà de demandes de reddition et/ou de désarmement, il est important pour le gouvernement de réduire les problèmes soulevés par les zapatistes à l'échelle locale et non nationale (ce qui est logique d'un point de vue tactique politique) or ceux-ci insistent pour dire que les besoins de démocratie et de justice sont loin d'être locaux. Au final, après de très longues tergiversations, le dialogue s'engage, ce sont les négociations de San Andres. Les premières séries de réunions ne donnent rien, de très gros blocages restent présents. C'est à partir de la 6ème ronde que les choses commencent peu à peu à se mettre en place. Qu'est-ce qui a changé ? Deux choses.
D'une part, l'EZLN a fait organiser une grande consultation nationale et internationale pour voir si l'opinion publique était d'accord avec son combat. Cette consultation recevra 1.2 millions de réponse, avec une écrasante majorité positive (la question sur la validité du combat pour l'égalité des femmes recevra un timide oui avec une très faible majorité, indiquant que y'a encore, à ce moment, un énorme chemin à faire, mais bon).
D'autre part, le monolithe de l'état-parti commence à se craqueler : entre la validation publique du combat de l'EZLN et nombre d'autres mouvements sociaux du même type, l'économie qui se pète la gueule et les scandales électoraux, d'assassinats et d'abus de bien sociaux qui se multiplient, le monolithe commence à avoir deux camps en interne : la vieille garde qui ne veut absolument rien changer et un camp nouveau qui voudrait que, quand même, on nettoie (un peu) la situation.
Le livre se termine au 1er janvier 1996 par un des communiqués zapatistes essentiels : la première déclaration de "La Realidad" contre le néolibéralisme et pour l'humanité, qui est à mettre aux coté des 6 Déclarations de la Jungle Lacandone pour former le corpus du manifeste zapatiste. Je reviendrai sur ces 7 documents dans le prochain billet.
Les accords de San Andres ont vu un premier progrès véritable le 16 février 1996, quand l'EZLN et le gouvernement ont signé la première phase des accords, comprenant les points suivants : respect et reconnaissance des cultures indigènes, préservation des ressources naturelles, participation accrue des indigènes aux organes de décision.gouvernement, plus d'autonomie etc. Au final, le gouvernement n'a pas respecté ses accords et a continué à accomplir des actions néfastes pour les accords (infiltration de paramilitaires, financement des "gardes blanches" sortes de milices locales, etc.)
Le 29 août 1996, par contre, l'EZLN a refusé de continuer les discussions tant que le gouvernement respecterait pas un certain nombre de points : le respect des accords signés, la libération des gens accusés de "zapatisme", etc. Au final, et après une ultime tentative par une organisation de transformer les accords en loi, l'initiative a été rejetée par le gouvernement, mettant fin au processus de paix.
En 2001, un président qui n'était pas du PRI est élu, mettant fin à la domination du système parti-état. Il s'agit de Vicente Fox, du PAN (droite). Malgré ce qui pourrait être cru, rien n'a changé pour les revendications de l'EZLN, et les agressions ont continué.
En 2003, l'EZLN a mis en place les caracoles (escargots), qui sont 8 communes mexicaines autonomes fonctionnant selon les principes politiques de l'EZLN : démocratie participative ("commander en obéissant"), etc. Elles sont encore là aujourd'hui mais sinon, les progrès au sein de la société mexicaine dans son ensemble sont encore lents. Récemment, après deux mandat du PAN, c'est le PRI qui est revenu aux commandes...
Il n'y a pas d'autre volumes (en anglais, apparemment, il existe une compil couvrant la période 1994-2004). L'EZLN a continué ses communiqués jusqu'à aujourd'hui, bien que Marcos aie laissé sa place comme porte-parole le 25 mai 2014, déclarant dans une lettre que celle-ci était sa dernière apparition publique, que la personnalité de Marcos avait été un hologramme et que l'EZLN n'avait plus besoin de son image. La lettre était signée du nom "Sous Commandant Insurgé Galeano", qui est décédé quelques jours plus tôt...
Inscription à :
Articles (Atom)
